‹ L'Alexandrin Français: D'après la Phonétique ExpérimentaleChapitre 279 sur 282 · AAA AA/AT · texte numérisé non relu

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AA%AaAAAA pression d’e muet.

c) L'accent remonte dans les mesures précédentes lorsqu'il y a fin de phrase, et il se crée ainsi, dynamiquement, des membres métriques nouveaux, inconnus dans l’ordre des durées en l'absence d’effort oratoire. Nous en avons un exemple réel au v. 10, s. 9-12. Le sujet C, à cet endroit, ne déclame pas comme G, mais on pourra se reporter, dans son tracé, aux v. I, S. 9-12 — 2, s. II-12 — 3,5. II-I2, etc...

Tous les groupements catalogués ci-dessus sont fondés sur le sens. Cependant le tracé direct — comme la transcription — nous laisse apercevoir des altérations rythmiques du genre de celles que nous avons rencontrées dans nos tableaux généraux. Ce sont d’abord des accents accéssoires, caractérisés par la concomitance d’un phénomène temporel de même nature, ou seulement par leur place sur une fin de mot. On n’en rencontre aucun exemple à l’initiale ‘ des pieds déterminés, parce que le texte choisi n’en comporte pas la possibilité, mais seulement au dedans. On peut citer : v.1, s. 10 — v. ro, s. 4 (cf. C, ib., s. 10) — v. 13, 5. 6. |

De même, la tendance du membre monosyllabique à s’agréger à un membre plus étendu ou à un autre membre monosyllabique se constate en un endroit (v. 11, s. 7). Sans doute C a ici procédé autrement, mais il lui arrive, en d’autres passages, de déclamer comme G. En tout cas, le tracé direct et la transcription nous montrent un groupe iambique soudé (v. 12, s. 7-8) avec un péon antécédent de manière à former un seul pied. La place de la soudure est indiquée par G. Elle ne l’est point par C. |

Les accidents de nature oratoire sont fréquents. Il se produit souvent une transformation totale du membre métrique normal, et le temps marqué remonte d'une ou deux syllabes, sans qu’il y ait désormais coïncidence de la longue avec la forte (v. 5, s. 7 — v. 7, s. 5; cf. C — v. 7,s.8 — v. 11,8. 8). Dans ces exemples, on observe parfois un déplacement concomitant de l’aiguë, ou bien celle-ci peut conserver sa position régulière. Le sujet C présente un grand nombre d'exemples analogues, mais en d’autres endroits. Ailleurs, une formation 4 Æ 2 (v. 2, s. 6-12) est passée temporellement, musicalement et dynamiquement, sous l’influence de l’emphase, à 3 +- 3, sans qu’à la même place C offre rien de tel, mais nous avons dit que l’unanimité des déclamations n’existe pas toujours. Aïlleurs encore, le groupe rythmique manifeste un accent supplémentaire de

1. Dans les cas qui se présentent, le phénomène est en effet d’essence oratoire. L'accent secondaire marque une coupe de sens peu importante.

a LES INTENSITÉS : UTILISATION DE NOTRE TRANSCRIPTION ET CONFIRMATION DE NOTRE ENQUÊTE 495

nature Oratoire, soit à linitiale (v. 3, s. 3 — v. 5, s. 9 — v. 7, s. 10 — v. 8,s. 3 et 9 — v. 9, s. 7 — v. 13, s. 4), soit sur l’une quelconque des syllabes intérieures (v. s, s. 4 — v. 6, s. 45 cf. C — v. 9 avec double décomposition du pied métrique — v. 12, s. 5; cf. C, ib., s. 4). Enfin la conclusion, au lieu de révéler une chute de la voix, est soutenue emphatiquement en plusieurs endroits, et l'accent se maintient alors sur'la syllabe dite tonique (v 1, s. 12 — v. 2,5. 12— v. 3, s. 12 — v. 4, s. 123 cf, C — v. 6, s. 12).

