I. Abbé Rousselot, Principes, p
se coupe communément de la sorte :
Tu-va-mu-rir-Dô-Sà-ee-til-si-rœ-dit-ta-blœ I 2 34 5 6 789 lo II 12 1}
Nous avons conservé en gros ces divisions, en leur apportant toutefois certaines modifications nécessaires et nous avons distingué entre les syllabes atones et les syllabes toniques.
1° Syllabes atones. — Plusieurs cas peuvent se présenter. Nous supposons pour le moment qu'il s'agit seulement de groupes simples comme apapapa ou papapa '. Dans le premier, nous considérons l'a initial comme formant à lui tout seul une syllabe limitée d'un côté parle début de la première vibration, de l'autre par la fin de la dernière. La première consonne p se rattache à la voyelle suivante, et ainsi de suite. Dans la seconde combinaison, la première consonne et la première voyelle forment syllabe, et ainsi de suite, comme l'indique M. Roudet. La division est donc a-pa-pa-pa et pa-pa-pa.
Cependant, des discussions se sont élevées. Dans des occlusives comme p t k, on distingue trois mouvements distincts : l'implosion, c'est-à-dire le moment oii la bouche se ferme avec bruit ; l'occlusion, c'est-à-dire le moment pendant lequel la bouche demeure fermée ; l'explosion, c'est-àdire le moment où la bouche s'ouvre à nouveau. M. Grégoire ^ croit que pour l'oreille le mot ne débute véritablement qu'avec l'explosion et attribue la tenue à la syllabe précédente. Il ne nous semble pas que cette coupe soit admissible et pour nous, dans un groupe comme apa, le p va de la dernière vibration du premier a à la première du second.
M. l'abbé Rousselot ' fait en effet observer que si l'on prononce pap, pat, pak, sans accorder une explosion à la consonne finale, l'ouïe n'en a pas moins le sentiment que cette consonne existe et elle en perçoit parfaitement le timbre, du seul fait de l'implosion. En plus de cette raison, il en indique d'autres : « Ne faudrait-il pas, dit-il, chercher la source du rythme dans le sens organique qu'on en a ? Le poète articule son vers et le parle à l'oreille qui juge le rythme, mais ne le crée pas. Et si le poète était pris d'aphonie, chaque son serait représenté par un effort expiratoire correspondant au mouvement organique destiné à le produire. Je conclurais de là que chaque syllabe doit être mesurée, même à l'initiale, d'après le temps qu'elle a coûté. Le lecteur jugerait suivant la même règle, et aussi l'auditeur actif qui se redit à lui-même ce qu'il entend. » Donc, selon M. Rousselot, il n'y aurait qu'une seule règle : toutes les consonnes sourdes seraient mesurées d'après leurs sonores. C'est ainsi que nous avons fait nous-même, considérant qu'elles remplissent les unes et les autres la même durée et que, si pendant l'occlusion des sourdes on n'entend rien, il y a du moins une position articulatoire tenue dont l'auditeur possède l'exacte notion, puisqu'il procède de la sorte quand il parle lui-même.
Supposons maintenant que les groupes soient complexes comme ajbajhajba. Alors nous séparons selon cette division : aj-baj-baj-ba. En d'autres termes, sauf le cas qu'on examinera ci-après, lorsque deux consonnes sont juxtaposées, la première se rattache à la voyelle précédente et la seconde à la voyelle subséquente. Il n'en est pas de même lorsque la seconde consonne est /ou r. Dans une combinaison comme ai'ra/era^ra, nous coupons: a-ha-kra-kra. C'est en somme l'opinion de M. Roudet. Nous n'avons guère admis qu'une seule exception : c'est quand deux consonnes se trouvent en présence par suite de la disparition d'un e muet et qu'elles appartiennent à deux mots différents dont le premier est monosyllabique. Alors si la succession nouvelle ne présente pas une occlusive suivie d'/ ou r, nous avons pris des décisions variables selon le cas, d'après notre sentiment personnel, sans nous dissimuler qu'on pourrait être d'un avis différent. Par exemple, dans ce vers :
Qui m'ont jamais coûté tant d(e) peine et d(e) sang nous avons coupé : lài-pén-e-dsà, en admettant deux divisions non identiques. De plus, nous avons toujours considéré que la consonne finale d'un