‹ L'alcove (volume 2)Chapitre 4 sur 10 · I3U LEST OU.F.S NUITS · texte numérisé non relu

I3U LEST OU.F.S NUITS

sage. Je ne veux pas ! Je ne veux pas, vous dls-je !

— Faites ! dit solennellement le juge au personnage quisemblait chargé de l'office du bourreau.

Alors ce dernier étendit sur une petite table de marbre son masque noir, et répandit à l'intérieur quelques gouttes du liquide renfermé dans la fiole.

Puis il frappa du pied.

Aussitôt un homme habillé de rouge, la figure noircie , entra lourdement , dans la chambre, et demanda dune grosse voix ce qu'il y avait à faire.

— Attachez les mains de cette femme, dit le bourreau. Maintenez-la fortement de façon qu'elle ne puisse bouger. Prenez-y garde ! la moindre secousse, le moindre dérangement empêcherait l'exécution.

Chose étrange ! celui qui parlait de la sorte

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et qui devait remplir les horribles l'onction* de bourreau , celui - là s'exprimait avec douceur; sa voix était presque féminine et profondément émue.

Déjà l'homme rouge avait saisi madame Belmare ; il lui étreignait les deux mains dans ses deux grosses mains rouges et violentes.

— Non ! laissez-moi ! cria-t-elle en faisant des efforts inouis pour échapper à l'étreinte de cet homme. Vous m'égorgerez plutôt... je ne me laisserai pas faire... je résiste!...

Mais la malheureuse était bien contrainte de céder : ses mains frêles et délicates étaient comme broyées dans un étau.

— Allons , ne tardons plus ! dit le juge. Que la sentence soit exécutée.

Aussitôt madame Belmare sent quelque chose de froid et de visqueux se coller sur ses joues. Eile pousse un cri désespéré : elle se

132 LES FOLLES NUITS. — L'aLCÔVE.

dresse et lutte avec rage ; elle essaie en se roulant de Taire tomber ce masque ; mais ses efforts demeurent inutiles : une main lourde s'appuie contre son visage , et maintient l'appareil.

Madame Belmare jette des cris perçants : elle s'évanouit.

Le miroir.

Quand madame Belmare reprend l'usage de ses sens, elle se trouve plongée dans une obscurité compiète, elle crie, elle appelle : aucune réponse.

D'abord, elle ne peut comprendre ce qui

vient de se passer ; c'est pour elle comme un cauchemar, comme une vision. Mais peu à peu ses idées se débrouillent ; une lueur sinistre a passé dans son esprit.

— Quoi! dit-elle. Quoi! serait-il vrai?... Non , c'est impossible, ce serait trop de cruauté !

Cependant elle ne peut douter encore :

d'ailleurs, ses mains sont fortement attachées derrière son dos; elle sent des brûlures à son visage , quelque chose d'humide et de gluant contre ses joues.

— Ah ! malheureuse ! s'écrie-t-elle d'une voix déchirante. C'en est fait : je ne suis plus qu'un objet d'horreur!... Que devenir?... mon Dieu ! mon Dieu !

Et ses gémissements éclatent avec plus de force; des spasmes nerveux l'agitent.

— Quelle vengeance ! murmure-t-elle.

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