‹ L'Alexandrin Français: D'après la Phonétique ExpérimentaleChapitre 278 sur 282 · ES LES INTENSITÉS : DÉMONSTRATION DE M. J. CHLUMSKŸ · texte numérisé non relu

ES LES INTENSITÉS : DÉMONSTRATION DE M. J. CHLUMSKŸ

Il restait à faire la seconde preuve, à montrer que les amplitudes d’un tracé direct, recueilli grâce à un appareil enregistreur semblable à celui du Collège de France, sont exactement comparables à celles que l’on obtient d’après un phonogramme. Il fallait d’abord rechercher quelle position doit occuper le style inscripteur pour rendre avec le maximum de perfection les sinuosités du rouleau de cire. M. Chlumskÿ transcrivit vingt fois le/même mot, en partant de l’inclinaison la plus grande et en relevant ensuite le style d’un millimètre pour chaque tracé nouveau selon la réglette adaptée au support du levier. À partir du neuvième millimètre et jusqu’au quatrième, les amplitudes conservent leur force et demeurent partout semblables (c’est la confirmation de la précédente expérience). Avant ces limites, les amplitudes diminuent et les vibrations s’'altèrent. Les meilleures positions sont donc la verticale (à 7 millimètres sur la réglette graduée) et celles qui avoisinent la verticale ( 2 mm. avant et 3 mm. après).

Désormais la comparaison pouvait être faite en toute sécurité. M. Chlumskÿ sy employa, chaque syllabe lui demandant environ un travail

Po D DT TENTE

0) A fn AN Les os NAN te

J. Chlumskÿ. — Revue de phonétique.

fa du mot $afar. Même syllabe que fig. 34.

FIG, 34. — Prononciation forte. Enregistré au phonographe, transcrit au moyen FIG. 35.— Enregistrement simultané à celui de la fig. 33, avec le petit tambour de l'appareil Lioret et reproduit sans agrandissement ni retouche. Rousselot. Agrandi 4 fois par la photographie et reproduit sans aucune retouche.

d’un jour, quoiqu'il eût renoncé à mesurer toutes les dents de chaque vibration et qu’il se contentât — cela suffisait d’ailleurs — d'en prendre l'amplitude maxima. Il m'a communiqué les chiffres que je vais reproduire. Il s’agit du nom propre tchèque Waÿata, enregistré dans le discours suivi, et dont les trois syllabes, du moins en ce qui concerne leur voyelle, trouvent place successivement dans le tableau ci-après. Pour chacune de ces voyelles je donne d’abord la transcription du phonogramme telle qu’elle a été faite au moyen de l'appareil de M. Lioret, puis ensuite le tracé direct.

Lorsqu'il s’agit de la transcription, la lettre a désigne l'amplitude, la lettre / la longueur de chaque vibration selon son numéro d’ordre (N°). Les nombres sont des dixièmes de millimètre. Dans une troisième colonne se trouve l'amplitude réelle de la vibration calculée selon la for-

a ; TT ee mule Se. car l’agrandissement cette fois n’est plus égal à $o, mais à 150. Si l’on considère le tracé direct, a désigne également l'amplitude de la vibration, /, sa longueur, mais les chiffres représentent des divisions du

2 Are micromètre. Le micromètre dont s’est servi M. Chlumskÿ est un peu différent du mien : $ de ses divisions représentent ce de millimètre;

1 I TE * I % . I TE 4 À . . re 7 PS PA 2 —valent donc — de millimètre, — est l'équivalent de ee de millimètre. Il a fallu réduire l’amplitude brute. M. Chlumskÿ en a retranché la 2 10 4

moitié d’une division micrométrique : en effet la ligne inscrite par la plume est trop épaisse et ne rend pas compte du trait réel. La correction n’est point nécessaire quand on analyse la transcription, à cause de la finesse du dessin et de l’arc énorme des vibrations. Elle l’est au contraire

si lon veut évaluer avec précision le tracé direct, à cause des conséquences qui en résultent pour les calculs. Sous la rubrique a — =

d'ASISe . ss . res “11 \ < 3 ? 71 on trouve donc la réduction exprimée d’abord en divisions du micromètre, puis en dixièmes de millimètre. Comme le tambour dont s’est servi

