‹ L'Alexandrin Français: D'après la Phonétique ExpérimentaleChapitre 150 sur 282 · O TOP CO DR "73 O O · texte numérisé non relu

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Le premier hémistiche doit être dit avec beaucoup de simplicité : la voix est grave. Le second au contraire peint la violence des éléments : la voix s'élève immédiatement par une juxtaposition des notes aiguës aux notes basses. Voici d’autres cas :

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HAUTEUR MAXIMA. — RAPPORT DES VERS ENTRE EUX : SUSPENSIONS DE SENS ET CONCLUSIONS 237

Maitre de mon destin, libre dans mes soupirs, Je ne rendais qu’à moi compte de mes désirs.

/ Mais à peine le ciel eut rappelé mon père. (Bér., 12-14 J.) J'espérais que du moins mon trouble et ma douleur Lui feraient pressentir notre commun malheur ; Mais sans me soupçonner, sensible à mes alarmes... (ib., 32-34 TJ). Le gouffre roule et tord ses plis démesurés Et fait râler d’horreur les agrès effarés. ” Lui songe à sa Jeannie, au sein des mers glacées... C2 G.,62 "4158 Gif.)

Dans tous ces exemples, certains sujets abaissent légèrement la voix sur le troisième vers; ils expriment ainsi soit l’abattement moral accru, soit la tranquillité d’âme faisant contraste avec la tempête. Ils ont fait effort pour distinguer musicalement les divers plans du récit.

Maïs les relations des alexandrins entre eux ne sont pas uniquement déterminées par leur valeur pathétique. Nous avons déjà remarqué que d’une rime à l’autre certaines syllabes émergent parce qu’elles correspondent à une coupe plus forte de la phrase. Tous les phonéticiens ont noté l’influence du texte sur la mélodie de la parole, et M. l'abbé Rousselot, après enquête expérimentale', a écrit que « si le sens est seulement suspendu, le ton s'élève; si le sens est terminé, le ton s’abaisse ». Nous allons à notre tour examiner les diverses faces du problème dans les morceaux que nous avons enregistrés, et nous envisagerons plusieurs éventualités. Les successions rencontrées peuvent être en effet de différente nature : elles consistent ou bien en deux ou plusieurs vers suspendus, ou bien en deux ou plusieurs vers à sens complet. Mais d’autres combinaisons sont aussi possibles : soit un vers « fin de phrase » après un vers suspendu, soit un vers suspendu après un vers à sens complet, soit enfin un vers suspendu faisant suite à un vers qui termine une période.

Nous rappelons, comme nous l'avons indiqué plus haut, que la suspension et la fin de phrase ne sont pas liées aux signes de ponctuation, mais que seul le graphique est concluant en la matière. Les coupes et les conclusions sont plus ou moins livrées aux décisions particulières et individuelles, sans qu'on puisse découvrir partout la solution universelle et constante qu’on espérait.

Nous commencerons par le premier des cas énumérés. De deux ou plusieurs alexandrins suspendus qui se succèdent, lequel présente lacuité maxima la plus considérable ? La règle se formule de la façon suivante : toutes choses étant égales par ailleurs ?, le plus aigu est tel parce qu'il supporte la coupe de sens la plus forte ; celle-ci, dans une période étendue, semble affecter généralement le vers qui précède la conclusion. L'effet produit est alors semblable, dans son aspect, à celui qu’amènent les gradations pathétiques, sans être toutefois provoqué par la passion.

Mais certaines conditions sont nécessaires et il faut entrer dans le détail. Si deux alexandrins suspendus ont dans la phrase la même importance,

il est indifférent que l’un ou l’autre présente la hauteur maxima la plus considérable. Nous donnerons cet exemple

Cet empire absolu sur la terre et sur l’onde, Ce pourvoir souverain que j'ai sur tout le monde,… (Cin., IT, 1-2.)

1. Précis de prononciation française, p. 99. M. l'abbé Rousselot analyse un passage de prose. 2. Je veux dire lorsque les élévations de la voix dues à la passion sont absentes ou primées par la suspension du sens, de telle sorte que les faits restent simples. Car tel sujet

peut négliger l'effet que d’autres aperçoivent.

Ces deux vers sont également sujets d’un verbe principal subséquent : peu importe que la voix s'élève davantage sur le premier que sur le second. Les sujets sont divisés. Si la subordination en effet s'établit, elle est seulement factice et n’est point commandée par la logique. Même remarque

pour ce court fragment :

La femme est au logis, cousant les vieilles toiles, Remmaillant les filets, préparant l’hameçon, Surveillant l’âtre où bout la soupe de poisson,.…

Les conditions de la parole sont encore semblables quand il s'agit de groupements plus complexes : :

(Je connus) — 1° que bientôt, loin d’être à ce que j'aime, || Il fallait | cher Paulin, renoncer à moi-même ;

2° Et que le choix des dieux, contraire à mes amours, | Livrait à l’univers | le reste de mes jours.

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