‹ L'alexandrin d'apres la phonétique expérimentaleChapitre 222 sur 250 · I-IO · texte numérisé non relu

I-IO

S-io

lo-X

Les divergences entre les deux tableaux doivent être attribuées à des motifs connus : les timbres, les nasales et les acuités. On notera que ni dans l'un ni dans l'autre il n'y a privilège constant d'intensité plus forte pour certaines syllabes. Si cependant l'on considère que les accents cinquième et onzième sont souvent ceux de la césure et de la rime, déplacés par l'effort oratoire, on peut soutenir qu'il y a prédilection des temps marqués les plus énergiques pour la fin des deux hémistiches. Mais outre que ces temps marqués ne peuvent se maintenir à leur place originaire dans une déclamation passionnée et .sont soumis là comme ailleurs aux lois qui régissent tous les groupes rythmiques, il faut encore faire observer que les traditions de la poésie française amènent un arrêt répété du sens à la césure et à la rime, c'est-à-dire à des points fixes, tandis que les autres coupes demeurent libres. Or cette règle, Hugo ne la viole pas constamment et les diseurs non plus ; elle suffit à expliquer la fréquence constatée. Du reste 6 et 12 (ou, si l'on y tient absolument, 5 et 11) vont rarement ensemble et s'associent généralement avec d'autres accents.

I . Les chiffres désignent le numéro d'ordre des syllabes dans le texte écrit, sans qu'on tienne compte des transformations opérées dans la déclamation par suite de la non prononciation de \'e muet ou par la réduction d'hiatus intérieurs. — Le signe X signifie que plusieurs temps marqués ont la même valtur, de telle sorte que le choix a été impossible.

3i8 l'alexandrin français

Cependant, dynamiquement aussi bien que temporellement et musicalement, les membres métriques que nous avons définis ne sont pas toujours stables. Même dans les exemples transcrits précédemment, il y a des faits sur lesquels nous n'avons point attiré l'attention, mais qu'il est maintenant nécessaire d'exposer. Les combinaisons rythmiques peuvent .se modifier dans leur forme et perdre totalement ou incomplètement l'a-spect que nous leur avons reconnu. Il nous faut noter toute une série de cas.

Soient d'abord deux syllabes fortes en contact. La déclamation les maintient telles toutes les fois que le sens exige une forte séparation des pieds en présence. Nous citerons cet exemple dont nous donnons également les durées et les acuités :

Lui, seul, battu des flots qui toujours se reforment...

Lû'i se, lœ ha lu de flô ki tu jtir sœ rœ fôr viœ

Page 1