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s HS PS a Ë < M. Chlumskf agrandit sept fois la vibration, il restait encore à calculer la valeur exacte de celle-ci, selon la formule Le Ce sont les chiffres

que l’on trouve dans la dernière colonne de chaque syllabe. Le tableau obtenu est celui-ci :

SYLLABE va (la voyelle) SYLLABE $a (la voyelle) SYLLABE {a (la voyelle) À ‘FRANSCRIPTION 4 SR RAT no la TRANSCRIPTION TRACÉ DIRECT a-4 division! | a - 4 division ? a - 1 division nel al] 212 AE Leon Meme | | 4 Lo RT en {en 5 2 | No) AS CURE CR jee ISO divi- | de 7 150 divi- | de 7 150 divi- de | SIOnS | MM. | SIONS | MM. SiONS | MM.

| 1 [20 | 8r 0,13|.4 | 21327, 4020) r017 | 56 lo,11| 3 15 | 24 l're0, 141 07/4 260060971017 | 2126 |:79 l0,17h 4) ar24 1,610,23| 2 | 19 | 63 0,13] 3 174 24/1 (0,14 2 | 31 | 73 [0,21] 4% | 19 | 35 | 1,5 | 3 | 32 | 79 lo,21] 42 | 21 | 44 |x,70;24) 3 | 234 66 0,16 31| 18 | 23 | 1110/1611 5.1 33.1 73.10,22| 3 9 SES | 4 13301076 10,221 5 20° | 4% 1,610;20h% 4 | 30 66 0,20] 321 00 1,210,17h> 4 | "31 | 72N0,21F 4 1071 3e CR | 51331 760,22] S4/| 20 | 42 | r,910,27/, 5 | 33 | 67 lo,22| 35 | 18 | 3 1,210,17| 5 | 29: 72 [0,20] 4 19 | 33 | 1,4 | 6 | 334 76 10,22] S$ 20 | 424 | 1,810,26| 6 34) 67 10,23 | 34 18 | 3 1,210,17l8862"29:1972 0,19 144 19 34 I,4 | 71:33 | 75 10,22] 44 | 20 | 4 OND 22 NES 4067 0,23 |: 3 LT GR 15210 ,171/ 472143041172 0/20 | 5 IST0NIS 1,2 | 8 | 31445.10,211 4 TO EE ESS | 67 |o,22| 32: 18 2 Er OO POUR Rio TO PET SERRES 152 ll 9133 1:73.10:22h 44708 1,610,23|) 9 | 29 | 69 lo,191 324 | 18 | 24 | r,rlo,16| 9 | 284} 73 lo,r9) 3 19 SUN | 10 | 34 | 74 0,23] 41 | 19 | 4 | 1,60,23| ro 28 | 69 10,191 35 | 18 | 24 | 1,1/o,16| 10 284 73 0,19] 34 | 19.| 3 1,2 Noir | 34 | 74 l0,23| 44 | 19 | 4 | 1,6l0,23| 11 | 274 70 Lo,18| 3 | r9 | 24 | 1 lo,1x4| 11 | 28 | 73 lo,19) 34 | 19 | 22 vx | 12 11334 TS N0 221 4240 ble 1,610,23| 12 | 274 70 lo,18| 3 19 -|-22| x lo,14//12 20 4774 0;T0h3 19: 222070 13 3S 760 281ES 19 | 44 1,8 O2ONSME27 0) 71 0,18 153 19 | 22 | x lo,r4| 13 | 274| 74 lo,18| 34| 19 2 12 | 14 | 344/76:10,23 Sal 20 M E6 11030) 140262 72 lo,18| 32/19 das rrlo ré 2 AS or rt 193 TT | 151284 78 10,196 ee 0 76 73 0,17] 342) r os Se 1622220380 10540 22 Sd 210,306) 252) 74 |0,17| 32 | SON SENS loN MON 2 175002 Pt 192 TN EA 10 | 17 | 14 |. 86 lo,09! 6 2320) a MaL A0 EL #23 | 74 [0,15 | 425040248700 07 rep 276 lo 2 2 194 [18 | 7493 l0,051 52.24 | 54] 2,1,0,30| 18 | 14 | 77 |0,09! 44 | 21 | 32 | r,5l0,21| 18 | 294] 77 0,20! 44 | 194) 32 | 15 19. 4 00514 es de ma4lo20iLr9 | 9 | ? lo,06! 2 ? RE D PES Re nt PR RE vo | 20) ARMES A LE ? | 14 | 0,6 [0,09 20 |. 164684 lOHT AS aT Ad 4e T6 87+ 87-1005 111 Mere tent 22 53 93 [0,041 33 | 24 | 24 | I,I a? DR TO O2 Some SAT SO 2 PRE Es EAN Le | FN Tee 6

