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L'ACCENT ORATOIRE D'INTENSITÉ : OÙ ET COMMENT IL SE MANIFESTE

Dans chaque vers nous avons souligné l’accent oratoire. A la quatrième syllabe du premier vers il constitue la tonique d'intensité du groupe auquel il appartient, la voix s’affaiblissant après lui jusqu’au second hémistiche ; il en est de même à la deuxième syllabe du second vers, avec cette différence que cette fois il est accompagné de déplacements concomitants, et à caractère identique, de la durée et de la hauteur musicale. Mais les trois phénomènes, comme on le voit par le troisième alexandrin, ne sont pas indissolublèment liés, et, d’autre part, l’accent dynamique

secondaire marquant un sens (v. 3, syll. 3) subsiste non loin de la tonique oratoirement modifiée. Le quatrième vers nous donne un échantillon

d’un accident d’intensité à l’intérieur d’un membre métrique dont la finale conserve cependant ses propriétés normales.

D’amples démonstrations ne sont pas nécessaires pour dire que l’accent oratoire, considéré comme dépense de force, est soumis à de nombreuses variations, individuelles, qu’il n’est point l'apanage exclusif des groupes rythmiques particulièrement expressifs : et l’on ne saurait en effet soutenir que dans le second des vers immédiatement précités, la première mesure doive sa transformation à la valeur particulièrement pathétique des mots qui la composent. ’

La question de savoir sur quelles syllabes tombent les accidents emphatiques d'intensité ne présente aucune difficulté. Comme dans le domaine musical, toutes peuvent en être frappées, qu'elles commencent par une voyelle! ou par une consonne, et il faut également distinguer les suspensions de sens et les conclusions.

Nous commencerons par les suspensions de sens. S'il s’agit d’une mesure dissyllabique ?, l’accent oratoire, quand il vient à se manifester, affecte la pénultième et transforme nécessairement l'iambe en trochée d'intensité; il apparaît même lorsque deux toniques originairement juxtaposées se sont temporellement unies de façon à former un seul pied.

Seigneur, dans cet aveu dépouillé d'artifice. Non, non, la perfidie a de quoi vous tenter.

Se ur da se ta va de pu yé dar ti LR C7)

55 50-30 10 30 35 55-40 40 40 65 No) 40 65-50

À A À À A (Andr., 1 À.)

Nô nû la per f di a dæ kwa vu tä té

(Andr., 7 À.)

Les membres métriques excédant deux syllabes sont régis par les règles que nous avons formulées à propos de lacuité. Nous les transcrivons à nouveau en les faisant suivre d'exemples appropriés. Nous dirons donc que moins le groupe est étendu, plus la pénultième a des chances d’être frappée par l’emphase, plus aussi la tonique normale court le risque de devenir atone. Les modifications possibles sont de quatre sortes : ou bien le temps marqué remonte jusqu’à la première syllabe de la mesure avec affaiblissement continu de la voix sur les éléments qui succèdent à ce point culminant; ou bien, après une ou plusieurs syllabes faibles se succédant en progression dynamique, l'accent d’intensité apparaît, et l’audibilité décroît ensuite comme nous venons de le dire; ou bien le temps marqué remonte sur la pénultième et ne supporte après lui qu’une seule atone (deux avec la syllabe féminine); ou bien enfin la tonique, soit qu’elle reste régulière, soit qu’elle se déplace, s'accompagne d’un autre accident de

1. On en trouvera des exemples dans les vers que nous allons citer. 2. À toutes les mesures dont nous allons parler peut s'ajouter bien entendu une syllabe féminine,

nature emphatique : les atones qui font suite à celui-ci peuvent alors se présenter selon l’ordinaire progression; elles peuvent aussi, mais plus rarement, manifester dans leur enchaînement une légère dépression avant de s'élever jusqu’à l’accent final. Nous citons ces alexandrins :

Hélas ! ton intérêt ici me désespère...

Ta parole est un chant où rien d’humain ne reste.

Au fond, dans l’encoignure où quelque humble vaisselle... Et comme un voyageur, sur un fleuve emporté...

Que remplir votre poche-et vous enfuir après !

Fossoyeurs qui venez le voler dans sa tombe !

Le lieu mobile, obscur, capricieux, changeant, ...

Elle m’offre sa main, pour essuyer mes larmes.

Et que, voulant bien rompre un nœud si solennel, ...

Me force à travailler moi-même à ta ruine.

Les chiffres, en soulignant les syllabes qui constitueraient le pied rythmique s’il était pur, sont ceux-ci :

E las tô nè te rê ti si ma de ses pè rlæ) 90 85 200 100 100 40 90 , 70-45 75 110 35 re A 134 A A A

(Cid, 13 J.) Ta pa Me e t& € ET ryè du mè næ rès lœ 50 30 25-30 115 115 15-30 85 35 50 75 35 95 s0-5 20 A A 732: "À A A

(Hern., 16 A.)

O fo dä l& ko ur 4 kel k& blæ ve sè Ü(æ) 135 170- 145 20 170 115 50-35 40 ETS 145 -95 115 130 150- 50. ATEN RSR A A A (PGA) É ko mi vwa ya jè su r@ flev à por té 15-55 20 35 25 75 20 65 30 S 25 15 25 so 1115-30 AN A A À

(Hern., 17 À.)

Kœ rû plir k V0 træ po € € vu zâ fivir a 7. pré 70 95 110 . 85 80 70 25 60 60 70 45 35 10 35-20 / A A 15 A A

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