La césure et la rime conservent, elles aussi, dans la diction de G, les caractères que nous leur avons reconnus. Elles ne l’emportent pas nécessairement, l’une ou l’autre, sur les autres audibilités du vers (v. 1, cf. € — v. 2; cf. C — v. 3 — v. 5; cf. C, etc...) Nous avons de plus la preuve, et par le. tracé direct et par la transcription, que l’alexandrin classique est réduit, dans la diction moderne, aux formes de l’alexandrin romantique, sans qu’on sente le besoin d’un temps marqué à l’hémistiche (v. 6 — v. 11). Du reste, les déplacements oratoires de l’accent montrent, tant chez G que chez C, qu’il n’y a nulle nécessité à privilégier en quoi que ce soit la sixième syllabe (v. 7, cf. € — v. 12).

3° Les inlensités comparées. — Ici, comme nous l'avons déclaré plus haut, nous ne pouvons plus invoquer notre transcription, ou du moins nous devons la supposer identique au tracé direct : elle l'aurait été en effet si elle avait été effectuée dans des formes convenables. Cependant le tracé direct, dont nous avons montré la sincérité, subsiste, et c’est lui que nous allons comparer avec la déclamation de C.

A considérer les intensités maxima, nous savons que les accents dominants sont causés :

a) Par des mouvements d'ordre émotif qui exigent un renforcement de la voix sur le temps marqué. Nulle part cependant, sauf au v. 13,5. 8, l'effort n’a produit l'effet attendu : au v. 1, s. 6, c’est à cause du timbre de lw (cf. d’une façon analogue C, ib., s. 1) ; au v. 7, s. 1 et au v. 9 s. 1, à cause de la trop forte acuité ; aux v. 11, s. 3 et au v. 3, s. 2, parce que l’énergie a été réservée pour d’autres buts (cf. C pour tous ces alexandrins). Ces exceptions nous sont connues.

b) Par des mouvements d'ordre intellectuel qui réclament une force plus grande de l’accent, afin de faire ressortir le mot ou le groupe rythmique important pour le sens (v. 2, s. 3 —v. 5,s. 7 — v. 4, s. 6 — v. 11, s. 7; cf. C). Pour les deux premiers alexandrins, les timbres ont détruit chez C l’accord qu’on aurait sans cela constaté. Il faut encore signaler v. 10, s. 4; cf. C.

c) Par de fortes coupes suspensives. Les timbres, dans le fragment que nous analysons, ont fréquemment déjoué leffet qu'on pouvait prévoir. Ailleurs, comme aux v. 10, s. 6; cf. C — v. 12, s. 12; cf. C, dans le conflit qui s’est élevé entre la suspension de sens et le mot important ou pathétique, ce dernier l’a emporté, et la hauteur musicale a suppléé l'intensité. Tous ces faits ont déjà été commentés.

Il s’ensuit une grande variété dans les dispositions dynamiques de lalexandrin. Nous les avons notées dans le chapitre où nous avons traité la question. Ellés reparaissent ici dans quelques-unes de leurs formes principales. On les reconnaîtra facilement en se reportant à nos lectures.

Si mdintenant l’on examine la succession des intensités maxima dans les vers qui composent le fragment étudié, on reconnaît :

a) Que de deux vers contenant l’un et l’autre soit un élément de passion, soit un élément dont le sens exige la mise en vedette, l’un ou l’autre, toutes choses restant égales par ailleurs, peut présenter l’audibilité la plus forte, indifféremment (v. 1-2 — v. 2-3; cf. C — v. 3-4).

b) Que de deux alexandrins dont un seul contient soit un élément de passion, soit un mot important, c’est ce vers, tel que nous venons de le définir, qui l'emporte (v. 7-8, cf. C). $

c) Que de deux alexandrins suspendus, celui qui possède la suspension de sens la plus forte l'emporte, mais à condition que toutes choses par ailleurs restent égales, car l'élévation de la voix semble produire, au cours du vers tout entier, un accroissement de l'énergie (v. 12-13 et v. 8-9).

