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CULTURES INDUSTRIELLES

Tabac. — La récoite du Tabac a été, dans certains moments, une des plus importantes de l'Algérie ou du moins une des plus rémunératrices. La culture de celle plante esl libre, mais TAdministration des Tabacs prend tous les ans, environ 3 millions de kilogrammes ; dans les commencements, elle donnait facilement des prix élevés qui ont beaucoup aidé les premiers pas de Tagriculture algérienne. La sûreté du paiement qui est immédiat, a toujours attiré les colons et a fini par régler souverainement les cours de cette production. Certains points de l'Algérie, notamment la Kabylie, produisent des tabacs reconnus comme étant d'une qualité supérieure et l'Administration les paye mieux que les autres mais le commerce les lui enlève en grande partie à des prix qui dépassent 100 francs les 100 kilos.

C'est dans les régions qui conviennent à la production des tabacs légers et combustibles que cette culture doit prendre de l'extension, les tabacs des bas-fonds plus ou moins chlorurés sont franchement mauvais et sans valeur.

Au moment de la conquête, le tabac était cultivé par les indigènes surtout dans les régions de Bôneet d'Alger, le produit obtenu était bon, il rappelait les tabacs d'Orient ; mais comme ces derniers, le tabac algérien, dit Arbi, ne portait que de petites feuilles, le rendement en était faible. Dès 1844, le Gouvernement Français faisait acheter des tabacs algériens, en 1854, le chiffre des achats était déjà ce qu'il est aujourd'hui,

Par les soins de l'Administration, les colons cultivèrent les tabacs du type Paraguay et du type Palatinat. Ces tabacs se sont bien acclimatés et leur mélange par metiMsge a engendré les types algériens qa\ se rattachent au Paraguay. Le cMfaut de sélection a permis à des variations défectueuses de se perpétuer et on trouve trop souvent des feuilles étroites épaisses à grosse côte constituant un tabac grossier.

Ce défaut disparaît rapidement dans les exploitations bien dirigées.

Les métissages judicieux permettent d'améliorer rapidement cette plante, et les expériences poursuivies depuis douze ans à la Station botanique ont démontré que, dans le même sol, la qualité et la quantité de la récolte pouvaient varier dans d'énormes proportions, suivant les races employées. Les variétés améliorées commencent à être plus recherchées, surtout par le commerce qui ne peut pas utiliser les tabacs incombustibles pour la fabrication de la cigarette.

A différentes reprises on a essayé de produire, en Algérie, les tabacs jaune d'Orient qui sont recherchés; mais les variétés employées n'ont donné que des rendements insignifiants en raison des faibles dimensions des feuilles.

Les tabacs américains Virginie, Caroline Ycloiv, Mary- Innd, Pensylvanie ont donné des produits plus abondants et meilleurs ; mais ce sont des métis obtenus à la Station botanique qui paraissent remplir les conditions pour la production abondante d'un tabac clair.

Après l'obtention de bonnes races par un métissage méthodique, il faut insister sur la préparation du sol. L'usage des engrais verts est à recommander. Le Fenu-

grec pur ou mêlé à la Féverolle a donné des rendements d'engrais verts atteignant 65 tonnes à l'hectare.

L'analyse chimique montre que la composition de la feuille préparée est très différente de celle de la feuille verte, pendant la préparation il s'opère, dans les cellules encore vivantes, une série de réactions qui doivent dOD^

Hybride Roulba n* 1 (Dell x Pensylvanie XI Kabyle)

ner naissance à des principes aromatiques qui sont recherchés par les fumeurs.

\ Le séchage de la feuille est plutôt une sorte de matur ration que l'on peut comparer à certains fruits qui

n'ont leur valeur qu'après un séjour plus ou moins long au fruitier.

Celte maturation est obtenue, en partie, par l'opération du javelage qui consiste à laisser en tas sous la paille les feuilles cueillies, ces feuilles deviennent jaune clair.

Pour préparer des tabacs jaunes, il faut maintenant fixer cette couleur clair et empêcher des réactions nouvelles qui altèrent rapidement, par une oxydation très active, les élé/nents contenus dans les cellules du parenchyme foliaik*e. En les exposant directement au soleil on obtient d'assez bons résultats, mais celte méthode usitée dans la région de Bône est peu pratique.

Pour lixer la couleur jaune, il faut activer la dessiccation et avec une température élevée et une grande sécheresse de l'air on peut y arriver sans moyens artificiels. Mais généralement les conditions naturelles ne sont pas assez régulièrement favorables et il vaut mieux avoir recours à un séchoir chaulfé où tout est réglé :

Température, degré d'humidité, ventilation.

Avec une installation convenable on peut, à coup sûr, fixer la coloration jaune clair des feuilles et obtenir ces tabacs dit Hright ïiiow recherchés pour la fabrication de la cigarette.

A la Station botanique de Kouïba on a obtenu des tabaes clairs par un javelage sous la paille suflisant donnant des feuilles très jaunes ; ces feuilles placées dans un séchoir, séchaient rapidement par uue température élevée. Les feuilles ainsi préparées sont très claires, surtout sur la face inférieure, la face supérieure est généralement un peu plus colorée.

Un séchoir chaullé vient évidemment compliquer la préparatiou du tabac. Autrefois les Indiens se bornaient

à accrocher les plantes de tabac à des branches d'arbres; mais de nos jours, nous recevons, des sciences auxiliaires de Tagriculture, des indications qu'il est diflicile de méconnaître.

Dans un séchoir moderne à tabacs jaunes, d'après la méthode dite de Ragland, les feuilles sont mûries et

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Quelques tabacs issus de croisements de la Station botanique

séchées en six jours, il faut compter un jour pour remplir le séchoir.

Toutes les semaines on peut donc faire une opération de séchage.

I^ couleur jaune est obtenue par une dessiccation méthodique et rapide dans une atmosphère chaullée.

La culture du tabac ne peut prendre, en Algérie, une extension nouvelle qu'à la condition de livrer de bons produits. Les tabacs médiocres, incombustibles, acres, encombrent déjà le marché et le placement n'en devient possible qu*à des prix ridiculement bas.

Les tabacs Ans ne peuvent par être produits dans les grandes cultures de la plaine ; mais c'est, au contraire, par les petites cultures, sur les pentes riches en humus et en potasse que la qualité sera obtenue.

C'est vers ces régions déà favorablement connues qu'il faut porter Tellort. Par le choix des variétés, par une bonne préparation, les tabacs algériens peuvent acquérir une plus-value considérable.

Les tabacs algériens clairs et combustibles pourraient servir à la préparation d'un Tabac maure en coupe fine qui aurait certainement un grand succès auprès des consommateurs français.

C'est en s'inspirant des besoins de notre agriculture nationale que M. le sénateur Ournac a déposé, en 1902, un projet de loi tendant à augmenter les cultures de tabacs en France et à diminuer les achats à l'étranger. La Régie ne pouvant pas sans inconvénient modifier ses types de tabac fort appréciés des fumeurs, il importe, comme le propose M. Ournac de créer un type nouveau ayant pour base les tabacs produits en France et en Algérie.

Un tabac clair, en coupe fine pour cigarette, (type Chebli) peut facilement être obtenu, il peut trouver une place à côté du Scaferlati.

Le monopole exercé par l'Etat ne peut pas se borner à des exigences financières, il doit aussi contribuer à augmenter la production nationale — et devrait-on

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