‹ L'Alexandrin Français: D'après la Phonétique ExpérimentaleChapitre 124 sur 282 · ATOUT · texte numérisé non relu

ATOUT

est en somme peu éloigné de :

Œ na V0 340 360 420 440 460 O æ na vo 340 360 420 420 440

ku 440-420

tandis qu’il serait difficile d’opérer la même transposition dans le groupe qui clôt chacune des deux périodes. En d’autres termes, après accent musical que l’emphase a fait remonter, la voix ne descend pas autant que s’il s’agit de donner l’impression d’une terminaison réelle. Évidemment, ce n’est point là une règle constante, et dans la pratique, étant donné, comme on le verra, que la voix traite assez légèrement les ponctuations, on a souvent quelque peine à discerner, d’après les chiffres fournis par le tracé, s’il y a eu réellement fin de phrase ou simplement déplacement oratoire. C’est du moins un fait assez général pour qu'il ait été nécessaire de le mentionner ici à propos de deux cas pour lesquels la conclusion de sens à la finale ne peut prêter à aucune discussion. .

Après les explications qui précèdent, toutes particularités mélodiques de notre langue sont désormais suffisamment claires. En partant des phénomènes les plus simples, nous avons considéré successivement comment se modulent les voyelles et les consonnes, les ressemblances et les différences qu'elles offrent entre elles, puis les rapports selon lesquels elles se combinent. Nous avons examiné les acuités d’abord dans des syllabes et des mots, ensuite dans des phrases d'expression. variée. La hauteur, nous l’avons montré, ne se borne donc pas à traduire des sentiments ou des états affectifs, et le français parlé connaît un accent musical semblable à l’accent temporel.

Nous nous proposons maintenant d’étudier dans le vers la façon selon laquelle se répartissent les acuités. Les préliminaires qu’ont vient de lire rendront plus facile l’intelligence des phénomènes que nous aurons à classer et à interpréter. N

BE RYEFENEE NMUSTEAT

On à pu noter, à propos de la durée, que les divergences d’opinion sont nombreuses entre les différents critiques qui se sont occupés du vers français. L'accord par contre est bien près d’être réalisé au sujet du rythme musical, puisque les théoriciens sont unanimes, ou peu s’en faut, à n’attribuer aucune importance à l’acuité. Certains procèdent par pure omission, comme si la question ne valait même pas la peine d’être examinée; d’autres ont recours à des dénégations expresses. M. Guilliaume : par exemple attaque la dénomination de « tonique », fréquemment concédée à l’accent rythmique, parce qu’elle pourrait faire croire à une modification dans le degré d’élévation de la voix. Il rejoint ainsi Becq de Fouquières 2 dont la déclaration n’est pas moins nette : « L’accent tonique n’a aucun rapport avec la hauteur musicale d’un son. Ce qui distingue une syllabe tonique de syllabes atones, c’est une augmentation de l'intensité du son. Or l’intensité du son est indépendante de son acuité ou de sa gravité. »

Il y a néanmoins quelques exceptions. Mais les auteurs ne considèrent généralement lélévation de la voix que comme un facteur accessoire du rythme, auquel l'intensité seule suffit à conférer l’existence; Sully Prudhomme 5 parle vaguement’de variations mélodiques, comme par simple précaution et pour prévenir des objections éventuelles; mais il est visible qu’il s’attache assez peu à cette idée. Guyau + de son côté admet que l'accent rend la syllabe qui en est frappée plus aiguë et M. de la Grasserie 5 pense de même, sans qu'ils cherchent ni l’un ni l’autre à s'expliquer plus amplement, puisqu'ils accordent toute leur attention à l’intensité. Un seul critique considère que le rythme est, essentiellement et à l’exclusion de tout autre élément, constitué par des phénomènes d’acuité. C’est Brunetière, qui paraît avoir été doué d’une oreille assez fine, quoiqu'il ait exprimé son opinion en termes ambigus. « L’accentuation, écrit-il $, est l'élévation ou l’abaissement de la voix sur une syllabe donnée. »

Cependant nulle part on ne rencontre de discussion détaillée et personne n’a songé à motiver son jugement par des raisons décisives. - Les démonstrations et les analyses partout font défaut, ce qui prouve à n’en pas douter le peu d'importance que l’on attribue au jeu des hauteurs musicales dans le vers. Les théoriciens les plus autorisés, ‘Tobler, Clair Tisseur et Th. de Banville sont muets sur la question. Quant à ceux qui

1. J. Guilliaume, Le vers français el les prosodies modernes, p. 203-204.

2. Becq de Fouquières, Traité général de versification, p. 50-51. Cette opinion cependant n’a pas été sans varier puisque le Traité de diction du même auteur (p. 127) admet qu’il y a une différence de hauteur entre la syllabe accentuée et les autres.

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