d) Que de deux alexandrins dont l’un est une suspension de sens, l’autre une conclusion, le premier domine le plus souvent le second, la fin de phrase réduisant l'intensité générale du vers tout entier, même lorsque, à la finale, l'accent est maintenu oratoirement sur la syllabe dite tonique (v. 5-6 — v. 9-10).

e) Que de deux alexandrins qui forment tous deux un sens complet ou qui sont considérés comme tels, l’un ou l’autre, indifféremment, lemporte, selon la valeur de la suspension intérieure ou de l'élément de passion qu’ils contiennent (v. 1-2 — v. 2-3). Naturellement, si les timbres ne sont pas favorables dans l’un ou l’autre de ces deux vers, la prédominance de l’un sur l’autre ne se règle plus selon les principes que nous

venons d'indiquer.

La différence des coupes suspensives et des conclusions a rendu l’accord assez peu fréquent entre C et G, comme, aussi bien, ils se séparaient quelquefois dans l’ordre des acuités. De plus, il a suffi d’un déplacement d’accent, dans l’une ou l'autre déclamation, pour faire porter l'effort sur une voyelle productive d’audibilité ou sur une autre qui ne l'était pas, d’où la masse assez grande des divergences. L’unanimité des sujets, nous l'avons fait remarquer au cours de cet ouvrage, est d’ailleurs en général rarement atteinte lorsqu'il s’agit des intensités maxima ou minima de vers consécutifs. Cependant, un fait que nous avons mis en lumière s'affirme ici encore : c’est la correspondance des hauteurs musicales et des distances de compréhensibilité, tout au moins si l’on considère la succession des valeurs extrêmes de chaque alexandrin. En faisant abstraction des cas où la puissance acoustique a changé tandis que l’acuité restait identique (v. 1-2 et 4-5), partout, sauf du v. 3 au v. 4, il y a concordance des variations musicales et dynamiques, soit neuf alexandrins où le parallélisme est complet. L’exception s'explique par le timbre de li dans le mot fuir, où l'effort a été considérable, mais n’a rien produit.

Les intensités minima donnent lieu à des observations analogues. On reconnaît :

a) Que de deux alexandrins suspendus, l’un ou l’autre, indifféremment, peut posséder le son le plus faible : v. 8-9; cf. 6 avec égalité — v. 12-

Le & (6 ) Que de deux alexandrins formant un tout complet, l’un ou l’autre, indifféremment, peut présenter la valeur d’audition la plus réduite (era C— v. 2-3; cf. C). Ë ) Que si un vers terminant une période fait suite à une suspension, il contient la valeur minima la moins considérable : v. 5-6; cf. é = V. 9-10; cf. GC;

d) Que si un vers suspendu fait suite à une conclusion, cette dernière contient laudibilité minima la moins forte : v. 6-7; cf. C.

Le résultat de la contre-épreuve confirme donc ce que notre enquête nous avait permis d'établir. Nos analyses étaient bonnes et l’enregistreur employé était digne de notre confiance.

Mais l'inscription simultanée sur laquelle nous avons construit ce chapitre nous permet d’apporter un complément utile à lune des questions discutées par nous : celle de savoir quelle est l'intensité vraie, l’intensité réellement perçue par l'oreille. Nous avions un excellent moyen de nous en rendre compte : il nous a suffi de faire entendre le cylindre du phonographe, témoin synthétique de ce qu'a été la déclamation de G. Nous pouvons donc comparer l'impression produite sur l’ouïe avec les indications que nous donne le tracé direct, représentant analytique du rouleau de cire.

Il a été fait appel au concours de plusieurs personnes : MM. Ch. (8), R (à), Chl. (e), S(®), L (n), MS (8). Chacune d’elles a reçu un texte et a été priée de noter les intensités telles qu’elle les percevait. Les signes 7 que l’on trouvera dans nos lectures au-dessous de certaines

Ilabes (p. 474-478) traduisent, selon cette hiérarchie décroissante; le degré de force sensible à l'audition :.

