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À considérer les chiffres — et nous raisonnerons uniquement d’après eux au cours de ce chapitre, jusqu'au moment où nous réduirons, au point de vue des durées, l’antinomie qui existe entre le rythme fondé sur le sens et celui que crée l’effort oratoire — à considérer les chiffres, la déclamation: coupe ainsi le premier hémistiche :
Il s’en — va dans l’abime — et s’en va dans la nuit.
Mais il n’en est pas toujours ainsi et les ictus ne se déplacent pas chaque fois tous en même temps, ou encore, lorsqu'ils se déplacent, ils ne tombent pas tous sur la même syllabe. On assiste alors à une véritable décomposition de l'accent. Les éventualités qui peuvent se produire sont les
suivantes :
A. Un seul accent quitte sa position normale. Ou bien c’est l’accent temporel, ou bien c’est l’accent musical, ou bien c’est l'accent dyna-
1. La quatrième syllabe serait plus audible que la troisième si la nasalité n’étouffait pas le son,
dt A
DANS QUELLES RELATIONS SONT LES TROIS ACCENTS A L'INTÉRIEUR DES GROUPES RYTHMIQUES AAI
mique. Je transcris trois exemples correspondant chacun à l’une de ces rubriques, en signalant la syllabe intéressante et en isolant par des barres verticales le groupe rythmique tel qu’il serait en l'absence d’effort oratoire.
Fait l’âme harmonieuse, et, comme un divin chœur... Vaudémont vend Milan, Legañez perd les Flandres. Toujours vers quelque objet pousse quelque désir...
Fe lam ar mo ni Œ? e ko m& di vè kr 28 22 14 21 56 8 17 17 23 19 36 Pr Le1 [#1 Le] — 102 VU \®/ YU VU na 280 300 320 280 300 300 280 280 300 320 320-340 280 260 260 240 280 240 260 240 260 300-280 280 O e [e) e O 90 105 75 175 150 90-55 75 ch: 75 180 150 19559 À A À A (Hern., 29 KR.) Vo de mô va Mi la Le ga yes per le Flà dræ 26 15 27 18 16 30 10 18 39 24 14 45 25 U VU —= VU 2 — 20 VU VU ni UY VU = VV 240 380 340 380 400 420 300 380 380 420 400 380-280 | 220 360 360 420 380 400-380 | 360 360 360 380 360 340-320 260 240 260 70 130 175 40 105 40-5 30 45 65-70 20 90 40-15 5 A A AN A ; C(RB%29 E;) Tu -jür ver kel kob jé pu. S(æœ) kel kœ de zi ræ TS 31 64 26 29 29 38 76 21 16 25 42 II VU on (07 (2 VU VU pe [91 U VU = VU 360 300 380 360 280 340 340 400 360 400 340 320 400 440-380 380 380 400 420 420 420 460-500 400 300 O O O 165 130 40 185 230 120 150-85 140 125 205 155-155 10 A ; À A A A
(Cins Hi r2C)
B. Deux accents quittent simultanément leur position normale, le troisième tombant sur la syllabe qui régulièrement doit être frappée de l’ictus. Ou bien la durée et l’acuité remontent, ou bien la durée et l’intensité, ou bien l’acuité et l’intensité. Les exemples sont, dans l’ordre indiqué :
Or, la nuit, dans l’ondée et la brume, en décembre... Et voit fuir sous ses yeux mille plaines fleuries. Si quelque autre malheur m'avait ravi mon père...
Lore. — L'alexandrin.
Pr PT TS
navi dä 16 dé e la 38 II 53 19 36 24 II 14 — UV — 7 3 I Le] = YU UV Le] 260-400 400 360 380 400 400 400-440 | 280 300 320 380 320 360 | 380 O O O 20-145 125 60 115-20 20 340 370 1155 45 À A A À E wa févir su se 2 mi I(æ) 12 27 46 22 Fi 36 28 V V Ex LA V — VU 20 260 260 320 300 340 300 320 320 260 280 320-340 300 300 300 O O S 30 65 75 90 30 70 50 50-45 100 A A A Si kel kô trœ ma l@r ma ve 17 22 39 11 16 53 20 15 10] U = (07 V = [e1 VU 180 520 480 480-540 480 480. 440 440 440 460 420 360 380 500 440 O O j O 155 225 265-255 160 240 145 110 140 A A
brum
de sa 23 38 25
O 305) 45 140 225-105 A A (P. G., 34 J.) plé næ flæ ri (æœ) 32 17 33 30 300 320 300 300 280 320 300 300-360 O O 30 25 35 239 A (Hern., 19 E.) ra vi môû pèr (&) 24 21 21 ee 340 400 400 400 340 420 400-380 380 240 115 310 115-80 (Gide)
bræ
C. Deux accents quittent la position qu'ils occupent originairement à la fin du groupe rythmique, mais n’évoluent pas conjointement, et
affectent deux syllabes différentes :
Jæ n1œ sd tè 19 18 23 16 LV LV V 260 380 420 420 440 460 © 115 1952130 Car30 A
Je me sentais joyeuse et calme, Ô
jwa
JEX 340 440-360 360 O
mon amant...
e kal 8 76 400 360-420 240 O 205 340-70 À
mœ Ô 1nÔ 22 14 22 VU 13 Le] [®] 240 240. 260. 260 260 60 85 85
na | 16 260 260
ma S4
(Hern., 13.R.)
