V. IV
ara
arara
ararara
la consonne n'agit pas sur l'oreille, sauf dans 5 cas, à des distances variant entre 210 et 2/|o", pour^et r. C'est assurément minime. Cependant deux fois les voyelles jointes à ces consonnes ont été M et u, ce qui explique le phénomène. Ailleurs les sujets ne sont pas d'accord. M. l'abbé Rousselot ' expose comme il suit les impressions données par une même consonne : « quand l'auditeur est à la limite d'audition, la sj'Uabe le frappe comme un léger bruit : ne (200"") a pu -se confondre avec € ou ^. En deçà, la voyelle apparaît seule ; puis un souffle indique la place de la consonne encore indécise, et peut être interprétée arbitrairement par une constrictive ou même une explosive. Plus près, on sent une spirante qui se teinte de la nuance soit de la consonne émise, soit de la voyelle entendue. Ainsi to pourra être entendu so (200"') sous l'influence du /, ou ibo (100™) sous celle de Vo; pi, di, vi sonneront si sous l'influence de \'i. Plus près encore, le vrai caractère de la consonne se détache et parait immuable à des distances plus ou moins rapprochées. »
Nous pouvons encore indiquer que M. Poirot ^ a étudié comment la consonne simple se distingue de la consonne double. Nous savons déjà que d'une manière générale l'effort nécessaire est beaucoup plus grand pour prononcer la consonne double, et que le travail articulatoire est beaucoup plus considérable. M. Poirot a noté que dans un groupe appa, il se produit au milieu de l'occlusive une dépression située entre deux périodes de pression énergique. Ce phénomène n'est cependant pas d'une constance absolue. M. l'abbé Rousselot ', inscrivant les mouvements de la langue en même temps qu'il recueillait l'air sorti de la bouche et du nez, ne l'a pas constaté. Je dois en dire autant pour mon propre compte. Il faut cependant ajouter que si l'on prononce successivement aea et aan, ada et adda, les amplitudes de Va sont plus grandes après la consonne double qu'après la consonne simple. La voyelle participe de l'énergie de l'articulation antécédente et elle est projetée d'autant plus violemment que la tension musculaire a été plus forte. Les expériences de M. l'abbé Rousselot montrent aussi que la consonne est soumise aux mêmes variations dynamiques que la voyelle : il y a un point d'effort maximum, avec des zones plus faibles, sans que l'intensité se modifie jamais d'une manière brusque d'une période à l'autre, la voix procédant toujours avec des transitions.
Ces observations faites, il est maintenant aisé de passer à l'examen de la syllabe. Il n'est besoin que de se rapporter au précédent tableau. Les faits intéressants ressortent des chiff"res.
Nous avons montré que la voyelle seule est l'élément important de la syllabe, puisqu'elle possède une puissance acoustique plus grande que la consonne. Il s'ensuit que la progression des audibilités s'établit uniquement par les articulations vocaliques, et que par conséquent il y a parallé-