ET ACUITÉ DES SYLLABES
muet a été prononcé, nous nous trouvons en présence d’un schéma °O* ou O*.
ramäsæ 320 360-400 380-380 400-420-420-440 300-280 O a (k)a ft æ äkajæ 360-360-340 420-440-440-440-460 440-420 380-300 O 1 b Œ l à (s)æ baläsæ 280-300-300 380-360 360-380 400-440-480-460-440 360-320 O à (p)l æ äplæ 440-480-460-320-280 300 280-260 O (k)é t(æœ) kôlæ 540-580-480-360 320-260 O (s)o mn œ some 560-560-5220 400-320 240
Partout l’e muet marque une dépression musicale; en règle générale et presque absolue :, il ne peut supporter l’accent d’acuité.
Cependant le traitement de la syllabe féminine n'aurait point à lui seul égaré les grammairiens s’ils ne s'étaient aussi trouvés en présence de faits plus délicats. C’est qu’en effet la règle que nous avons donnée est seulement valable s’il y a on 2, et non terminaison du sens. Tout
. Abbé Rousselot (Précis de pron. franç., p. 99). L'auteur cite cependant un exemple où la ne féminine est la plus aiguë du mot. J'ai rencontré dans les vers enregistrés
ao: cas semblables, mais très rares,
2. Il faut noter que la suspension est d’autart plus nette que dans la voyelle finale l’acuité maxima est plus éloignée de la consonne. Elle est moins sensible dans la
. disposition aiguë-grave :
Rk Ha 480 . 560 560
yÉ
mot prononcé dans des conditions de déclamation différentes, c’est-à-dire considéré comme fin de phrase, se comporte autrement. L'accent
d'acuité ne coïncide plus alors avec l’accent de durée, mais remonte d’une ou deux syllabes : on conçoit donc que l'abbé Batteux, regardant les
aba
S. Il
* ababa
abababa
afa
baläsé
afafa
afafafa
äplifikasyo
batäy
batayô
kôtiwvayé
someyé
mots qu'il transcrit comme indépendants d’un ensemble, n’ait pas abouti à une classification satisfaisante : la hauteur musicale variait selon sa prononciation du moment; chez d’autres elle eût été différente. M. Bourdon : a précisé admirablement le phénomène dont il s’agit et nous reproduirons sa formule qui nous paraît excellente : « La cadence mélodique des phrases susceptibles d’en avoir une n’est pas chez tous ni toujours chez le même individu la même. De même que certains suppriment en signant la dernière lettre, d’autres les deux dernières lettres de leur nom, de même en parlant, certains, quand la phrase se termine par une chute de la voix, commencent à laisser tomber la voix sur la dernière syllabe, d’autres sur l’avant-dernière, d’autres plus tôt encore. »
Voici donc un petit nombre de groupes artificiels et de mots articulés comme s'ils constituaient une fin de sens. La distribution des hauteurs musicales, on pourra le constater, est celle que nous venons de définir. Nous ne donnons que des chiffres réduits (cf. tableau ci-contre). On peut lire que pour le groupe abababa la voix s'élève de 380 v. s. sur la première syllabe, à 440 sur la seconde ; elle atteint son acuité maxima sur la troisième (460) pour s’abaisser sur la finale. Pour le mot baläsé le processus est quelque peu différent ; l’acuité maxima se rencontre à l’initiale et l’abaissement se fait par degrés jusqu’à la dernière syllabe.
Il ressort en outre de ce tableau que, si la fin
de sens se manifeste par une chute de la hauteur musicale, la voix en s'éteignant ne tombe pas régulièrement sur la même note. D’autre part,
elle l’est davantage dans la disposition grave-aigué : ra ma sé 340 400 400 400 440-440-440-480