Nous dirons d’abord que la qualité des timbres a conduit les sujets à des classifications intéressantes. Parmi les temps marqués qui sont affectés du signe M, nous trouvons comme voyelle constitutive 4 0, 2 & (voyelle claire où la nasalité a été telle qu’elle n’a pas éteint, mais au contraire renforcé l’effet du souffle buccal) 2 &. On n’a pas attribué aux 4 un relief prédominant parce que, dans la syllabe précédente, les rapports ordinaires de la voyelle et de la consonne ont été modifiés sous l’eflort oratoire : de ce dernier fait on a tiré des conclusions que nous exposerons plus loin.

1. Les auditeurs se sont tour à tour placés à des distances variables du phonographe, à 5m au minimum, à 25" au maximum. J'ai spécifié chaque fois qu'il s'agissait de force, non de durée ou d’acuité, et j'ai demandé qu’on me soulignât les syllabes dynamiquement privilégiées. Le signe le plus mince indique, aux places d’accent réel, qu’il n’y a pas eu unanimité des sujets, mais seulement majorité.

“# OBSERVATIONS COMPLÉMENTAIRES SUR L'INTENSITÉ RÉELLEMENT PERÇUE : 497

D'autre part, tous les sujets ont été frappés par l'insuffisance acoustique de certains timbres, surtout des 5, très nombreux À la fin des groupes rythmiques. En particulier pour les mots diuæ et dig (v. 8), on a eu l'impression, à une petite distance, d’un effort organique considérable qui ne produisait presque rien. Il en a été de même pour disipæ (v. 2), édig (v. 3), Sinna (v. 4), si li (v. 9). Pour fivir (v. 4), quoique la syllabe soit longue, personne ne l’a considérée comme intense, ce qui aurait été assez normal, étant données les indications que nous allons fournir. On a eu aussi le sentiment que l’x de #rublæ (v. 2) et celui de amur (v. 8), quoique dynamiques, n’avaient pas l'ampleur à laquelle on se serait attendu :. Ces observations ont été faites spontanément. Elles confirment les beaux travaux de M. l'abbé Rousselot et ses remarques sur l’audibilité moindre de certaines voyelles : elles confirment par conséquent aussi les résultats que nous avons nous-même apportés.

Certaines syllabes fortes n’ont pas été entendues comme telles, malgré l’accent d’intensité principal ou secondaire dont elles sont affectées : v. 1 fæ (sauf E) — v. 2 blæ@ — v. 3 a — v. 4 læ — v. $ de, o (sauf £), ta — v. 6 le (sauf 0), 16 (sauf E) — v. 7 1œ (4° s., sauf n et E), &e (sauf & et 6), a — v. 8 dæ (s. 3 et 9) — v. 9 &, twa (sauf £) — v. 12 pôr — v. 13 0, to et de (sauf <). Comme on le voit, il y a des exceptions, mais les sujets qui les ont notées ne se sont prononcés qu'après plusieurs auditions successives, et toujours sous cette forme dubitative : je crois qu'il y a quelque chose sur… Même alors l’audibilité plus grande n’a pas semblé avoir une valeur rythmique. Dans ogust (v. 5) et pèrtæ (v. 7), tout le monde a considéré que la force principale avait été déployée sur la syllabe dite tonique, non sur celle qui en réalité, d’après notre analyse, est affectée de l'accent. Au v. 13, dans le groupe rythmique de mem hi, il a été expressément affirmé par tous les sujets que l'impression de puissance acoustique dominante était fournie par Mi, et ainsi de suite pour tous les autres cas analogues.

