‹ L'alexandrin d'apres la phonétique expérimentaleChapitre 87 sur 250 · XIV G · texte numérisé non relu

XIV G

Mais Hugo connaît le temps marqué à la syllabe qui précède la rime, et il en use sans scrupule selon les besoins de son vers, surtout dans le dialogue. Rien que dans les premières scènes du « Roi s'amuse » le cas se présente plusieurs fois :

A qui jouer un tour maintenant ? — Au roi?... — Diantre ! (I, 4.)

Je vous aurais crié : — Faites-moi mourir, grâce ! (/è.)

Vous avez mal agi, vous avez mal fait, sire ! (jb.)

Duc ! arrêtez monsieur ! — Le bonhomme est fou, sire ! (ib.)

Il ne semble pas que tous ces alexandrins soient inharmonieux. Quant à la proscription complète de la coupe onzième, proscription dont on ne voit pas la nécessité, il faudrait, pour qu'elle fût possible, qu'on renonçât également aux enjambements constitués par une phrase qui débute sur la syllabe de la rime pour se poursuivre dans le vers suivant, car alors la syllabe onzième est forcément longue toutes les fois qu'elle n'est pas féminine '. De tels rejets sont cependant fréquents chez Banville et les poètes modernes, surtout au théâtre.

12° La douzième syllabe porte l'accent.

Il n'y a point de difficulté et tous les rythmiciens, partisans ou non de l'alternance, se trouvent d'accord pour reconnaître l'existence de cette coupe. C'est en effet la syllabe de la rime. Selon .les classiques, qui condamnent l'enjambement, la douzième syllabe doit régulièrement être affectée d'un temps marqué qui correspond toujours à l'une des grandes divisions du sens :

Ce ne sont que festons, ce ne sont qu'astragales.

sô

hï;

fes

tô

sô

kas

ira

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