‹ L'alexandrin d'apres la phonétique expérimentaleChapitre 136 sur 250 · I. Bourdon, op. cit., p · texte numérisé non relu

I. Bourdon, op. cit., p

S. II

S. IV

aba

ababa

abababa

afa

afafa

afafafa

balàsé

àplifikasyô

batây

batayô

hôhuayé

sovwyé

ra

ma

se

l'accent d'acuité dans la phrase 167

le rapport des consonnes et des voyelles se modifie après l'accent musical. Nous recherchons donc comment s'opère la descente de l'aigu au grave.

Après une longue série d'inscriptions des mots redijé (rédiger) et la diskordœ (la discorde), où l'accent chaque fois a remonté d'une syllabe, nous avons reconnu les cas suivants :

A) La terminaison est masculine

re di je

Dans le premier exemple, la descente se fait d'une façon continue, aussitôt après la syllabe qui porte l'accent musical. Dans le second, la chute s'opère par échelons, la voyelle finale de la dernière syllabe étant plus haute que la consonne qui lui est jointe. Dans la troisième enfin, l'abaissement de la voix a lieu d'une façon analogue, mais la voyelle terminale, après avoir dépassé la hauteur de la consonne antécédente, devient ensuite beaucoup plus grave.

B) La terminaison est féminine

kor dœ

Dans le premier exemple, le mouvement de descente se continue sur la syllabe féminine par une chute régulière. Dans le second, il y a abaissement de la voix par échelons, la voyelle de chacune des syllabes qui suivent l'accent étant plus haute que la consonne qui lui est jointe. Dans le troisième enfin, il y a un léger relèvement de l'acuité qui se fait sentir sur la syllabe féminine, après que la dépression maxima a atteint la pénultième.

Ainsi donc les lois de hauteur musicale sont quelque peu différentes de celles de la durée. Tandis que l'allongement tombe toujours, dans une

'rt

dis

ié8

prononciation non emphatique, sur la syllabe qu'on appelle tonique, l'accent d'acuité affecte normalement une syllabe dite atone s'il y a fin de sens et par conséquent chute de la voix.

Il nous reste cependant à savoir quels caractères présentent des mots groupés, si l'accent demeure pour chacun d'eux à sa place ordinaire, et s'ils conservent dans un ensemble la physionomie qu'ils ont quand on les articule isolément. D'où la nécessité d'une enquête qui portera d'abord sur des agglomérations réduites pour s'étendre ensuite à des phrases tout entières.

Nous nous sommes encore servi des tracés déjà utilisés dans le chapitre parallèle que nous avons consacré à la durée. Nous avons comparé les mots avà (avant), me^ô (maison), lésé (laissez), kafé (café), aha (abat), avec les locutions où ils entrent en composition : avà gardœ (avant-garde), avà kuràr (avant-coureur), me:(p nœv (maison neuve), /«qô superb (maison superbe), dîts tne^ô (douce maison), lèse /'rt^e (laissez-passer), kafe kôsèr (café-concert), aba jûr (abat-jour) et nous y avons ajouté d'autres formations où nous avons varié la place des divers éléments : œ brav-om (un brave homme), œ-n-om brav (un homme brave), œ lur martô (un lourd marteau), à martô h'ir (un marteau lourd), lue tnàjé (le manger), niàje Ue (mangez-le), Jœ Imd (le boucher), hi^e-lœ (bouchez-le). Tantôt on a soutenu la voix à la fin de ces divers mots et locutions, tantôt on a prononcé comme s'il y avait fin de sens. On se contente de reproduire ici deux séries d'expériences, une pour chaque façon d'articuler, en ne donnant que les chiffres strictement nécessaires. On indique en même temps le type rythmique (TR) qui se dégage des hauteurs musicales.

S. II

s. III

s. IV

S. Il

S. III

s. IV

avâ

nie^ô

lésé

kafé

aba

avàgardœ

avàkurœr

meiô nœv

tneiô superb

dus ine\ô

Page 1