De plus quelques erreurs ont été commises : x a cru entendre un léger temps marqué sur ne (v. 1) et sur na (v. 3), 6 sur no (v. 8). Ceci est négligeable. Mais il faut rechercher la raison des omissions signalées. On la découvre sans peine. Aucun de ces accents d'intensité révélés par le tracé direct et par la transcription ne coïncide avec un allongement. L’effort déployé sur la syllabe brève n’est donc pas senti. Au contraire, la longue du membre métrique, même quand elle possède une audibilité potentielle moindre, est perçue comme forte. Pour reprendre une démonstration déjà faite, mais présentée seulement dans un autre chapitre sous forme d’hypothèse, nous avons mesuré dans trois cas les amplitudes de chaque syllabe, vibration par vibration, et nous avons trouvé la somme suivante, en dixièmes de millimètres : dans ogust, o — 2440, gust — 3810; dans de mem hi, de — 404, mem — 328, ki — 1392 ; dans truble, tru — 2844, ble — 480. Dans la transcription, le total des amplitudes a été celui-ci, après réduction au cinquantième : 0 — 786, gust — 1608 — de = 210, mem — 188, ki — $92 — tru — 716, blæ — 114. Tout s'explique : notre interprétation était bonne ; l’intensité agit sur l'oreille par masse ; il lui faut la durée pour qu’elle produise tout son effet.

Nous pouvons réunir ensuite dans une même série d'observations les autres accents qui ne sont pas notés du tout et ceux qui sont marqués du signe 7. Au v. 1, il y a eu hésitation sur rwtyè; ñ et 0 se sont demandé si l’accent n’était pas sur la première syllabe, puis ont fini par conclure qu'il est sur la seconde. Même doute au v. 2 pour le mot rœuyë. [ci n, &, 6 se décident pour la première syllabe, les autres pour la seconde. Dans disipæ, <, à, n entendent « quelque chose » sur di, mais optent en faveur de si. Au v. 3, dans Sinna, il y a indécision totale et personne ne marque rien sur le texte qu’il a entre les mains. Interrogés, les sujets répondent qu'ils ne savent pas où est l'accent d'intensité; quant aux pieds rythmiques, ils persistent à les déterminer d’après le sens (d’après la voyelle de plus grande durée), qu’il y ait ou non concordance avec l’audibilité.

De même il y a doute au v. 7, à propos de setæ mäl, où personne ne s’est décidé. Au v. 9, dans le mot murir, £ et 0 ne notent rien, @ note les deux syllabes, e et n la première, à la seconde. Au v. 10, le premier 46 a été souligné par n, 6 et <, mais non par les autres sujets, l’attention ayant été attirée par #repd. Dans ce mot, & et à mettent un signe sous la première syllabe, « et n sous la seconde, £ et 8 hésitent et ne se décident pas. Le second h6 a été signalé comme particulièrement énergique par 6, 5, e, m, 6, 0, mais les mêmes sujets, sauf », & et 6, considèrent en outre que la douzième syllabe du mème alexandrin porte elle aussi un temps marqué d’intensité. Au v. 11, dans le groupe næ krë pd, les sujets sont divisés : certains ne peuvent choisir entre les deux dernières syllabes (à, <, £), un autre n’a rien noté dans l’impossibilité de définir exactement ce qu’il enten-

à 1. Il est possible que le phonographe y soit aussi pour quelque chose.

Lore. — L'alexandrin. 63

dait (6); pour & et n enfin, l'effort principal a paru affecter la seconde syllabe. Au v. 13, au mot persé, 6 et e sont restés perplexes, à et n ont opté pour la dernière syllabe, & et 5 pour la première.

On découvre la raison de tous ces faits. Dans rætyè (v. 1), disipæ et rœvyè (v. 2), Sinna (v. 3), murir (v. 9), trepd (v. 10), rætyénæ (v. 11), persé (v. 13), la syllabe initiale, où la consonne l’emporte en durée sur la voyelle, est de constitution oratoire. On trouve en eflet dans ræiyë, r = 165, æ— 7%; dans disipæ, d = 17, i — 9; dans rœuyê, r — 16, æ — 10; dans Siuna, s'—=24M==\, 0 10; dans murir, m— 15,4 — 10; dans #repd, t = 7,1 — 13, e—9; dans rœtyénæ, r = 12, œ@ — 6 ; dans persé, p — 17, e= 11, r —9. Partout les amplitudes de la voyelle,