Les longueurs / (durée et hauteur musicale) n'ont pas été réduites en chiffres comparables : il suffit de jeter un coup d’œil sur l’analyse de la transcription et sur celle du tracé direct pour voir que les accroissements ou les diminutions constatées suivent dans les deux cas une marche parallèle. Les résultats sont ceux que j'ai moi-même exposés à propos de mon fragment de Cinna. Restent les amplitudes réelles. Nous devons donc

Fe

”. LES INTENSITÉS : UTILISATION DE NOTRE TRANSCRIPTION ET CONFIRMATION DE NOTRE ENQUÊTE 493

NE . Rer Æ ù Lee confronter pour chaque voyelle les nombres inscrits sous les rubriques os m Dans la première syllabe, les quatorze premières vibrations pré-

sentent soit légalité parfaite, soit un désaccord insignifiant qui n’excède jamais 7 millièmes de millimètre. Dans la seconde syllabe, les seize premières vibrations laissent apercevoir des différences aussi minimes : jamais plus de 6 millièmes de millimètre. Dans la troisième syllabe, les dixhuit premières vibrations sont identiques ou permettent de constater un écart tout à fait négligeable qui ne dépasse jamais $ millièmes de millimètre. Toutes les divergences que je viens de signaler doivent être attribuées à la difficulté de lire avec une absolue précision des amplitudes de dimensions aussi réduites que celles du tracé direct. Ces divergences sont d’ailleurs si infinitésimales, qu’elles permettent de conclure à un accord parfait.

Par contre, à partir de la quinzième vibration dans la première voyelle, pour les trois dernières dans la seconde, à partir de la dix-neuvième dans la troisième, le désaccord augmente peu à peu ; il atteint une fois 25, en moyenne 10 millièmes de millimètre, le phonogramme donnant toujours des amplitudes plus petites que le graphique ordinaire. L’explication est facile : la membrane du phonographe est rigide, celle du tambour

inscripteur ne l’est pas, et la poussée d’air qui précède l’attaque de la consonne exerce une légère influence sur les amplitudes. Mais ici encore

la différence est totalement négligeable, d'autant plus qu’elle ne touche aucunement le corps de la voyelle, partie essentielle pour la détermination de l'intensité’. La preuve cherchée est donc faite, cette fois d’une façon définitive, et le doute est désormais écarté : pour qu’il en fût autrement, il faudrait admettre que les deux appareils ont été de connivence pour tromper l’expérimentateur.

