‹ L'Alexandrin Français: D'après la Phonétique ExpérimentaleChapitre 276 sur 282 · LES INTENSITÉS : DÉMONSTRATION DE M. J. CHLUMSKŸ · texte numérisé non relu

LES INTENSITÉS : DÉMONSTRATION DE M. J. CHLUMSKŸ

dans linscription phonographique. Elle aurait encore augmenté l’audibilité de plusieurs syllabes dans les courbes issues du rouleau de cire, sans toutefois modifier la position du temps marqué.

En résumé, si les valeurs respectives des syllabes, dans le tracé direct et dans la transcription, ne se succèdent pas selon des proportions constantes, toutefois il ressort de nos chiffres, sauf en deux endroits, l’exacte correspondance des accents et par conséquent des groupes rythmiques. La preuve, telle qu’elle est fournie, quoique imparfaite à certains égards, est du moins satisfaisante sur les points qu'on vient d'indiquer. Nous demandons qu’on nous en donne acte, et nous nous réclamerons de cette identité dans les développements que nous présenterons plus loin. Cependant on pourrait se refuser à accepter les raisons que nous avons fournies. De ce que vous avez fait ressortir les défectuosités de la reproduction-phonographique, pourrait-on nous objecter, de ce que vous avez rendu compte des variations révélées par deux épreuves d’un même vers, il ne s’ensuit pas que nous soyons convaincus. En premier lieu l'appareil de contrôle ne nous permet plus d’avoir aucune confiance en lui lorsqu'il s’agit de mesurer des intensités. En second lieu vous n’avez pas démontré que votre enregistreur fût impeccable.

Nous aurions volontiers recommencé la transcription, mais nous avons dû y renoncer. Outre le manque de temps — l'expérience sur laquelle nous avons construit ce chapitre nous a pris six semaines de travail —, il nous fallait ménager le rouleau de cire, que nous avions encore à utiliser et qu’il importait de ne pas fatiguer. De plus notre éloignement de Paris pendant la plus grande partie de l’année était un obstacle à nos désirs. L’obligeance de M. Chlumskÿ nous à heureusement permis d’apporter la preuve définitive et évidente que nous avions cherchée.

M. J. Chlumskÿ commença vers la fin d'avril 1911 une longue étude sur l'accent de sa langue maternelle, le tchèque, et, pour conduire son

enquête, il fit choix de l’appareil transcripteur de M. Lioret, appareil qu’à cette date le laboratoire de phonétique expérimentale du Collège de France venait d’acquérir. Il avait donc continuellement sous la main un mécanisme que j'avais entrevu d’assez loin; il pouvait prendre lui-même autant d'épreuves qu’il le désirait d’un même rouleau de cire impressionné au phonographe; il pouvait aussi chercher des améliorations. possibles. C’est ce qu’il a fait et je vais le dire plus loin. En attendant le mémoire que nous promet M. Chlumskÿ et que nous avons signalé, il a bien voulu nous communiquer les résultats de ses lectures et les observations qu’un long usage du transcripteur lui permet de formuler. Nous l’en remercions encore tout particulièrement, et les renseignements qu'il nous a envoyés nous ont: été très précieux : ils permettent en effet de faire disparaître les derniers doutes et d’écarter les dernières défiances.

M. J. Chlumskÿ a d’abord recherché si un même phonogramme, transcrit à deux reprises différentes, donne toujours des amplitudes identiques. La réponse est affirmative. Il faut seulement que le travail soit exécuté dans des conditions strictement semblables, ce qui est possible si l’on ajoute une réglette graduée au support du levier, afin d’être sûr que le style inscripteur occupe toujours la même position. Il faut aussi avoir soin d'employer des papiers de même glaçage et noircis de la même manière. Enfin le style doit toucher de façon égale dans les deux transcriptions que l’on veut comparer. C’est donc une question de réglage.

Voici le résultat obtenu pour le premier a du mot tchèque kabät (habit). Toutes les dents de chaque vibration (r, 2, 3, 4, etc.) ont été mesurées selon des ordonnées désignées par les lettres &, e:, e; etc... dont la somme donne l'amplitude totale e, tandis que les nombres inscrits sous la rubrique = indiquent la longueur de la période entière. Les chiffres entiers désignent partout des dixièmes de millimètre, les fractions par conséquent des centièmes de millimètre (voir le tableau ci-après p. 490).

La durée et la hauteur musicale (cf. +) sont identiques. Pour l'amplitude, on peut affirmer également que la similitude est complète, puisque le minime désaccord des chiffres imprimés en gras, d'une transcription à l’autre, ne dépasse pas quatre centièmes de millimètre, et que, dans la majeure partie des cas, la concordance est absolue. Il est donc bien évident que l'appareil de M. Lioret est excellent : il ne s’agit que d’en user avec soin et précaution. Quant aux huit divergences constatées, elles résultent de ce que le papier, étant un peu plus enfumé à la fin de la syllabe, pro

Lore. — L’alexandrin, 62

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