‹ L'alexandrin d'apres la phonétique expérimentaleChapitre 88 sur 250 · VII G · texte numérisé non relu

VII G

Et monté sur le faîte il aspire à descendre.

E mô té sur lœ fèl i las pir a de sa drœ 30 28 33 18 16 51 8 27 67 9 20 51 19

(Cin., II, 14 C.) I. L'espèce d'enjambement à laquelle on fait allusion est représentée par le premier des exemples qui nous ont servi pour l'étude spéciale de ce phénomène.

LE SENS ET LE RYTHME : LA SUBORDINATION DES ACCENTS

Il faut enfin ajouter deux remarques. La première, c'est que la treizième syllabe, qui ne peut être constituée que par un t muet seul ou accompagné d'une consonne, n'est point susceptible, par ce fait même, de porter un accent de durée. La seconde, c'est que le vers sans accents intérieurs, dont la sixième syllabe elle-même serait atone, n'existe pas dans la poésie française, malgré l'opinion de Clair Tisseur qui envisage avec complaisance cette éventualité : il est en effet impossible que la voix, dans la prononciation lente qu'exige la poésie, articule douze syllabes consécutives sans prendre, de distance en distance, les points d'appui qui lui sont nécessaires.

Ainsi donc il y a obligatoirement accent temporel toutes les fois qu'il y a coupe de sens, et il peut y avoir coupe en tout endroit du vers, selon la volonté du poète : les diverses combinaisons qu'il emploie lui servent à varier son rythme et à produire les effets qui lui sont indispensables. Mais s'il est vrai que les diverses divisions du texte sont indiquées par l'accent, ne s'ensuit-il pas que certains temps marqués d'un même vers seront d'une durée plus considérable que les autres, et qu'ils doivent l'être en raison même de l'importance du rôle qu'ils jouent dans la phrase ? Telle paraît avoir été l'idée de Pierson '. « Du moment, écrit-il, que la phrase, pour être prononcée, demande un certain temps, les syllabes dont elle se compose marqueront les divisions de ce temps, et pour que cette phrase puisse être comprise dans son tout et dans ses parties, il est nécessaire que ces parties se subordonnent au tout, proportionnellement à leur importance respective ; il est nécessaire que la valeur métrique de chaque syllabe (« syllabe accentuée » eût été plus clair) dans la phrase soit équivalente à sa valeur significative par rapport à l'idée générale. »

A cette question de la subordination des accents, notre enquête permet de répondre.

Il est exact que certains temps marqués, parce qu'ils tombent sur des mots métriques pour lesquels le sens exige un relief particulier, sont plus longs que ceux qui les précèdent ou qui les suivent, mais la dépendance qu'on peut constater est toujours d'une étendue relativement restreinte ; outre qu'elle n'existe pas toujours, elle ne dépasse pas deux ou trois groupes rythmiques : il semble qu'au delà de cette limite le sujet qui déclame perde le souvenir des longues antécédentes ou qu'il ne puisse régler l'émission de sa voix de façon à établir les relations qu'on attendrait. Cette dernière hypothèse paraît être la bonne, puisque, comme on le verra, les hauteurs musicales possèdent des ressources bien plus riches et déterminent des groupements beaucoup plus vastes que ceux qu'institue la durée.

Soient par exemple ces quatre vers :

Est-il juste, après tout, qu'un conquérant s'abaisse

Sous la servile loi de garder sa promesse ?

Non, non, la perfidie a de quoi vous tenter.

Et vous ne me cherchez que pour vous en vanter. {Anàv., 5-8.)

Le sujet J les a rythmés comme il suit :

E til jus

ta

pre

lu

hœ ko

ki

ra

sa

bè

sep

Su

ser

■vi

Iwa

dœ gar

dé

sa

pro

mè

No

nô

la

per

di

kwa

vu

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