Je reviens donc à mon passage de Cinna. Si le tracé direct concorde réellement avec la transcription quant à la place des temps marqués; sil est d'autre part avéré qu’un réglage imparfait et des circonstances défavorables ont seules déterminé les divergences constatées dans les variations proportionnelles des distances d’audibilité ; si enfin, pour toutes les raisons que nous avons fournies, ces divergences peuvent être considérées idéalement comme inexistantes, de telle sorte que l’esprit soit autorisé à ramener légitimement les mesures issues du phonographe à celles livrées par le graphique ordinaire : du même coup, toutes mes analyses d’intensité sont concluantes. J'ai d’ailleurs noté l'exacte correspondance des accents dans mes deux lectures ; c’est seulement à l’égard des intensités comparées que ma transcription doit être totalement éliminée et que l’on doit recourir exclusivement au tracé direct.

Je procéderai donc comme je l’ai fait pour les durées et pour les acuités. Je démontrerai que la déclamation du sujet G, dans l'inscription simultanée du fragment de Cinna, I, est conforme, quant au dynamisme, à la déclamation du sujet C consignée dans mes tableaux généraux. Le tracé dû à C, on s’en souvient, est le seul que j'aie pu analyser. La comparaison révèle en effet les mêmes caractères et les mêmes formations rythmiques. E

1° L’e muet. — Il est apte à recevoir le temps marqué, assez rarement sans doute, mais sans que toutefois on puisse le nier. Nous en avons deux exemples : v. 2, s. 3 et v. 17,s. 4. Ce fait témoigne de l’impossibilité qu’il y a de rattacher la syllabe féminine au second membre métrique dans le v. 2, au troisième dans le v. 7. Chez C, le muet ne supporte qu’un accent secondaire au v. 6, 5. 2.

2° Les groupes rythmiques. — Nous retrouvons tous ceux que nous avons déterminés.

a) Picds métriques non suivis d’e muet. Ce sont, en les désignant par leurs signes connus :

A — v.9,s. 1 (cf. C)et, par suite d’une suppression d’e muet, v. 8, s. 7 (cf. C). aA — v. 3,5. 1-2 (cf. C); v. 4, s. 5-6 (cf. C), etc..., les exemples sont nombreux.

1. L'inscription de ce mot vaïala a été faite à voix forte. Des écarts plus notables se rencontrent dans une prononciation exagérée. Mais l'articulation normale offre sinon l'égalité partout, du moins un parallélisme constant qui confirme la fidélité de mon enregistreur. Pour plus de détails, je renvoie aux commentaires que donne M. J. Chlumskÿ dans son article (Revue de phonétique, 1912, fasc. III). Mes présentes conclusions sont d'accord avec les siennes.

haA — V. I1,S. 1-33 V. 13, s. 1-3. Chez C, ces deux groupes sont transformés. Mais on peut comparer C, v. 11,5. 4-6; V2 NS 4-0:

aaaA — v. 11,5. 4-7. Chez C, la coupe a été différente, mais l’on se reportera au v. 3, s. 3-6, et au v. 4, s. 1-4. aaaaA — V. 9.5. 2-6. C a transformé ce groupe. aa aaA — représenté à l'état impur : v. 9, s. 7-12, et, par suite du jeu des timbres, v. 4, s. 1-6. C, ne donne pas d'exemples de

cette combinaison. Nous savons qu’elle est peu fréquente. b) Pieds métriques suivis d’e muet :

INC OUI M ER de

aa — V. 3,5. 11-13. Le groupe est absent chez C, qui, à cette place, a supprimé le muet. ÀaAa — V.12,S. 10-13 (cf. C), aaaAa — représenté à l’état impur : v. 8, s. 9-13. C, à cette place, n’a pas prononcé l’e muet. aaaaAa — représenté à l’état impur, grâce à l’adjonction d’un e muet : v. 4, s. 8-13.

absent dans le graphique dû à G comme dans celui dû à C. Nous savons d’ailleurs que cette formation est très rare. Mais nous avons la chance de rencontrer ici une combinaison encore plus étendue. C’est la suivante : — v. 6,5. 1-9. Elle est cependant impure, comme chez C, qui, de plus, a réduit cette succession d’une syllabe, par sup-

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