II, N
répond à ces conditions : d'ailleurs pour que le mot maître reçoive lui aussi toute l'ampleur oratoire qu'il exige, il faut qu'il se détache du mot antécédent. Alors il frappe l'oreille bien davantage, et la déclamation de tous les sujets, dans ce cas particulier, a été unanime.
Pourtant deux longues successives ne vont pas sans quelque difficulté, et les tracés prouvent qu'on a peine à les prononcer. Pour obvier à la dureté de la rencontre, on use de divers moyens facilement reconnaissables. Le premier consiste à séparer les deux longues en faisant intervenir entre elles, quand le sens ne l'exige pas absolument, un silence qui interrompt la progression rythmique et qui isole les groupes en présence : l'effet est produit et le heurt est évité. Ce procédé, qui constitue un véritable artifice de déclamation, se constate fréquemment, et l'on peut citer des exemples :
Non, non, la perfidie a de quoi vous tenter. Dans des ruisseaux de sang Troie ardente plongée.
(Andr., 7 A.)
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I. Les mêmes observ.itions sont val.iblcs pour le trochée, que nous lui assimilons dans cette partie de notre exposition.
{Andr., 29, I.)
COMMENT S ALTERENT LES GROUPES RYTHMiaUES 95
Ou bien un e muet non écrit peut intervenir entre les deux longues. Cet c muet est alors comme un léger point d'appui sur lequel la voix prend son élan, pour articuler le second accent :
Viens voir lu belle nuit. — Mon duc, rien qu'un moment ! Les flots le long du bord glissent, vertes couleuvres.
Vyè vwar la bè le nivi 50 86 25 36 18 44
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Enfin il arrive que les deux procédés, e muet en surnombre tt silence, sont combinés :
Maître de mon destin, libre dans mes soupirs...
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