Guyau, op. cit., p
les longues du premier exemple ‘. C’est que dans l’un et l’autre les syllabes n’ont la qualité qu’on leur reconnaît que par rapport à celles qui les
entourent. di De plus le temps marqué temporel, à cause justement de l’accentuation propre au français, se détermine bien moins par la syllabe dont il est
précédé que par celle dont il est suivi. En d’autres termes : quand deux syllabes se succèdent et sont d’égale valeur, la seconde seule doit être consi-
dérée comme longue ; elles ne reçoivent l’une et l’autre le signe — que si elles appartiennent à des fractions de sens différentes :
Il est beau de mourir maître de l’univers.
Ta funeste valeur m'instruit par ta victoire.
I le bô dæ mu rir mè træ dæ lu ni vêr 12 20 50 16 32 48 48 22 14 26 16 56 VU UV L- V UV — LE VU Le] Ÿ VU LA (HI, H.) T4 Mu nes tœ 24 l@r mès trdvi par la vik lwd ræ 17 17 29 15 17 40 26 26 15 17 15 AO NES LV V — LV V — LV V VU V — V 4 (Cid, 9 R.) Dans le premier exemple on a noté — — parce que le sens coupe mourir/maître, et d’ailleurs les hauteurs musicales sont un excellent guide qui
tranche parfaitement ces difficultés; au contraire dans le deuxième on a noté ” 7. La première syllabe du mot minstruit est en effet plus courte ; P ÿ.
que celle dont elle est précédée : mais c’est seulement après la seconde que la durée baisse et que l’oreille perçoit par conséquent une différence.
Par conséquent, l'élément huitième de ce vers, mais non le septième, est affecté du signe . D’ailleurs, ici encore les hauteurs musicales et les
intensités peuvent être consultées.
En règle générale, la progression temporelle s'établit à l’intérieur de chaque groupe rythmique, par la réduction que la longue opère sur les
brèves qui la précèdent ; cependant il arrive que plusieurs de celles-ci aient la même valeur :
Donc vous n’avez ici pas d’autres intérêts.
D6k vü na ve zi si pa dé træ zè te rè SI IS 16 16 16 49 19 AT 17 19 21 33 — L°4 V V 2Èl — 12 — LV LV V (RB. 6 6
De tels exemples pourtant n’altèrent point le principe posé, et, hors les accidents dus à l’emphase, les brèves considérées à partir de la pre-
mière et par rapport à la longue ne présentent jamais une durée décroissante.
Cependant la détermination des membres métriques, telle qu’elle ressort de nos recherches expérimentales, permet de répondre à divers pro-
1. Faut-il aussi faire remarquer que la longue qui termine le second groupe rythmique dans le premier vers est infiniment plus courte que celle du mot ##rir dans le second ?
LE SENS ET LE RYTHME : VERS COMPOSÉS DE MONOSYLLABES Tel
blèmes dont les théoriciens ont essayé de présenter la solution. Tous les exemples fournis par nous prouvent que le rythme temporel, dans son état le plus simple, n'est pas indépendant de la structure de la phrase, mais que les temps forts au contraire tombent sur les arêtes du sens. Excéption faite pour les phénomènes qui seront discutés ailleurs, les syllabes se suivent et se séparent en raison des exigences du texte, afin de lui laisser toute sa clarté et de ne pas fausser l'accord de ses parties. Le rôle essentiel des accents de durée qui marquent un repos de la voix est justement de maintenir et d'affirmer la cohésion de certains éléments de la période, de les dissocier de certains autres. Il suit de là, nous l'avons vu, que plusieurs mots s'unissent et qu’un seul porte le temps marqué du groupe.
Certains critiques toutefois n’ont pas admis les conséquences extrêmes de cette constatation qu’ils avaient cependant faite eux-mêmes, et ils ont soutenu, soit à propos des vers monosyllabiques :, soit à propos de la syllabe féminine qui suit la longue, des théories que les faits démentent.
Nous commencerons par les vers composés de monosyllabes : on a voulu les distinguer des autres au point de vue rythmique. La cause initiale de erreur commise paraît résider dans une fausse analyse des conditions de la parole et résulter de la séduction invincible qu’exerce sur beaucoup d’esprits la disposition du texte imprimé. |
L'abbé Scoppa, dont le livre, pour l’époque, est si riche en observations neuves, se laisse aller à des contradictions qui surprennent. Il note
Yi = CE CA
+ V4 es FA = . , . 5 très exactement comme anapestiques les combinaisons /u seras, c’est en vain, tout est beau 2. Mais, dautre part, il croit que dans ce vers 3 : Le jour n’est pas plus pur que le fond de mon cœur..….,
il y a douze accents. Il à donc reconnu dans certaines locutions la formation de membres métriques composés de plusieurs mots et il se refuse à l’admettre dans ce cas particulier. De même M. Souriau 1, dans ses études sur la versification du xvrr° siècle, dresse soigneusement le tableau des vers monosyllabiques rencontrés par lui dans l’œuvre de chacun des poëtes qu’il examine, et il croit que ces vers sont plus durs que les autres, à cause, peut-on supposer, du grand nombre d’accents qu’il leur attribue, car il néglige d’expliquer sa pensée. Or, répétons-le, ce sont les divisions du sens qui sont déterminantes, et le mot, important quand on l'isole, disparait dañis le groupe auquel il appartient dès le moment qu'il fait partie d’une agglomération dont il est inséparable.
Si l’on consent en effet que dans un alexandrin comme celui-ci :
Cet empire absolu sur la terre et sur l'onde,
la première syllabe s’unit au mot empire, pourquoi supposer que la 7°, la 8°, la ro, la 11° syllabe gardent leur accent ? Pourquoi admettre, dans l’avant-dernier vers cité, que chaque terme conserve son individualité et. que le rythme en est rendu plus pénible ?
En réalité, les monosyllabes n’ont nulle part la moindre difficulté à devenir longs ou brefs. On peut comparer entre eux les divers éléments de cet alexandrin :
Le vrai peut quelquefois n’être pas vraisemblable
et confronter cet exemple avec celui cité plus haut. Les réductions et les allongements s’opèrent exactement selon les mêmes règles, et il suffit de transcrire les chiffres obtenus pour que l'évidence de cette assertion éclate :