V. // grè sa de dà vè fwa
Les mots strapôtè, kroeva, trôpa, ehplwata, grisa ont été insérés dans ces phrases assez loin de la finale. La réduction de durée exercée par la syllabe finale et à son profit sur les syllabes antécédentes ne s'effectue qu'à partir de la troisième brève qui précède la longue terminale, comme le prouvent les successions :
e til be se
d(œ') so tsôn
ta In'ir
lé 27,5
les pe •3>5 15,5
rà s(^ce) 35>5
ta le
mi «(«")
62 l'alexandrin français
po tsfl ta h'ir \j \j \/ —
le les pe ràs
Dans cette limite la progression s'est établie pour toutes les syllabes, quel que fût lé nombre des sons composants. Ailleurs il semble que les chiffres présentent un certain désordre. Mais il n'en est rien et la solution des difficultés constatées est aisée à fournir. On la découvre sans peine si l'on se souvient de l'observation que nous avons déjà présentée, à savoir que le maximum de la compression à laquelle peut être soumise une articulation oscille autour de 5 ". Dans une prononciation très rapide, ce maximum de compression est atteint, et les durées syllabiques varient suivant le nombre des articulations combinées que l'éloignement de la finale accentuée ne permet pas de réduire. Les accidents accessoires des phrases inscrites trouvent donc leur explication dans les raisons qu'on vient d'indiquer. Si l'on remonte avant la finale plus haut que la troisième syllabe brève, la progression peut donc s'établir encore, mais seulement, dans la majeure partie des cas, si les éléments constitutifs des syllabes sont en nombre égal. D'après cette règle, et pour s'en tenir au premier exemple, stra est plus long que pô, et tè que e, parce que stra et te comptent plus d'articulations que pô et e qui les suivent immédiatement. Mêmes remarques dans les autres phrases pour krœ, trô, tut, splwa et gre.
Si nous passons maintenant au débit solennel, les distributions de la durée nous paraîtront un peu différentes. Il est assez difficile d'éliminer d'une telle prononciation, qui se rapproche beaucoup de celle du vers, toute teinte emphatique, et pour les exemples qui vont suivre nous avons fait un choix entre un grand nombre d'inscriptions. Du moins celles que nous avons conservées sont totalement exemptes d'emphase, car nulle part il ne s'y rencontre une consonne dont la durée dépasse celle de la voyelle qui lui est conjointe. Le choix auquel nous nous sommes livré nous a paru nécessaire, afin de ne présenter que des faits de même nature, les caractères de la prononciation emphatique, que nous retrouverons ailleurs, ayant déjà été déterminés. Les phénomènes que nous allons examiner apparaîtront ainsi sans être défigurés ni amoindris par des accidents d'un autre ordre.
Les phrases enregistrées sont extrêmement simples, et l'expression que la voix leur a donnée correspond assez peu à leur sens intime, mais cette discordance même est intéressante. Elle montre que la position des accents dans le discours, indépendante des mots eux-mêmes, est en relations étroites avec la signification qu'on leur accorde : celle-ci peut varier à l'infini selon la volonté de celui qui parle. Une même phrase peut être dite sur un ton tragique, épique, naïf, familier ou comique, être lue comme un article de journal ou une péroraison d'oraison funèbre : bien entendu il y aura contre-sens chaque fois que la prononciation n'évoluera pas dans les limites que fixe la raison. Mais de cela nous n'avions point à nous occuper ici, puisqu'il ne s'agit que de la couleur extérieure du langage et non des idées qu'il traduit : c'est à propos du vers que nous rechercherons les conditions de l'accord nécessaire entre le sens et l'expression. Nous avons seulement voulu comparer le ton de la conversation avec le ton du discours soutenu : les cinq courtes formules que nous avons commentées plus haut pourraient être articulées comme celles que l'on va examiner, et réciproquement. D'ailleurs entre ces deux dictions extrêmes il y a encore place pour une foule de débits intermédiaires et pour un grand nombre de nuances : on se contentera des faits les plus généraux.
Voici le court catalogue des phrases inscrites ' : œ nom bô e ètelijà (un homme bon et intelligent), œ nom bô e rœmarhablœmâ tltelijà (un homme bon et remarquablement intelligent), œ lur martô by'e nàniâeé (un lourd marteau bien emmanché), œ hir martô byé nàmàeé sœ tnivê dà sa mè (un lourd marteau bien emmanché se trouvait dans sa main), œ navoka èkapablœ (un avocat incapable), â navoka èkapablœ dœ pledé (un avocat incapable de plaider), œ navoka èkapablUé dœ pledé run moves kôi (un avocat incapable de plaider une mauvaise cause). Les mensurations obtenues ont été les suivantes :
I. Les e muets qui ne sont pas transcrits phonétiquement n'ont pas été prononcés.
l'accent temporel dans la phrase ^63
nom
fc
te
nain
mar
^fl
blœ
ma
te
lur
mar
byè
nà
yj
liir
mar
byë
nà
ma
eé
itt?
Iru
mè
na
TO
À'fl
blœ