PG., 18 G
5° La cinquième syllabe porte un accent. Les cas sont rares où le temps marqué tombant à cette place concorde avec une suspension de sens, et nos tracés ne nous en fournissent qu'un seul échantillon : c'est un vers emprunté à Th. de Banville et par conséquent essentiellement moderne. Comme nous l'avons f-iit observer à propos de la durée, les théoriciens ont généralement condamné la coupe cinquième, afin de conserver à l'hémistiche sa valeur traditionnelle : ils craignaient que la syllabe forte en position cinquième, par son contact avec la césure, ne fît perdre à celle-ci l'importance qu'elle devait avoir. La combinaison se rencontre pourtant chez Hugo, mais lorque la séparation des mots est assez forte pour permettre la coexistence de deux accents successifs. Elle est devenue d'un emploi courant dans la poésie contemporaine, sans avoir pour condition le maintien du temps marqué de l'hémistiche.
Cependant, sans parler de circonstances telles que le déplacement oratoire, la réduction d'un hiatus intérieur ou la non-prononciation d'un t muet, qui peuvent amener dans le vers une syllabe aiguë à la cinquième place, il faut indiquer que la chute de la phrase coïncidant avec la césure produit fréquemment le même résultat . De nos deux exemples le premier présente une suspension de sens, le second une conclusion :
Le destin d'Atys, noble et pur comme une lame... Bon appétit, messieurs! O ministres intégres...
198 l'alexandrin français
Lœ des te dA tîs no ' hle pur ho mu n(œ) la mœ
Bo na pe ti me syœ O mi nis trœ ;^? tè griv
(RB., I R.)
La coupe cinquième, à cause des conclusions de sens, se rencontre donc beaucoup plus souvent sous l'espèce musicale que sous l'espèce temporelle. 6° La sixième syllabe porte un accent.
Il n'y a point de difficulté. C'est la place de la césure, l'endroit où les poètes classiques terminent nécessairement un groupe rythmique :
Et monté sur te faîte, il aspire à descendre. Tout cela part d'un cœur toujours maître de soi...
E mô lé sur lœ fèt i las pir a de sa drœ
O O "rzé o o
{Cm., II 14 C).
Tu sœ la par dœ hœr tu jur mè Ira' dœ swa
7° La septième syllabe porte un accent.
De même que pour l'accent temporel il faut distinguer deux cas. Ou bien l'hémistiche est déjà affecté de sa coupe normale et le temps marqué - de la septième syllabe succède à celui de la césure, comme dans nombre de vers classiques :
Je ne rendais qu'à moi compte de mes désirs.
Jœ nop râ de ka mwa ko tœ dœ me de :^ir
(Bér., 13 C.)
Ou bien le sens ne permet pas d'appuyer sur la sixième syllabe et la septième seule est aiguë. Cette construction, condamnée par la plupart des critiques, est devenue fréquente dans la poésie contemporaine :
Dis, ne voudrais-tu pas voir une étoile au fond ?
D{ nœ vu dre tu pa vwàr u ne Iwal 0 fô
{Heni., 22 R.)
LE SENS ET LE RYTHME.' LA PLACE DES ACCENTS • 199
Dans le vers classique, seul un artifice de déclamation peut faire apparaître ce second type au lieu du preinier. Les poètes du xvu"' et du XVIII' siècle n'eussent point admis un temps marqué à cette place en l'absence de coupe à l'hémistiche. 8° La huitième syllabe porte un accent :
^ Ainsi que la vertu, le crime a ses degrés.
Ta funeste valeur m'instruit par ta victoire.
E si kœ la ver ta lœ krim a se dœ gri