‹ L'alexandrin d'apres la phonétique expérimentaleChapitre 150 sur 250 · III, G · texte numérisé non relu

III, G

(V, N jo.)

La conclusion en est indiquée par le groupe rythmique terminal qui répond au schéma •O»»*. Ce groupe est nettement distinct de celui qui le précède et les deux syllabes aiguës sont séparées l'une de l'autre par une grave. Mais le phénomène est loin d'être aussi clair si le dernier membre métrique est O» ou O» •, en un mot si les deux accents d'acuité sont en contact, comme dans le cas suivant :

Après des feux, des cieux, des cieux, des deux, des deux.

syé de syé de syœ

On pourrait nous objecter que les quatre syllabes finales ne forment musicalement qu'un seul groupe rythmique, dont l'antépénultième serait le sommet. Telle n'est cependant pas notre opinion, et les raisons que nous invoquons sont nombreuses.

Nous pouvons faire observer en effet que la onzième et la douzième syllabe ont dans le vers une valeur pareille à celle des trois iambes dont elles sont précédées et que l'on ne songerait nullement à nier la division proposée s'il y avait suspension et non chute de sens ; il suffirait, même ici, d'une inadvertance du sujet pour rendre à la rime son acuité normale ', preuve évidente que le groupe qui nous occupe n'est point par nature incapable de supporter l'accent. Mais, toutes choses restant égales par ailleurs, la distinction des groupes rythmiques telle que nous l'adoptons se trouve confirmée par la position éventuelle des silences. Dans cet alexandrin de Hugo :

Je vous trouve jolis et vous fuyez ! Pourquoi ? {Torque mada.}

la séparation des membres métriques est si peu douteuse que l'oreille la plus rebelle ne peut nier le trochée musical formé par la fin du vers. On comparera également avec les chiffres précédemment transcrits la déclamation du sujet D :

A pre de fé de syœ de syœ de syœ de syœ

(xvm, D i°.)

G et D, sauf la pause (17")- o"t accentué de la même façon, et par analogie on peut légitimement attribuer à la diction du premier ce qui ressort avec plus de netteté de celle du second.

D'ailleurs cette juxtaposition des temps marqués n'est point particulière aux fins de phrase et on la constate encore quand deux monosyllabes se succèdent immédiatement, selon une formation rythmique que nous avons déjà commentée au point de vue de la durée et qui nous retiendra au cours de ce chapitre : or les principes de notation que nous avons exposés sont d'une application universelle, et les accents en contact sont indépendants l'un de l'autre toutes les fois que le second est de moindre valeur que le premier. Enfin l'ultime raison, à elle seule .suffisante, sera la

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