Dans le premier membre de cet alexandrin, la décomposition de l’ictus est complète. La place du temps marqué primitif est seulement indi-
DANS QUELLES RELATIONS SONT LES TROIS ACCENTS A L'INTÉRIEUR DES GROUPES RYTHMIQUES 443
quée par une élévation de la voix sur la quatrième syllabe ; l'accent de durée est transféré oratoirement sur la troisième, l’accent d’intensité sur la seconde. de
D./On peut concevoir une déclamation qui ferait remonter les accidents réguliers de telle sorte qu’ils ne fussent plus concomitants et qu'aucun deu ne coïncidât avec la coupe de sens. Ce phénomène ne pourrait d’ailleurs se présenter que dans un pied de plus de trois syllabes dont la pénultième, sous l’effort oratoire, deviendrait longue. Il n’y a là rien d’impossible, cependant les morceaux enregistrés n’en laissent apercevoir aucun exemple.
Il est évident, ajouterons-nous, que l'accent secondaire peut être soumis à toutes les modifications que nous venons d’exposer et se déplacer soit sous l’espèce temporelle, soit sous l’espèce musicale, soit sous l’espèce dynamique, soit enfin de deux de ces manières à la fois. Sans qu’il soit besoin, à cause des précédents développements, de citer une longue liste de vers pour justifier cette assertion, il suffira de transcrire un seul exemple :
Si je t'ai fait parler, si j'ai voulu t’entendre.…..
Si jæ le Je par lé si je vu lu tà tà dræ 20 14 20 23 26 44 19 25 20 20 24 47 21 Y Le, VU [#1 UV = [0] UV VU UV VU , = U 320 320 380 460 440 400 380 400 460-300 380 360 400 300 380 400 400 380 420-320 280 280 260 & O © œ O 90 100 100 155 65 125-40 90 . 130 80 80 80 315-40 30 A A A (Bérih3iC.)
Cetalexandrin, en chacun de ses deux hémistiches, supporte une coupe accessoire, la première fois sur fait (qui reçoit un accident d'intensité), la seconde sur voulu (qui reçoit un accident d’acuité). L'accent musical de la quatrième syllabe est remonté sur la troisième ; celui de la dixième subsiste, mais se fait accompagner d’une autre élévation de la voix à la huitième place où l’on rencontre en même temps un allongement et un eHort dynamique, tous les deux de nature oratoire.
Cependant l’emphase ne se manifeste pas seulement par les transformations rythmiques ci-dessus signalées. Nous avons vu que le temps marqué principal peut apparaître sur la syllabe régulièrement tonique, ou même avant elle, mais admettre dans la mesure dont il fait partie un autre ictus, lequel se inanifeste sur l’un des éléments placés au commencement du groupe et qui originairement devraient être atones. Le cas à envisager est donc celui du double accent affectant un même membre métrique, le second de ces accents, qu’il remonte ou non sous l'effort articulatoire, étant célui qui, normalement doit terminer le groupe, le premier possédant un caractère oratoire. Celui-ci nous occupe spécialement. Il peut être réduit soit à la durée seule, soit à l’acuité seule, soit à l’intensité seule; il peut être au contraire à la fois durée et acuité, ou durée et intensité, ou intensité et hauteur ; il peut se présenter aussi sous les trois espèces temporelle, musicale et dynamique ; enfin, lorsqu'il participe de deux ou trois natures, il n’est pas nécessaire qu'il affecte, ‘sous toutes ses formes, la même syllabe. Ce sont donc là huit éventualités — je ne donne qu’un exemple de la dernière catégorie — qu’une série d’alexandrins mettra convenablement en lumière. Je cite, dans l’ordre des rubriques, et en isolant la mesure intéressante selon les indications du sens, les vers suivants :
‘ Donc, vous n’avez pas honte et vous choisissez l'heure... Car enfin, n’attends pas de mon affection...
La Hollande et l’Anglais partagent ce royaume...
Si dès le premier pas, renversant tous ses droits... Seigneur, dans cet aveu dépouillé d’artifice. Résolu d’accomplir ce cruel sacrifice...
A ne te laisser point ta fuite en ton pouvoir. L'endroit bon à la pêche, et, sur la mer immense...
Do kœ vu na ve SI TI 13 14 16 300 480 380 200 220 240 240 320 320 O 125 85 40 50 105 A A Ka râ fe na 14 20 32 II 420 400 - 360 360-300 480 440 O e 20 5-45 40-50 25 A La 0 läd e la II 17 26 24 #2 Le] es VU V 280 280 320 320 360 320 320 320 320 © 150 180 195 100 60 JE de lœ præ mye 28 25 12 22 27 380 300 320 360 360 300 340 300 300 360 O e 85 165 120 120 so 180 A A
pa ôt e vu ewa Zi 17 so 73 13 16 13 320 340-220 260 240 260 300 300 300 300 O 70 200- 75 80 80 90 10$ A tà pà d(æ) mo na fek 21 30 19 14 22 VU — Y Le] VU 360 480-340 300 280 280 280 280 280 © e 75 90-60 30 45 65 A glé par ta j(æ@) se rwa 24 20 28 12 26 320 320 340 300 300 320- 280 300 300 280 340 O O O 125 70 130-120 65 30 85 A A pà rä ver sa tu SE 33 28 31 39 22 18 340-380 280 360 360 400 400 360-440 420 400 O O e 85-55 35 90-70 25 105
se l& r(œ) 16 46 300 300 320 320 O ETS 80 (R Ba R,) si ô 260 300 O 40-70 A
(Cid, 23 J.)
y6 mæ 32 14 — L°2 280 280-220 200 240 "20
drwd
(Bér., 24 ].)
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