‹ L'Alexandrin Français: D'après la Phonétique ExpérimentaleChapitre 119 sur 282 · B) LA TERMINAISON EST FÉMININE · texte numérisé non relu

B) LA TERMINAISON EST FÉMININE

la dis

kor 300 180

de

Dans le premier exemple, le mouvement de descente se continue sur la syllabe féminine par une chute régulière. Dans le second, il y a abaissement de la voix par échelons, la voyelle de chacune des syllabes qui suivent l’accent étant plus haute que la consonne qui lui est jointe. Dans le troisième enfin, il y a un léger relèvement de l’acuité qui se fait sentir sur la syllabe féminine, après que la dépression maxima a atteint la

pénultième.

Ainsi donc les lois de hauteur musicale sont quelque peu différentes de celles de la durée. Tandis que l'allongement tombe toujours, dans une

prononciation non emphatique, sur la syllabe qu’on appelle tonique, l'accent d’acuité affecte normalement une syllabe dite atone s’il y a fin de sens et par conséquent chute de la voix.

Il nous reste cependant à savoir quels caractères présentent des mots groupés, si l'accent demeure pour chacun d’eux à sa place ordinaire, et s'ils conservent dans un ensemble la physionomie qu’ils ont quand on les articule isolément. D’où la nécessité d’une enquête qui portera d’abord sur des agglomérations réduites pour s'étendre ensuite à des phrases tout entières.

Nous nous sommes encore servi des tracés déjà utilisés dans le chapitre parallèle que nous avons consacré à la durée. Nous avons comparé les mots avä (avant), mezô (maison), lesé (laissez), kafé (café), aba (abat), avec les locutions où ils entrent en composition : ava gardæ (avant-garde), avà kur&r (avant-coureur), mezô n&v (maison neuve), mezô superb (maison superbe), dus mex6 (douce maison), lese pasé (laissez-passer), kafe kôser (café-concert), aba jér (abat-jour) et nous y avons ajouté d’autres formations où nous avons varié la place des divers éléments : & brav-om (un brave homme), &-n-om brav (un homme brave), & lur marlé (un lourd marteau), & marté lir (un marteau lourd), l& mäjé (le manger), maÿje l& (mangez-le), lœ bueé (le boucher), buce-læ (bouchez-le). Tantôt on a soutenu la voix à la fin de ces divers mots et locutions, tantôt on à pro-

noncé comme sil y avait fin de sens. On se contente de reproduire ici deux séries d’expériences, une pour chaque façon d’articuler, en ne don-.

nant que les chiffres strictement nécessaires. On indique en même temps le type rythmique (TR) qui se dégage des hauteurs musicales.

SAT £ RE : S.u

mezo 10 | 340 400-280 320 340-220 O

lesé 300 340 | 440-240 360-200.

kafé 320 440-220 380-260 à

aba 349 |320 440-240 360-220 O

avägardæ 320 360 400 360 460 360 240 260 400 380 360 340 300 260 220 O2 È

aväkurær 300 280 400 420 400 480 240| °°°0 320 400 ; 400 420 240| °°0Oe® x :

mezô n&v | 340 360 | 360 420 420 480 280 300 340 | 400 440 380 320 260 eo O O /

mezô superb | 300 320 | 320 400 400 480 280 240| *°°O || 280 320 | 360 400 380 320 280 240| *°Ove O (e)

dus mezô | 300 360 | 380 420 340 380 300 2e 380 340 360 320 340-260 OL O O

L'ACCENT D'ACUITÉ DANS LA PHRASE 169 SRI SAIT SEL SÉE | ER Sa SE S. Ill S. 1V LR RÈ lese pâsé | 300 300 420 400 500-280 AVSOME280:300 400 ” 440 300-200 0e e O O kafe kôsèr 360 420 420 480-320 260| *°*°0 380 400 440 420-320 280| °°0Oe O O aba jür 240 320 380 360 480 280 Gicre, 460 400 420 380 300 240 j Ove O O | & brav-om 380 340 380 400| 360 440 240 AC 260 200 360 380| 320 340 260 “Oie | O O | & nom brav 360 380 400 400 |380 400 480 280 Ge) 300 320 340 360320 280 200 180 °O° O O & lur marl| 360 |380 400 400| 400 440 440 480-320 *..0 240 |260 300 280| 300 360 340 280-220 RES [e) O @æ martô lr| 300 |360 440 360 420 400 480 200| °e°0 300 340 360 340 320 300 280 220| °Oece e O O læ mäjé |220 260 | 360 420 380 480 260 °.0 360 400. 400 440 400 340-260 °0° O O mâje læ |320 320 | 340 420 440 500-200 0 400 460 | 380 400 360 380-260 o°° O O l@ bucé | 240 240 | 320 360: 540-280 QU e) 300 320 | 300 0. 260-200 °o* O O RE læ | 280 360 400 420 Pin °.0 340 360 400 340 300-220 *o® O

Dans la première série (partie gauche du tableau) il y a partout suspension de la voix. On remarque que dans toutes les agglomérations inscrites, dont la plus étendue il est vrai ne dépasse pas quatre syllabes, c’est la finale qui porte l’accent musical, quel que soit le mot par lequel s'achève la locution enregistrée : il n’y a d’exception que pour la terminaison féminine (ava gardæ), conformément aux observations déjà faites. Mezo, quand on l’isole dans la prononciation, a sa dernière syllabe aiguë; elle ne l’est plus dans me20 n&v, groupe nouveau où la progression musicale,

comme la progression temporelle, s'établit de l’initiale à la terminaison, et il en est de même si l’on confronte les mots avä, kafé, aba avec les composés av kur&r, kafe kôsèr, aba jur.

