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Cependant, si cette liste paraît indiquer une prédilection des accents les plus élevés pour la sixième et la douzième syllabe, l'on doit se garder d'en tirer des conclusions exagérées : la combinaison é-12 n'est rien moins que constante et ne se produit dans une même déclamation que pour un petit nombre de vers. On n'en rencontre que trois exemples chez A; ailleurs 6 ou 12 s'associent avec d'autres temps marqués ou ne reçoivent qu'un relief médiocre. Cette remarque justifie donc ce que nous avions avancé tout d'abord : l'accent d'acuité principal n'est pas lié indissolublement à telle syllabe du vers ; il est essentiellement mobile et peut affecter n'importe quelle place du texte.
Cependant, comme nous l'avons fait pour la durée, nous devons rechercher si les membres métriques, tels que nous les avons définis, sont stables, et si le principe d'après lequel le rythme est déterminé par le sens demeure sans exception. Sans parler des accidents emphatiques qui seront l'objet d'une analyse spéciale, il est tout un ensemble de foits qui trouvent leur origine dans des nécessités purement phonétiques et dans
I. Les chiffres désignent le numéro d'ordre des syllabes dans le texte écrit, sans qu'on tienne compte des transformations opérées dans la déclamation par la non-prononciation de Ve muet ou par la réduction d'hiatus intérieurs. Le signe X signifie que plusieurs temps marqués sont de même valeur, de telle sorte que le choix a été impossible.
COMMENT s'altèrent LES GROUPES RYTHMIQUES 205
la lenteur du débit. Nous allons essayer de les déiinir et de les classer : nous pouvons indiquer dès maintenant que musicalement et temporellement les phénomènes sont étroitement apparentés et se correspondent.
Le cas où deux syllabes accentuées se succèdent attirera d'abord notre attention. Les temps marqués en contact se maintiennent généralement purs toutes les fois que le sens exige une forte séparation des pieds rythmiques et que les deux aiguës doivent être affectées d'un relief particulier, relief indispensable à l'intelligence du texte. On en aura un exemple dans ce vers :
Il est beau de mourir maître de l'univers.
1 le bo dœ mu rîr nié trœ dœ lu ni vér