‹ L'Alexandrin Français: D'après la Phonétique ExpérimentaleChapitre 26 sur 282 · PRE · texte numérisé non relu

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Fig. 12. —Une consonne spirante sonore + 4.

Les consonnes appellent les observations suivantes : les nasales », m, y se présentent sous une forme identique, par une occlusion à la ligne de la bouche, et au contraire une forte nasalité (fig. 8). Les occlusives sourdes (4, p, f) présentent toutes la même forme : à la bouche une tenue . RC Te San pas ot

et une explosion, au nez une absence totale de vibrations (fig. 9). Les occlusives sonores (g, b, d) se distinguent des précédentes par l'apparition à

la ligne du nez, de vibrations laryngiennes (fig. 10). Les spirantes sourdes (£, f, s) ont toutes la même forme : à la bouche une ligne plus ou moins courbe, absence de vibrations partout (fig. 10). Les spirantes sonores (7, v, x), semblables aux précédentes, laissent apercevoir des vibrations à la bouche et au nez (fig. 12). L’r possède des battements accompagnés ou non de vibrations, selon qu’elle est sourde ou sonore (fig. 13). L’J est peu différente d’une voyelle, mais elle possède une légère explosion (fig. 14).

Enfin les semi-voyelles se distinguent des voyelles simples soit par une moindre abondance d’harmoniques dans les vibrations, soit par une légère explosion (fig. 15).

B NT N PRE ARS AUD QE OURS RTE ES TES PERRET A RES CURE Eu CS à Parent RD ane APS ER OS le FiG. 13. — r + voyelle: à gauche la consonne est sonore et possède de nombreuses vibrations ; à droite elle est sourde et se réduit à quelques battements. En français, elle

se présente rarement avec cet aspect à l’initiale, mais elle est assez fréquente, selon les provinces, derrière p, k ou toute autre consonne sourde.

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FiG. 15. — Deux variétés graphiques d’une semi-voyelle + voyelle : la ligne de la bouche seule est intéressante. A gauche la semi-voyelle est reconnaissable à ses vibrations très écrasées. À droite il y a une légère explosion au moment où commence la voyelle.

Nous donnons un fragment d’une de nos feuilles d’expériences, afin qu’on puisse se rendre compte comment se présentent les vers sous leur aspect graphique. La séparation des syllabes a été faite (fig. 16).

Cette séparation des syllabes est le premier travail qu’il faut accomplir quand, l’inscription une fois prise, on se trouve en possession d’un tracé. Matériellement, il n’y a là rien de malaisé, et, grâce à la ligne déjà menée selon la génératrice du cylindre, on peut, avec une règle et une équerre, construire toutes les parallèles dont on a besoin ‘. Phonétiquement, la division n’est pas aussi simple, puisque les sons se succèdent généralement par passage insensible de l’un à l’autre et non par juxtaposition.

1. Cf. Abbé Rousselot, Principes de phonétique expérimentale, p. 146.

«Il est très difficile, dit M. Verrier ‘, de déterminer où commencent et où finissent les syllabes. C’est d'autant plus difficile qu’en réalité toute consonne médiane se rattache à la voyelle précédente et à la suivante par des transitions plus ou moins insensibles. » M. Sievers 4 présente des

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FIG. 16. — Ces quatre vers déclamés par C :

Enfin tout ce qu’adore en ma haute fortune

D'un courtisan flatteur la présence importune,

N'est que de ces beautés dont l’éclat éblouit,

Et qu’on cesse d’aimer sitôt qu’on en jouit. (Cin., II, 5-8.)

Dans chaque accolade la ligne supérieure est celle de la bouche; la médiane, celle du diapason chronomètre (400 v. s.); l’inférieure, celle du nez. Les syllabes sont séparées par un pointillé vertical. Entre les lignes se trouve la transcription phonétique, et des points marquent l’endroit où se terminent les sons. Le tracé original, qui était d’une grande finesse, a dû être un peu retouché, quelquefois assez maladroitement, surtout les vibrations du diapason chronomètre qui étaient à demi effacées à certaines places par des traits à l’encre. D'autre part le cliché définitif a laissé tomber quelques détails : au premier vers par exemple l’f du mot ef, les signes #% des silences qui précèdent et suivent ce mot, un peu partout des points de séparation. On rétablira sans peine ce qui manque. Par suite d’une erreur dans le découpage et le collage du tracé, la syllabe douzième du v. 7 a été écourtée; l’# de importune est en réalité plus long : on voit, quatre vibrations avant l’#, la place de la soudure. Comme curiosités phonétiques, on notera les deux b de beautés et de éblouit

dont l’occlusion n’est pas complète, le dernier étant presque passé à v. P ;

explications assez embarrassées, où se découvre cependant une part de vérité : « On ressent comme syllabe ce qui est produit par une expiration indépendante et unique. Chaque interruption de l'expiration unique, même quand elle consiste seulement dans un affaiblissement ou un renfor-

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