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CONCORDANCE DES ACUITES : CONFIRMATION DE NOTRE ENQUÊTE

déclamation de sujets possédant une voix de baryton. Un baryton, on le sait, ne descend pas dans le chant au-dessous de a #,, soit 230 v. s., 433 (gamme des musiciens), où 222 v.s., 22 (gamme des physiciens). Or, G est baryton et laisse apparaître, à côté d’autres sons de 160 et 180 v. s.,

une note non tenue de 120 v. s. sur l’r du mot cœur à la troisième syllabe du v. 13 de notre fragment. La vérification opérée par le moyen du /

FIG: 32, — 120 v. s, à la seconde (voix de baryton), Au-dessous de la transcription du phonogramme, l'échelle dont chaque division vaut 11mm,

phonographe montre que l’appareil enregisteur ne se trompe pas. La transcription du rouleau de cire impressionné révèle en effet à la même place 3 v. d. pour 5%, soit 120 v. s. à la seconde ‘. Je reproduis le passage (fig. 32).

Je reviens à mon objet. S’il y a partout (sauf aux deux points signalés) accord entre le tracé direct et les courbes issues du phonogramme, du même coup toutes mes analyses d’acuité sont concluantes. Je peux aussi démontrer que la déclamation du sujet G, dans linscription simultanée du fragment de Cinna, I, telle que je l’ai reproduite plus haut, est conforme aux déclamations des sujets CÏJ R, consignées dans mes tableaux généraux. On va y retrouver les mêmes caractères, avec les mêmes formations rythmiques. Comparons donc, en prenant pour point de départ la diction de G.

1° L’e muet. — Il est apte à recevoir le temps marqué, assez rarement sans doute, mais du moins on ne peut le nier. Nous en avons un exemple : v. 7, s. 4 (cf. v. 2 Ï, à l’hémistiche). Ce fait montre également l'impossibilité qu’il y a à rattacher cette syllabe féminine au troisième membre du vers; elle fait partie du second, à n’en pas douter, et donne ainsi une utile indication pour tous les cas où un e muet succède à un accent régulier.

2° Les groupes rythmiques. — Nous retrouvons tous ceux que nous avons déterminés.

a) Pieds métriques non suivis de muet. — Ce sont en les désignant par leurs signes connus :

O — v. 9,s.1 (cf. ÎJR), et, par suite d'une suppression d’e muet, v. 8, s. 7 (ct. Ci JR); °O — v. 3,5. 1-2 (cf. CI JR); v. 4, s. 5-6 (cf. CI JR), etc….., les exemples sont nombreux ; SO = v rrse 1-3 (cf. LR): v:x3, s 1-3 (cf. CJ'RMete. 2: 000 — v. 3,5. 3-6 (cf. CI R); v. 8,5. 3-6 (cf. CJ R), etc... ; 00 — v. 9, s. 2-6 (cf. C J); c..sO — y, 9,5. 7-12; ce groupe est transformé chez le sujets Ci JR, selon les règles posées par nous ; v. 12,5. 3-8 (cf. R).

b) Pieds métriques suivis d’e muet :

Go Ta CLR); °Oe — v. 3,5, 11-13 (cf. JR); 60 = y. 7, s 10-13 (cf. CI R);.v. 12, s. 10-13 (cf, CR): c.eOe — y. 8, s. 9-13 (transformé chez CiJR); eeeOe — représenté à l’état impur et indûment, grâce à l’adjonction d’un 8 muet : v. 4, s. 8-13;

1. Même observation naturellement là où j'ai compté 160 et 180 v.s,

484 L'ALEXANDRIN FRANÇAIS s.s0+ — absent dans le graphique dû à G comme dans ceux dus à CIJR. Nous savons d’ailleurs que ce groupe est très rare. Mais nous avons eu la chance de rencontrer ici une combinaison encore plus étendue. C’est la suivante : se... Oe — y, 6,5. 1-9. Elle est cependant impure chez CI JR qui tous, sauf C, ont en outre réduit d’une syllabe cette succes:

sion, par suppression d’un e muet.

c) L'accent remonte dans les combinaisons précédentes lorsqu'il y a fin de phrase, et il se crée ainsi mélodiquement des membres métriques nouveaux, inconnus dans l’ordre des durées en l’absence d’effort oratoire.

Il n’y en a qu’un exemple réel (v. 1 s. 1-2, cf. JR) : c’est un trochée provenant d’un iambe primitif constitué lui-même par la fusion de deux monosyllabes. Partout ailleurs la chute de la voix qu’on attendrait n’est pas apparue. Mais du moins, même alors, la déclamation de G n’est pas isolée et peut être comparable chaque fois, sauf à la fin du v. t, avec celle de l’un quelconque des sujets C Ï JR.

