‹ L'Alexandrin Français: D'après la Phonétique ExpérimentaleChapitre 182 sur 282 · CONCLUSIONS ET ÉNUMÉRATIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS ET ÉNUMÉRATIONS

Pur tu le syè ma èn e tâ kèr DC) n® vœ 55 180 275 400-95 75 255-70 100 75 75 85 150-75 30 A A A

(Enÿ., LlTsres) 3° Toutefois le traitement peut être mixte : on accorde aux premiers termes de l’énumération la valeur de formations indépendantes, mais la

voix se suspend sur le membre pénultième ou même un peu avant pour ne s’abaisser que sur le dernier, qui marque la conclusion. Cet artifice suffit à donner à la phrase une cohésion apparente et à établir après coup une unité qui menaçait de s’effondrer. C’est la façon de procéder la plus courante. :

Le lieu mobile, obscur, capricieux, changeant...

Læ lyæ mo bi lœ op shür ka pri si (à) <à jâ 100 100 120 140 70 80 125 95 60 7 65 95-50 50 20 A 738 A FaFA A

(AGDE) 4° Beaucoup plus souvent que dans les combinaisons musicales on constate le mélange des suspensions et des chutes de sens, sans que la voix

s'élève sur le membre qui précède la conclusion. La cause peut en être uniquement aux différences de timbres; le phénomène se constate cependant lorsque les intensités brute et potentielle concordent. C’est le cas de l’exemple suivant dont je transcris seulement les chiffres d’audibilité

Le Roussillon, Ormuz, Goa, cinq mille lieues

De côte, et Fernambouc, et les montagnes bleues.

Lœ Ru si yÔ Or muz Go a sè mi I(æ) l& (æ) 165 125 125 35 320-40 130 120-75 475 20e15 165 TT - 120 145 à A A 42 À A 739 A D(œ) kôt e Fer na buk e le mû ta y(æ) blé (æœ) 200-35 65 80 120 140-70 20 130 180 A A

Si 40-30 (R. B.,15-16 R.) C’est ici la plus entière confusion. L'accent dynamique, pour marquer les relations de sens, ne se plie pas régulièrement aux mêmes nécessités logiques que le temps marqué d’acuité : c’est à celui-ci qu'il faut toujours se reporter, car seul il est décisif. Les fins de phrases rendent enfin nécessaire une dernière remarque. Il nous faut justifier, de même que nous l'avons fait précédemment, nos notations.

Il n’y a pasla moindre difficulté dans cet alexandrin :

Que la fin d’un amour qu’elle à trop mérité.

Kœ la fè d& na mar ke la tré me ri té 25 20 30-45 30 75 110-20 40 40 105-65 25 80 35-20

(Bér., 37 C.)

La conclusion y est nettement indiquée par le groupe rythmique terminal qui répond au schéma 4 AA. Ce groupe est nettement distinct de celui qui le précède, et les deux syllabes fortes de l’hémistiche, la pénultième et la dernière, sont séparées l’une de l’autre par une faible. Mais la scansion n’est pas aussi facile si le membre métrique de conclusion est Aa Où Aua Où Aaaa, en un mot, si les deux accents d'intensité, le pénultième et le dernier, sont en contact, comme dans le cas suivant :

Mon trouble se dissipe et ma raison revient.

M6 tri blæ sœ di sip e ma re xô rœ vye 30 155 140 170 145 175-140 125 130 280 325-145: MEL 7O 45 25-5 À A A2 -13 A A ; (Gr, 120)

On pourrait se refuser à adopter la division proposée par nous, et considérer que les six dernières syllabes de cet alexandrin forment dynamiquement un seul groupe rythmique dont l’antépénultième serait le sommet. Nous sommes cependant d’un autre avis, et les raisons que nous invoquons, outre l’analogie de l’avant-dernier exemple, sont celles que nous avons présentées à propos de la hauteur musicale.

En effet, l’on ne songerait nullement à combattre notre scansion s’il y avait suspension et non chute de sens, et cela prouve avec la dernière évidence que le groupe en question n’est point incapable de supporter un temps marqué. Mais, toutes choses restant égales par ailleurs, la séparation des groupes rythmiques telle que nous l’adoptons se trouve confirmée par la position éventuelle des silences. Une citation permettra de le montrer :

Une femme à genoux prie, et songe, et pâlit.

U nœ jam a jæ nu pri yæ € sûj e pa li

JS 70 70 40 70 70 85 65 85 . 100-II0 60 30 S A A 114 À %8 À

Personne ne contestera que la fin du vers ne soit constituée par un dactylé A1 1. L’oreille la plus prévenue le nierait-elle si la pause de 8° qui intérvient entre les deux derniers pieds n'existait pas ? C’est cependant la seule différence qui existe entre cet exemple et celui précédemment transcrit. Faut-il accorder à ces deux alexandrins, en leur terminaison, un traitement différent ?

D'ailleurs cette juxtaposition des temps marqués n’est point particulière aux fins de phrase. On la constate encore quand deux monosyllabes se succèdent immédiatement ou quand un monosyllabe fait suite à un pied plus étendu dont le dernier élément est mis en relief par la voix. Or les principes de notation que nous avons exposés sont d’une application universelle et les accents en contact sont indépendants l’un de l’autre toutes les fois que le second est de moindre valeur que le premier. Enfin l'ultime raison, à elle seule suffisante, sera celle-ci : il faut considérer les syllabes longues qui terminent les pieds comme des barrières rythmiques dont la présence empêche la confusion des temps marqués dynamiques. Du moment que la finale du mot ex0, dans l’avant-dernier vers cité, subit un allongement, de ce fait les deux derniers membres métriques demeurent distincts et les intensités évoluent dans les limites fixées par les valeurs temporelles.

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