‹ L'alexandrin d'apres la phonétique expérimentaleChapitre 146 sur 250 · PC, 38 A · texte numérisé non relu

PC, 38 A

/ le niOi la ka ba ne pô vrœ me byè klo Ç-œ)

{PC, I E.) 6" Cinq graves -|- aiguë -f- grave (•**• 'O») :

Soyez flétris devant votre pays qui tombe . . . L'endroit bon à la pêche, et, sur la mer immense. . .

Swa ye fie tri dœ va vo trœ pe i ki tn hœ

Là drwa bô a la pèe e sur la me rim ma sœ

7° Six graves -\- aiguë -f- grave (••••••0«). Je n'en ai point rencontré d'exemple, et une telle formation doit être tout à fait exceptionnelle,

plus rare que la précédente, qui est elle-même peu fréquente. Elle est cependant possible, puisque dans un cas nous nous sommes trouvé en présence de la combinaison suivante, encore plus étendue : 8° Sept graves -|- aiguë -j- grave (•••••••o»).

Parce qu'on est jaloux des autres, et honteux...

Par

ko

lu

de

frœ e

té

,iv.)

Jusqu'ici les groupements musicaux que nous avons classés sont rigoureusement semblables aux divisions temporelles du vers. La correspondance est encore exacte au point de vue de la fréquence, les pieds les moins étendus étant ceux qui se rencontrent le plus souvent. Cependant il est toute une autre série de formations mélodiques que l'analyse de la hauteur permet de reconnaître, sans qu'il y ait eu dans l'articulation la moindre emphase, au contraire de ce qui se passe pour la durée dans les combinaisons analogues. Il y a donc lieu de distinguer musicalement une troisième catégorie de membres métriques.

L'enquête préliminaire à laquelle nous nous sommes livré a en effet prouvé que, quand il y a fin de phrase ou chute de sens, l'accent d'acuité du dernier groupe rythmique, au lieu de demeurer à sa place ordinaire, remonte normalement d'une ou plusieurs syllabes. C'est là une loi générale de la prononciation française, et le'vers, pas plus que la prose, ne saurait s'y soustraire. Plusieurs cas peuvent donc se présenter :

1° La syllabe qui termine la phrase est masculine et le temps marqué tombe sur la pénultième. Le groupe rythmique ainsi constitué est de tout poiqt semblable à l'un de ceux qui figurent dans notre seconde série, sauf que la finale grave ne comporte pas à'e muet. Mélodiquement ce vers où se clôt un sens :

Livrait à l'univers le reste de mes jours. (Bér., 21.)

est identique, quant au schéma de ses dernières syllabes, à cet autre sur lequel le sens se suspend :

De quoi qu'en ta faveur notre amour m'entretienne... (Cid, 25.)

La lecture des tracés en fait foi :

vri

ta

lu

ni vèr

rès

me

jûr

(Bér.,

kwa

kà

ta fa

vœr no

tra

mûr

trœ

tyè

0' (Cid,

2° La syllabe qui termine la phrase est féminine et l'accent tombe sur l'antépénultième, c'est-à-dire sur la syllabe qui précède immédiatement celle que les grammairiens nomment tonique. Le membre rythmique ainsi constitué n'a plus rien de commun avec ceux que nous avons ren-

LoTE. — L'aUxaiidriii. 24

nu aj

pô

(Hem.

186 l'alexandrin français

contrés, puisque deux graves succèdent à l'aiguë. Celle-ci peut être d'ailleurs la première du groupe ou se faire précéder d'articulations moins hautes.

Pas un nuage au ciel. Tout, comme nous, repose.

Le vrai peut quelquefois n'être pas vraisemblable.

syêl tti ko m(œ) nu

Lœ vrè pœ kel hr. fwa ne trœ pà vre sa Ma hlœ

(VIII, i 10.)

3" La syllabe qui termine la phrase étant masculine ou féminine, l'accent remonte de deux ou trois syllabes avant celle que les grammairiens nomment tonique. L'aiguë est donc suivie d'un assez grand nombre de graves sur lesquelles s'opère lentement la descente de la voix après que le point culminant a été atteint.

La France pour vous prendre attend des jours propices. Qui rayonne à travers ce crépuscule obscur.

La Frà s(œ) pur

Ki re yôn

En résumé les combinaisons rythmiques dues à la position des accents musicaux dans le vers sont les suivantes :

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