‹ L'Alexandrin Français: D'après la Phonétique ExpérimentaleChapitre 27 sur 282 · Sievers, Grundzüge der Phonetik (1885), p. 179 et · texte numérisé non relu

Sievers, Grundzüge der Phonetik (1885), p. 179 et

cement, trouble le caractère unitaire des masses sonores et nécessite ainsi une pluralité de syllabes. » M. P. Passy : considère le groupement syllabique comme formé par des variations brusques d'intensité, variations dues soit à une diminution dans la force du souffle, soit à la présence d’un son moins sonore entre deux sons plus sonores. Pour M. Beyer ? tout dépend du changement de pression, et l’unité résulte du mouvement expiratoire.

Il nous faut encore citer un ouvrage récent dont l’auteur a essayé d’apporter quelques précisions à la question. M. Roudet, dans ses Éléments de phonétique générale 5, essaie de définir la syllabe. Il remarque très bien que les personnes les moins cultivées en ont le sentiment et que « dans les aphonies sous-polygonales qui résultent de la lésion des fibres de communication entre le centre de Broca et le centre moteur de l'articulation, le malade fait autant de mouvements expiratoires qu’il y a de syllabes dans le mot qu’il est impuissant à articuler. » Mais il essaie en outre de déterminer quel est exactement le groupement syllabique. « Un phonème quelconque ne pourra être séparé du centre de la syllabe dont il fait partie que par un phonème de perceptibilité égale ou plus grande et d'énergie expiratoire et articulatoire égale ou plus petite. Si deux phonèmes sont séparés par un son de perceptibilité plus petite et d'énergie expiratoire et articulatoire plus grande, ils font partie de deux syllabes différentes. Ainsi dans aio,nkm, idl, a et o, n et m, jet l appartiennent nécessairement à deux syllabes différentes. Au contraire dans waï, tmk, di, ueti,tetk, det i, font partie d’une même syllabe dont le centre est respectivement 4, y, i. Ces deux lois expliquent pourquoi la combinaison occlusive + liquide (tr, pl, kn), etc. peut commencer une syllabe, mais non pas la terminer, tandis qu’au contraire la combinaison liquide + occlusive peut terminer une syllabe mais ne peut pas la commencer 4. »

Ce ne sont pas les seules observations de M. Roudet. Lorsqu'une consonne se trouve entre deux voyelles (apa, ala), il la rattache à la première voyelle si elle est de tension forte et de détente faible, il la rattache au contraire à la seconde voyelle si elle est de tension faible etde détente forte : «en effet dans le premier cas, le minimum de perceptibilité est postérieur à l’impression auditive faite par la consonne, dans le second cas il lui est antérieur ». Selon les mêmes principes il divise la consonne double en deux parties, et, lorsqu'une occlusive suivie de / ou de r se rencontre entre deux voyelles, il sépare les syllabes de cette façon : é-cra-ser, a-tro-ce, parce que la détente des deux consonnes est à peu près simultanée. Par ailleurs, ajoute-t-il, la division est à peu près arbitraire : « En français la consonne simple et le groupe occlusive +- / ou r se rattachent à la voyelle suivante : tout autre groupe de deux consonnes se partage entre la voyelle précédente et la voyelle suivante... Toutes ces règles sont conventionnelles et il faut se garder de croire qu’elles fassent connaître la limite phonétique des syllabes. »

Cependant 5, M. l’abbé Rousselot a lui aussi, brièvement il est vrai, traité le sujet qui nous occupe. Il a montré que, dans certains cas, le mot

Passy, Les sons du français (1895), p. 58.

Beyer, Franxôsische phonetik (1897), 2e édition, p. 83. Roudet, Éléments de phonétique générale (1911), p. 183 et sq.

4. Cette observation n’est pas acceptable d’une façon générale. Par exemple en tchèque on possède le verbe piti (ètre attaché à quelque chose) où l’on trouve à l'initiale le groupe liquide + occlusive.

5. Je ne puis admettre la syllabation adoptée par M. Landry dans son ouvrage sur Le rythme du français déclamé. I] s'attaque aux divisions traditionnelles en ces termes : « La vérité est que la syllabe vulgaire n’a pas une existence physiologique et rythmique définie. L'existence en est toute psychologique et pratique. Cette syllabe est créée artificiellement pour pouvoir être prononcée à part, détachée des voisines par une petite pause et comptée » (p. 245).

M. Landry substitue donc aux coupes communes ce qu’il appelle la scansion prévocalique : il fait toujours « commencer la syllabe métrique avec la voyelle » (p. 283) ; c’est du groupement ainsi déterminé qu’il étudie la durée et c’est d’après les mesures ainsi obtenues qu’il établit sa théorie du rythme. Il aboutit ainsi à constituer des formations comme celles-ci que je lui emprunte (p. 291) :

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