‹ L'Alexandrin Français: D'après la Phonétique ExpérimentaleChapitre 242 sur 282 · CREER · texte numérisé non relu

CREER

Dans ce vers la sixième syllabe est à la fois plus longue, plus aiguë et plus forte que la cinquième et la septième, mais elle reste inférieure sous tous ces points de vue à la huitième, ictus principal.

Ailleurs l'accent secondaire se manifeste seulement sous l'espèce temporelle, où musicale, ou dynamique. Nous transcrivons ces exemples :

Qui nra jadis coûté tant de peine et de sang... Cet effort sur ma flamme à mon honneur est dû... Donc, vous n'avez pas honte et vous choisissez l'heure...

Ki ma ja dis ku té la de pèn e de sà 14 32 24 44 24 27 21 12 49 ht 17 45 Le LU [2 == VU — U VV == ŸU Le TE 320 320 360 360 360 320 380 340 360 340 320 340) 360 340 320 320 320 420-360 O O O O 60 75 75 105 95 100 95 95 100 40 135 140-45 (Cin.. 11; 40) Se te for sur mat flà ma a môû no nœr e di 16 17 45 17 19 37 13 8 13 16 45 14 33 320 380 320-360 360 380 340 360 340 360 360 360 340 340 360 340 340 360 360-340 320 300 280 320-240 O O e O O 155 280 200-220 105 260 260 65 155 260 280 170-140 180 185-45

A A A A ; | (Ciim0oiC)

438 L'ALEXANDRIN FRANÇAIS D5 kœ val na ve pa ôt e vu ewa zi sè l& r(&): a SI II 13 14 16 17 so 7 13 16 ES 16 46 L 2 = YU l 40 Le7 Le [8] U = V Y VU re 300 480 380 200 220 240 240 320 320 320 340-220 260 240 260 300 300 300 300 300 300 320 320 O O [e) 125 85 40 so 105 70 200-75 80 80 90 105 IIS 80 A A A A (R.B:,4R.)

De ce qui précède ressortent d’utiles indications dont nous avons fait état lorsqu'il nous a fallu déterminer les limites des mesures métriques. Dans les rythmes les mieux accusés, on remarque que l’accent est toujours triple, de longueur, d’acuité et d’intensité, sauf certaines exceptions, particulièrement sous le rapport musical et dynamique, dont nous parlerons plus loin. Au contraire, lorsqu'il s’agit d’un repos peu important pour le sens, on observe que la concomitance des trois accidents dont il s’agit n’est plus nécessaire. Dès lors, quand il peut y avoir doute sur la valeur qu’il faut attribuer à telle ou telle coupe, la difficulté est tranchée par ce que nous apprennent les relations des temps marqués. Si l’on examine le premier des trois alexandrins immédiatement précités, on note que la seconde syllabe dure davantage que la première et la troisième. La valeur significative du texte montrerait déjà comment se distribuent les membres métriques : la position des accents prouve que la première mesure finit avec la quatrième syllabe. Soit encore cet exemple :

Dès que ma triste main eût fermé sa paupière...

Dé 53e ma tris tæ mè u fer 20 RNCS). po pyé r(œ) ÉREREE

— VU UV LV VU — VV — LV V V 300 380 360 380 380 300 380 380 360 360-400 360 360 360 360 380 360 380 360 400 340

(e} (e) O LR O

225 135 150 120 120 155-120 50 55 se) 110 215 s 50

(Bér., 15 C.)

Ici il y a un temps marqué sur le mot #riste, mais seulement sous l’espèce temporelle (l'intensité a été oratoirement déplacée). Au contraire l’ictus est triple à la césure. Il est donc évident que le sujet a voulu couper : dés/que ma triste main], et que nous avons affaire, à l’intérieur de ce second groupe, tout simplement à un accident accessoire dont l'effet acoustique est moindre que celui de l'accent de l’hémistiche, malgré légalité des durées, puisque la ligne mélodique se poursuit sans interruption de la seconde à la sixième syllabe. La déclamation d’un sujet peut servir de point de comparaison pour juger de celle des autres.

Ajoutons aussi que dans bien des cas la différence des valeurs suffit à elle seule à nous renseigner. Dans l’alexandrin transcrit plus haut :

Il est nuit. La cabane est pauvre, mais bien close.

la huitième syllabe vaut 65 et la sixième 30 seulement. Elle disparaît donc acoustiquement ou du moins s’efface devant celle que nous avons désignée comme la tonique principale de la mesure. L’intensité prête à la même observation, et par conséquent, quoique la hauteur musicale soit

DANS QUELLES RELATIONS SONT LES TROIS ACCENTS A L'INTÉRIEUR DES GROUPES RYTHMIQUES 439

idéntique aux deux endroits signalés, il est juste de tenir l'ictus de l’hémistiche pour accessoire. Et puis le sens guide toujours, marquant la cohésion des mots et les bornes du membre métrique. ‘#2 Nous passerons maintenant aux groupes rythmiques touchés par l’emphase et nous rechercherons dans quels rapports se trouvent les accents. Je prendrai d'abord deux vers « difficiles »; je les expliquerai, puis je ferai l’exposé systématique de la question.