Tous les groupements précédemment catalogués sont fondés sur le sens. De plus le tracé direct comme la transcription nous laissent apercevoir des accidents secondaires et des altérations rythmiques du genre de celles que nous avons rencontrées dans nos tableaux généraux. Ce sont d’abord des accents accessoires, caractérisés par la concomitance d’un phénomène temporel de même espèce, ou seulement par leur place sur une fin de mot. Nous ne rencontrons rien de tel à l’initiale : des pieds déterminés, parce que le texte choisi n’en comporte ‘pas la possibilité, mais seulement au dedans. On peut citer : v. 5, s. 9-12 (cf. J).

De même, la tendance du membre monosyllabique à s’agréger à un membre plus étendu ou à un autre membre monosyllabique se constate en un endroit (v. 11, s. 7). Sans doute, CÏ JR ont ici déclamé autrement, mais il leur arrive à tous, en d’autres passages, de prononcer comme G. En tout cas, le je direct et la transcription noùs montrent un groupe iambique (v. 12, s. 7-8) parfaitement soudé avec un péon antécédent de façon à former un seul pied. On rapprochera de cet exemple la diction de KR.

Fe accidents secondaires de nature oratoire sont fréquents. En un point la modification totale du membre métrique est seulement amorcée (v. 4, s. 7-8). À d’autres places elle est accomplie, et le temps marqué remonte d’une ou deux syllabes, sans qu’il y ait désormais coïncidence de la longue avec l’aiguë (v. 1, s. 63 cf. R — v. 2, s. 1 — v. 3,5. 8 — v. 7,5. 83 cf. R — v. 11, s. 8) : les sujets C Ï J R présentent-nombre d'exemples analogues, mais à d’autres endroits. Ailleurs, une formation 4 + 2 (v. 2, s. 6-12) est passée sous l’emphase à 3 + 3, selon une loi connue, sans qu’à la même place C Î JR offrent rien de tel, mais nous avons dit que l'unanimité des sujets n’existe pas toujours. Ailleurs encore, le groupe rythmique manifeste un accent supplémentaire de nature oratoire soit à l’initiale (v. 2,5. 4; cf. C — v. 4, s. 9 — v. 5, s. 3 — v. 6, $. 9 — v. 11,5. 4), soit sur l’une quelconque des syllabes intérieures (v. 6, s. 3 et 5, par conséquent, avec double scission du pied métrique; cf. R et C). Enfin, la conclusion, au lieu de révéler une chute de la voix, est soutenue emphatiquement à plusieurs endroits, et l’accent se maintient sur la syllabe dite tonique (v: 1, s. 12 — w. 2,5. 12; cf. R — v. 3, s. 12; cf. JR — v. 4,5. 123 cf. CIR — v. 6, s. 12; cf. CR etc...).

La césure et la rime elles aussi conservent dans la déclamation de G les caractères que nous leur avons reconnus. Elles ne l’emportent pas nécessairement, l’une ou l’autre, sur les autres acuités du vers (v. 1; cf. CI JR — v. 23 cf. IR — v. 3; cf. J Rey. 7; cf. CÎTR ete...). Nous avons de plus la preuve, et par le tracé direct et par la transcription, que l’alexandrin classique est bien réduit, dans la diction moderne, aux formes de l’alexandrin romantique, sans qu’on obéisse à la nécessité d’un temps marqué à l’hémistiche (v. 6; cf. C J — vw. 123 cf. JR — v. 13). Du reste, les déplacements oratoires de l’accent montrent qu’il n’est nul besoin de privilégier en quoi que ce soit la sixième syllabe (v. 1; cf. R).

3° Les acuités comparées. — Puisque, dans le tracé direct et dans la transcription, les valeurs musicales des divers éléments, pris un à un, coïncident exactement, il est tout naturel que les vers, considérés dans leur ensemble, laissent voir les mêmes variations des hauteurs maxima et des hauteurs minima. A cet égard, les deux divergences constatées ci-dessus ne détruisent pas l'accord général, car elles ne do pas sur des syllabes de relief particulier. On se référera au tableau que nous avons dressé (cf. p. 485) : ù

1. AUX V. 2,5. 4— 4, 5. 9 — 5,s. 3 — 6,s. 9 — 11,5. 4, le phénomène est d'essence oratoire. L'accent secondaire marque une coupe de senS peu importante.

FSC Ps re Æ Re

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