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Fic. 36. — Le mot mourir dans le tracé direct. Les lignes verticales séparent les syllabes, L’»7 l'emporte en durée sur l#. Les plus grandes amplitudes sont celles de 1”, aussitôt après la consonne 7.

dans la syllabe dite tonique, sont plus fortes — et je reproduis le murir du tracé direct (fig. 36) —, mais l'oreille a le sentiment qu’elle perçoit quelque chose d’anormal, et elle attribue un accent d'intensité à la syllabe prononcée oratoirement, quand bien même le déplacement de l’effort dynamique n’a pas été accompli, quand bien même aussi la longue a conservé sa position ordinaire.

De plus il faut faire ressortir, pour certains cas, l'influence de la durée syllabique globale. Dans le groupe nœ krè pà (v. 11), krë, dans l’ensemble de ses éléments (385), n’est pas loin d’avoir la même valeur que p4 (43); dans le mot persé (v..13), per (365) est à peu près semblable à sé(41). Il n’y a pas eu d’erreur au sujet du mot rez6 (v. 2), parce que les trois accents remontent simultanément. Dans le membre métrique selæ mûl (v. 7), les temps marqués de hauteur et d'intensité, en abandonnant ensemble la tonique, contrebalancent l'effet produit : par la stabilité de la syllabe temiporellement privilégiée : c’est la lutte de l’ictus et du volume dynamique ; aucun de mes sujets n’a pu se décider.

Toutes les syllabes notées "* ont été bien entendues comme fortes, celles notées M l’ont été très bien. Dans nombre d’exemples, l’action de la durée sur la puissance acoustique du son émis n’est pas contestable. On peut citer les mots wi (v. 1), trublæ (v. 2), vë (v. 4), dekuvér (v. 5), puvwar (v. 6), pèrlæ (r'e syllabe du vers 7), asuräsæ (v. 7), amur et nesäsæ (v. 8), kuron (v. 10), ry8 (v. 11), mèr (v. 12), k&r (v. 13). Naturellement, il a été difficile de spécifier, par le moyen de l'oreille, les rapports des audibilités, de dire si lo de kwron, par exemple, engendre une impression deux fois plus forte ou deux fois moins forte que l’o de pôrtæ (v. 7). Les signes donnés doivent être par conséquent pris en gros. Ils

1. Mes sujets n’ont point attribué une valeur rythmique à ce déplacement ; je netparle donc que de son importance acoustique. M. l’abbé Rousselot, dans les transcriptions de phonogrammes qu’il m'a fournies, a noté seulement six accentuationsirrégulières, cinq dans Un Évangile de Fr. Coppée, la dernière dans le fragment de Phèdre. Il s’agit des mots tombeau, maison, partit, logis, endormi et perdue qu’il a notés 10hé, mezxô, parti, loji, ädormi, perduæ. Il faut supposer, outre une modification probable de l’acuité et du dynamisme, qu’il y a eu transfert du temps marqué temporel, soit par accroissement de longueur de la voyelle initiale (cela est vraisemblable pour le second mot, cf. päli P. G., E R —, sûr pour le premier et le cinquième, à cause de la nasale), ou bien par allongement de la consonne antécédente (ce serait l'explication convenable, semble-t-il, pour perduæ et pour parti). Dans ce dernier cas nous serions sans doute en présence d’une de ces confusions que nous avons notées plus haut; peut-être aussi la première voyelle l’emporte-t-elle par la somme de ses amplitudes. De plus on notera que quatre de ces exemples sur six se terminent par un timbre défavorable, 5 ou « : il est tout naturel que la oe antécédente en paraisse profiter. Il faut bien remarquer que partout ailleurs aucune fin de phrase, quoique les accents de hauteur et d'intensité aient remonté normalement, n’a cessé, au jugement de l'oreille si exercée de M. Rousselot, de paraître tonique en sa syllabe finale, ou, en cas de terminaison féminine, en sa pénultième. Aucun autre déplacement oratoire n’a non plus été noté dans ses transcriptions.

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