Pour rencontrer ce point sur le désert mouvant... Tout s’est éteint, lambeaux et musique de fête.

Pur râ kÔ tré sæœ pivè sur læ de zer mu va

ŸU VU VU #1 192 — U VU + [9] VU — 280 280 260 320 340 300 360 360 280 380 340 340 360 360 300 400 280 340 340 320 380 300 340-240

O O (@) 40 40 25 130 60 HSARIStS 35 105 130 45 re) 120 -10 A A A A (B; Gi; 3) J)

Tu se te lè fa bô ze mu zi k(œ) de IL tæ

U U VU — Fi 3218 L Le — Y U 4

A Ja VAN A AN AN A

(Hern.,3"R.)

Le texte, s’il était lu à voix posée, présenterait les divisions suivantes :

Pour rencontrer ce point — sur Le désert — mouvant. ; Tout s’est éteint — flambeaux — et musique — de fête.

Le commentaire que sollicitent les chiffres est celui-ci : © PREMIER ALEXANDRIN. — Durée. — Il y a des brèves normales aux syllabes 2, 3, $, 7, 8, 11. A la première syllabe l’accroissement de valeur noté € est de nature oratoire, mais laisse subsister la tonique du groupe. Le temps marqué signalé à la quatrième place est un accent secondaire, indiquant qu'avec un peu de bonne volonté on pourrait couper : pour rencontrer — ce point (mais la séparation n’est pas complète, cf. la hauteur musicale). La césure laisse apparaître une tonique normale. A la neuvième syllabe il y a une longue oratoire (peut-être =, à cause de la durée restreinte qu’elle possède, et si l’on considère que le dernier hémistiche forme un tout complet). La dixième syllabe a perdu la valeur qu’elle devrait avoir et s’agrège à la fin du vers. La rime est régulière.

Hauteur musicale. —11 y a des graves normales aux syllabes 1, 2, 3, 4, $, 7, 8. La césure ne donne lieu à aucune observation. Le déplacement d’accent à la neuvième place résulte de effort oratoire, et la fin du vers devient °0+ parce que l'accident d’acuité, à cause de l'émotion, a remonté. Ici, mélodiquement, deux groupes rythmiques consécutifs, les deux derniers, sont modifiés.

Intensité. — Atones normales : s. 1, 3, 5, 7, 8, 11. À la seconde syllabe il y a un accent fortuit : l'effort principal a été fourni sur 40, mais s’est traduit par une énorme nasalité. Cette nasalité est considérable aussi à la césure. La quatrième syllabe est donc potentiellement dynamique et porte le temps Sn principal du groupe. L’ictus a été oratoirement déplacé à la neuvième place, et la dixième syllabe, perdant la valeur qu’elle devrait avoir, s’agrège complètement à la fin du vers.

DEUXIÈME ALEXANDRIN. — Durée. — Brèves normales : s. 2, 3, 7, 11, 13. Toniques régulières : s. 4 et 12. La première syllabe porte un accent secondaire (peut-être — ; cependant elle ne semble pas, à cause de sa faible durée, se détacher complètement de ce que nous considérons comme la mesure initiale; nous maintenons donc notre interprétation). À la cinquième place, il y a transfert oratoire de l'accent qui devrait frapper la césure, mais celle-ci ne s’agrège pas au membre suivant. Même remarque pour les syllabes 8 et 9.

Hauteur musicale. — Graves normales : s. 2, 3, 5, 7, 8, 11, 13. Toniques régulières : s. 6,9, 12. Dans le premier groupe rythmique, l'accent, déplacé oratoirement, tombe sur la syllabe initiale.

Intensité. -— Atones normales : s. 2, 3, 8. Toniques régulières : s. 4, 9. À la première syllabe, il y a un temps marqué secondaire, à la septième un accident oratoire qui laisse subsister, dans le troisième pied, l’ictus conforme au sens. L'accent se déplace oratoirement dans le second membre métrique et dans le quatrième. A la treizième place se produit un relèvement de l'intensité que nous avons noté 4 ; le phénomène se rencontre aussi quelquefois sous l'espèce musicale.

Examinons donc un à un tous les cas qui peuvent se présenter. Le premier sera celui-ci : les trois accents, temporel, d’acuité et dynamique, remontent simultanément et affectent le même élément de la mesure. Nous en donnons un exemple où nous soulignons le groupe rythmique tel qu'il serait établi par une prononciation dépourvue d’emphase :

Il s’en va dans l’abime et s’en va dans la nuit.

Il si va dà la bim e sû va dà la navi 18 31 18 16 IS 48 15 29 26 16 15 22 ë 192 = VU LV V LV — LV VV Le) == 280 280 340 240 320 300 320 320 320 300 300-340 320 280 300 260 260 240 240 240 260 220 220 220-200 O O e O 25 35 30 15 70 60-65 40 15 15 15 55 SSTAUES VAN A À A

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