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IP êtè 640-620-520-360
Il n'y a que deux successions possibles, de fréquence sensiblement égale. Dans la première (I)^ la période d'énergie ne se rencontre pas au début de la voyelle. Dans la seconde (II"'') elle intervient dès que la consonne a pris fin. Partout il y a affaiblissement considérable de l'amplitude et par conséquent de la portée acoustique au moment où le son se termine. J'ai donné deux variétés de la seconde succession afin de montrer que le point de force peut coïncider, et c'est ce qui se passe le plus souvent, avec la hauteur musicale maxima de la voyelle, mais que ce n'est nullement un fait constant.
Si l'on passe enfin à la question du rapport dans lequel se trouvent la première et la seconde voyelle des groupes examinés, on constate, pour le plus grand nombre des exemples analysés, que la seconde possède une audibilité plus grande que la première. Le mot, dans les conditions de déclamations signalées, revêt cette forme :
A ou pour prendre un autre exemple :
Le sommet d'intensité, comme celui de hauteur musicale, se détermine par comparaison. Mais les relations entre les syllabes peuvent être variables. Dans le premier exemple la seconde voyelle dépasse seulement de 5™ la portée acoustique de la première. Dans le second exemple elle la dépasse de 40"'. Il n'y a eu, sur 90 lectures, que deux exceptions dans lesquelles l'eftbrt maximum a été produit au début du groupe, selon ce type :
Nous donnons ailleurs l'explication de ce fait. Retenons que dans les groupes semblables à ceux qui précèdent, de même que dans les voyelles isolées, le point de plus forte compréhensibilité n'est pas lié indissolublement à la hauteur musicale.
Poursuivons cependant notre enquête. Nous venons de constater que la voyelle finale d'une formation artificielle dissyllabique possède une puissance auditive plus grande que celle dont elle est précédée. Il nous faut maintenant rechercher si, pour les voyelles composantes de grou-
pements plus étendus, trisyllabiques et quadrisyllabiques, il y a également progression dynamique. Ou, si l'on aime mieux, la seconde voyelle supporte-t-elle un effort plus considérable que la première, la troisième que la seconde, et ainsi de suite ? Certaines d'entre elles présentent-elles régulièrement un accent d'intensité selon la place qu'elles occupent ?
Nous avons analysé les combinaisons ata, atata, atalata, dont nous nous sommes déjà servi à propos de l'acuité, et nous rappelons qu'elles ont été traitées dans la prononciation comme si elles ne constituaient pas une fin de phrase. Voici les chiffres obtenus pour une seule série d'expériences, les autres séries lui étant identiques, sauf que l'énergie maxima peut affecter indifféremment, dans chaque a, l'une ou l'autre des tranches déterminées, sauf aux deux points extrêmes du groupe. Nous ne donnons plus les hauteurs musicales qu'on trouvera dans le chapitre correspondant à celui-ci :
ata a t
atata a t
atatata a t
La dernière voyelle est d'audibilité variable, mais partout elle l'emporte sur toutes les autres. On remarque que les accidents d'intensité, à l'intérieur des formations qui dépassent trois syllabes, ne sont pas absolument nécessaires, et que, dans les conditions de déclamation signalées, la dernière voyelle est la seule qui ait été affectée de l'accent dynamique. Dans la série donnée il y a progression de force de la première syllabe à la finale, et cette progression n'est pas troublée par la consonne sourde qui sépare les éléments vocaliques. En outre, plus le groupe s'allonge, moins les voyelles médianes, à cause de leur faible durée, présentent de variations importantes. Une fois même la puissance acoustique est restée constante, et l'intensité s'est maintenue sur le second a de atata sans fléchissement sensible du commencement jusqu'à la fin. On notera en dernier lieu que les points de faible intensité, au lieu de se rencontrer dans chaque voyelle, se trouvent reportés au début et à la finale des groupes inscrits. Il y a donc chaque fois une unité d'émission, constituée par la combinaison tout entière.
Mais un point spécial doit attirer notre attention. Si, au lieu d'une formation comme ata, l'on inscrivait les séries otti, olu, eti, alors les choses pourraient changer, les timbres, dans certaines conditions, ne produisant pas tous les mêmes effets. Nous extrayons de nos analyses deux enregistrements différents du groupe atu. La hauteur musicale de l'a oscille autour de 400 v. s., celle de \'u monte jusqu'à 500, tranche sur laquelle la force déployée a été en même temps la plus considérable. Pour ces deux acuités, dans le premier graphique, on trouve les amplitudes suivantes : a = 6, w =^ 9, soit, en dixièmes de miUimètres a = 24, u = 36. L'audibilité est de 14"' pour a, de 80'" pour u. La seconde fois l'articulation a été plus énergique. Pour des hauteurs musicales voisines également de 400 et 500 v. s., on trouve les amplitudes suivantes : fl = 12, M = 15, soit en dixièmes de millimètres a = 48, m = 60. L'audibilité, d'après les tables de réduction, est de 150" pour a de 135"' pour il. On obtient de la sorte la succession ci-après :
Dans les conditions d'acuité signalées, un a dont l'amplitude sera égale à 13 sera toujours entendu plus loin qu'un w, quel que soit l'arc de la vibration de cette dernière voyelle. Pour otu et eti les résultats seraient analogues. De même, mais à un degré moindre et dès que la voix cesse d'être modérée, il faut un effort plus grand si l'on veut produire avec un œ le même effet qu'avec un 0. Les courbes de M. l'abbé Rousselot, comme nous l'avons indiqué, rendent compte de toutes ces différences. A considérer la seconde syllabe de aiu dans la deuxième inscription, on voit que l'intensité dite psychologique n'y coïncide pas avec l'intensité brute.
Ces observations une fois faites, nous pouvons revenir aux combinaisons polysyllabiques. Au moyen des groupes artificiels : apa, apapa,apapapa, afa, afafa, etc., nous essaierons de montrer que les diverses consonnes n'ont aucune influence sur le rapport des voyelles entre elles et que la règle formulée plus haut reste valable. Nous nous efforcerons de dégager en même temps les lois qui régissent les relations des consonnes, de rechercher si elles aussi se trouvent en progression dynamique. Nous rappelons que l'enregistrement de la série qui va suivre a été fait dans une séance unique, sans emphase, et dans les mêmes conditions de déclamation que précédemment. Chacun des phénomènes que nous rencontrerons est représentatif de bien d'autres, et ce qui s'est passé pour une combinaison comme alala peut se constater à nouveau dans aT^OTia par exemple, ou dans toute formation analogue qu'on peut imaginer.
Nous désignons la première voyelle par V. I, la seconde par V. II etc.. Voici les résultats obtenus (cf. tableau ci-dessous, p. 268-271) :
Ces chiffres, en ce qui concerne les voyelles, confirment les remarques déjà faites :
variations dans la force déployée au cours d'un même son, surtout quand celui-ci est prolongé ; relativité de l'énergie maxima qui, loin d'être absolue et quantitative, est qualitative et se détermine seulement par comparaison, de telle sorte que le rapport de l'atone à la tonique n'est pas comme i est à 2 ou comme i est à 3 : il n'y a à cet égard aucune régularité.
Ajoutons encore que la dernière voyelle de la combinaison inscrite est toujours dynamique ; que l'unité d'émission est toujours indiquée par deux périodes faibles, l'une au début, l'autre à la fin du groupe enregistré; enfin qu'il y a généralement progression