‹ L'alcoolismeChapitre 31 sur 55 · CLIMATS, SAISONS, TEMPÉRATURE · texte numérisé non relu

CLIMATS, SAISONS, TEMPÉRATURE

Climats. — Dans les climats chauds, où le sang est déjà embrasé par la température élevée de l’atmosphère, l’excitation que produit l’abus des boissons enivrantes est beaucoup plus nuisible que dans les pays froids.

Les brahmines, et la plupart des castes religieuses de l’Inde, ne boivent jamais devin et jouissent d’une bonne santé, tandis qu’une mortalité excessive frappe les Européens qui habitent ces climats, à raison surtout de l’abus qu’ils font des liqueurs fortes. On dit que celles-ci font d’affreux ravages parmi les troupes que l’Angleterre est obligée d’entretenir dans ses possessions des pays chauds.

Il paraît qu’en général, dans nos colonies du nord de l’Afrique et du Sénégal, non-seulement l’abus, mais l’usage même des spiritueux a diminué beaucoup dans l’armée. Les soldats ont remarqué que l’alcool, même à dose modérée,-leur ôte les forces pour les marches pénibles, sous un soleil brûlant. Ils préfèrent le café. L’administration a si bien reconnu les avantages de cette substitution, que ^ le café y est prescrit dans le régime habituel de l’armée.

On a vu des peuplades entières d’indiens détruites par l’eau-de-vie, que leur avaient laissée d’imprudents ou avides navigateurs.

Si Mahomet a fait de l’abstinence du vin un précepte religieux, c’est qu’il avait trouvé l’Arabie dépeuplée par le fléau de l’ivrognerie.

Dans les pays un peu méridionaux de notre Europe, comme l’Espagne, l’Italie, la Grèce, les boissons spiritueuses sont peu usitées.

Durant un voyage que j J ai fait en Italie, j’ai été frappé de la faible quantité de boissons alcooliques dont on usait dans les cafés, comparativement à l’énorme consommation qui s’en fait parmi nous : le vin, la bière, les liqueurs y sont remplacés par l’orgeat, la limonade, la groseille et autres boissons tempérantes.

Dans nos latitudes tempérées, le travailleur actif ou sédentaire a besoin de vin, de bière, ou de cidre pour faciliter la digestion d’aliments lourds, tels que le bouilli, le lard, ou pour suppléer à une nourriture insuffisante. Pendant le. repas ou immédiatement après, un verre de bon vin est une boisson salutaire.

A mesure qu’on s’éloigne des pays chauds pour se rapprocher des climats froids du Nord, on trouve que l’abus des boissons alcooliques suit en quelque sorte une augmentation proportionnelle à l’abaissement régulier de la température. Les excès bachiques, sans être jamais impérieux, sont mieux supportés dans les pays froids, où l’excitation des spiritueux aide

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