‹ L'alexandrin d'apres la phonétique expérimentaleChapitre 191 sur 250 · L INTERVALLE MOYEN DES TONS DANS LES MORCEAUX ENREGISTRÉS · texte numérisé non relu

L INTERVALLE MOYEN DES TONS DANS LES MORCEAUX ENREGISTRÉS

alors la voix, procédant par bonds et par élans, saura monter jusqu'aux notes les plus aiguës pour retomber ensuite sur les notes les plus graves, et de ce mouvement naîtra une modulation ample et chaude ' où le texte prendra toute sa valeur.

Nous avons donc analysé la musique de l'alexandrin et montré de quelles conditions elle résulte. Nous avons fait la part de ce qu'elle doit à la composition des phrases et à la place que l'alexandrin occupe dans la période. Nous avons aussi prouvé qu'elle dépend de l'inspiration du poète, des sentiments qui l'animent ou de ceux qu'il attribue aux personnages inventés par lui. Il peut, par ses combinaisons rythmiques, par la dépendance où certains accents sont placés par rapport aux autres, varier à l'infini la mélodie du vers. Mais des deux causes signalées, s'il en est une qui domine, s'il en est une qui donne à la poésie sa couleur et sa beauté, c'est la seconde. C'est parce que la passion tour à tour déborde ou se contient, s'exalte ou s'apaise, que des harmonies différentes viennent frapper notre oreille. Ces harmonies subtiles ou fortes, effacées ou vibrantes, le poète les indique, les sollicite et pour ainsi dire les crée. Qu'il trouve pour exprimer convenablement sa pensée un artiste délicat, ou même un interprète de bonne intention, alors notre oreille est satisfaite : le vers chante.

I. Indépendamment des valeurs moyennes établies par le précédent tableau, on peut faire observer que les intervalles musicaux les plus étendus se trouvent dans les fragments à' Androtnaque et de Ruy Blas : ii tons 1/2 : R.B., 3 J; Andromaque, 2 J — 11 tons : R.B., i et 34J; Andr., ii A — 10 tons 1/2 : i?.£., 8 J et 40 J; P..G,, 10 G — 10 tons : Andr., 7 K^-R.^., i G, etc.

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