C’est en effet la place du terme qui importe plus que le terme lui-même, comme on peut s’en rendre compte par celles des formations analysées dont les éléments, tous identiques, sont différents seulement par la situation qu'ils occupent. Que la finale soit en position seconde (kafé) ou quatrième (kafe kôsér), elle est toujours aiguë ; ur porte l'accent musical dans & mart6 lur, mais non plus dans & lur marté, tout simplement parce

qu’il termine la première locution tandis qu’il abandonne cette place dans la seconde. En d’autres termes, plusieurs mots étroitement rapprochés Lore. — L'alexandrin.

par le sens s’unissent dans la prononciation pour former un organisme complet ; ils s’ordonnent de telle façon qu'il n’y a plus qu’un mot unique dont la dernière syllabe est non seulement longue, mais encore aiguë : si la syllabe est féminine, c’est la pénultième qui supporte à la fois l’allongement et l'acuité.

Enfin il faut noter que la hauteur musicale, aussi bien que la durée, est indépendante des formes grammaticales. La phonétique historique, nous l'avons dit, montre que le, ce, je sont des formes atones ; cependant la prononciation peut modifier ce caractère. Les exemples mäje læ, buce læ nous présentent une syllabe terminale /« sur laquelle la voix s’élève obligatoirement et d’ailleurs sans la moindre difhculté : la forme étymologiquement atone a été, par le développement de la langue, introduite dans des combinaisons où la prononciation la rend nécessairement tonique.

Pour la seconde série d’expériences (partie droite du tableau) il y a eu chute de la voix. Les mots et locutions confirment partout nos précédentes observations, à savoir que, lorsque le sens est achevé, l’accent de hauteur remonte d’une ou deux syllabes, rarement plus, et cela ad libitum. Par conséquent, qu’il y ait ou non fin de mot à l’intérieur du groupe, l’acuité maxima évolue selon la règle générale. Elle peut coïncider avec une terminaison intérieure marquée par la graphie comme dans &-n-om brav, mexô n@v, mexô superb, dus mezô, mais elle peut se manifester ailleurs : avà gardée, avä kur&r, lese pasé, kafe kôser, etc... En d’autres termes, la séparation typographique des divers éléments importe peu, puisque ces éléments disparaissent dans un ensemble et perdent leur individualité : l’agglomération est traitée comme un mot unique où l’accent de hauteur musicale s'établit selon les lois ordinaires.

Mais les faits que nous venons de signaler apparaissent-ils toujours avec une absolue régularité ? Il y a deux cas, dans la première série, qui paraissent présenter quelque difficulté : ce sont les locutions lese päsé, & mart lur (°e°0). Il n’y a cependant là rien qui nous soit inconnu. Ou bien ces exemples peuvent être rapprochés des combinaisons artificielles apapapa, alatala, etc... dans lesquelles nous avons constaté sporadiquement la présence d’un accent binaire secondaire; ou bien cette explication restant valable pour & marté lur, il faudrait en admettre une autre pour lese pasé : il est en effet vraisemblable qu'ici la fusion des deux mots composants n’a pas été complète et qu’il subsiste comme le souvenir de ce qu'aurait été l’accentuation normale si chacun d’eux avait été prononcé isolément.

Il reste à savoir si les groupes métriques peuvent avoir une étendue illimitée, si, dans une phrase, la progression musicale s'établit de la première syllabe à la dernière, ou si au contraire cette progression se trouve interrompue et pour quelles causes. Comme pour la durée, nous distinguerons cependant entre les diverses expressions qui sont comme la couleur de la parole, entre le ton rapide de la conversation courante et le ton soutenu du discours solennel. Dans les expériences dont le détail va suivre, on a d’ailleurs éliminé l’'emphase dont nous étudierons plus loin l'influence sur la mélodie du langage.

Nous commencerons par le débit le plus vulgaire, par celui dans lequel les intonations pathétiques sont le plus absentes. Les courtes phrases que nous avons utilisées sont déjà connues : læœ strapülè e-t-il besé (le strapontin est-il baissé), 17 krœva la p6 d(&) 5 täbür (il creva la peau de son tambour), il trôpa tut(æ) le-x-esperäs(æ) (il trompa toutes les espérances), :/ eksplwata 161 le min(æ) (il exploita longtemps les mines), 5] grèsa de dä vè fwa (il grinça des dents vingt fois). Comme précédemment nous ne donnons qu’une seule série d'expériences : pour chacun de ces exemples la prononciation a été simple et le ton familier ; chacun d’eux, articülé avec une grande rapidité, présente les accidents temporels que les moyennes de durée fournies ailleurs ont fait connaître.

Les chiffres sont les suivants : e

I Læ : stra pô lè è til be sé 380 380 400 420 440 440 440 440 440 440 440-480 If a kræ va la pô 150 là bür

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