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ENSEIGNEMENT AGRICOLE

L'enseignement agricole, sous toutes ses formes, prend, dans la colonie, une place chaque année plus marquée, mais il est loin encore de correspondre aux besoins de l'Algérie. L'exemple des colonies et des pays anglosaxons d'outre-mer, les sacrifices qu'ils font pour répandre à profusion les publications, les champs d'études, de recherches et de démonstrations prouvent les bienfaits qu'un ensemble bien compris d'établissements d'enseignement et d'études agricoles peut procurer à un pays neuf en pleine évolution agricole. L'Australie, le Cap, le Canada et surtout les Etats-Unis ont multiplié les stations d'essais et les bulletins et les périodiques agricoles, et ils donnent plutôt à leurs écoles un caractère de station d'études que d'établissement d'enseignement.

C'est vers le même but que tend désormais le Gouvernement général de l'Algérie. Dans le réseau de stations qu'il organise autour de son établissement central, il s'attache à n'introduire dans le pays que de meilleures méthodes de culture et non pas des cultures nouvelles. Les essais de cultures tropicales, qui eurent jadis quelque vogue auprès des débutants de la colonisation, gens ardents et innovateurs, étrangers la plupart du temps aux choses de l'agriculture sont désormais bannis. Nous savons aujourd'hui que l'Algérie a parfois des chaleurs approchant celles des tropiques, mais qu'elle jouit par contre sur presque toute son étendue d'un climat vif et sec auquel il faut attribuer la salubrité générale du pays.

Le Gouvernement général dirige actuellement l'ensei-

gnenient agricole vers un but immédiatement pratique et on ne saurait mieux caractériser la tendance qu'en disant qu'il ordonne un enseignement non pas colonial mais algérien.

Le premier établissement d'enseignement agricole créé en Algérie fut le Jardin d'Essai du Hamma. Soumis à des conditions de sol, de climat tout à fait particulières, il est situé au pied d'une colline élevée et abrupte qui abritée des vents d'Ouest et préservée des vents d'Est viennent s'y écraser. La baie d'Alger qui la borde en égalise la température et lui fournit une humidité constante. Il est devenu naturellement un parc merveilleusement ombragé, véritable forêt vierge des tropiques, égarée sur le littoral algérien avec le reste duquel elle n'a rien de commun. Le Jardin d'Essai fausse les idées de ceux qui veulent y voir un établissement agricole algérien, comme il en serait pour celui qui voudrait apprendre à cultiver les plaines de la Brie dans les serres du Muséum. Le Jardin d'Essai est devenu un établissement d'Horticulture privé par suite de sa location à la Compagnie Algérienne (18(>8).

C'est pour remédier à cette situation que le Gouvernement général créa, en 1890, la Station botanique qu'il installa à Rouïba, au centre d'un des territoires de culture le plus fertile de la colonie. En pleine Mitidja, soumise à toutes les vicissitudes du climat et du sol tellien, la nouvelle Station était susceptible de donner des premiers résultats pratiques, dont les fruits devraient être successivement étendus à tout le sol de l'Algérie grâce à ses correspondants.

La colonie ne dispose point de ressources suffisantes pour créer de toutes pièces des réseaux d'établissements analogues à ceux qui fonctionnent aux Etats-Unis. Aussi

s'applique-t-elle plutôt qu'à vouloir créer, ce qui n'est pas le propre de la science ni de la pratique, à drainer au profil de l'Algérie les faits acquis par les études entreprises dans les universités et les stations agricoles des contrées qui jouissent de ressources puissantes, d'un climat analogue au nôtre, tels la Californie, les colonies Sud australiennes, le cap de Bonne-Espérance et le Japon.

C'est ainsi que sortirent de la station de Roulba, aujourd'hui transférée à Maison-Carrée, les indications qui amenèrent la plantation de nombreux vergers, l'introduclion de fruits à pépins résistants au climat, de fruits à noyaux améliorés, du Sapindus, l'amélioration des orangeries, des olivettes, de la culture du blé. du tabac, grâce à un meilleur choix des semences, des indications utiles sur les engrais et les assolements, en un mot tous ces mille rien qui font une culture prospère et en améliorant ses produits lui créer de nouveaux débouchés.

Afin de faire bénéficier la Colonie d'une façon plus directe à ces études et d'en hâter l'application à toutes les régions, M. Jonnart vient de décider, par arrêté du 13 janvier 1906, que le directeur du Service botanique est chargé de l'inspection et du contrôle des champs d'expériences et de démonstration, ainsi que des pépinières aux frais de fonctionnement et d'installation duquel contribue le budget de l'Algérie. Il a qualité à ce que pour donner aux professeurs d'agriculture, aux autorités locales ou associations, toutes indications et instructions d'un caractère technique.

Le Service botanique est autorisé à distribuer gratuitement aux correspondants choisis par la direction de ce service, les races ou variétés de végétaux ou de grai-

nés obtenues à la Station botanique par voie de semis, d'introduction, hybridation et sélection, il organise dans les différentes régions de TAlgérie des stations d'essais et des démonstrations pour les cultures nouvellement introduites et dont les chances de réussite ne peuvent* être définitivement appréciées à la Station botanique.

Parallèlement à la Station botanique et toujours dans le but de guider les efforts des agriculteurs, M. Jonnart, à également créé un service chargé des recherches spéciales à la reconstitution du vignoble et de toutes les études intéressant la vigne et ses produits.

Le service possède auprès d'Alger un vaste laboratoire de recherches viticoles et de vinification ainsi qu'un vignoble d'une dizaine d'hectares. Au service sont rattachées les pépinières de recherches d'Arzew et de Mascara et la collection ampélographique de Mondovi.

Les pépinières d'Arzew et de Mascara poursuivent l'étude des cépages américains, résistants en sols secs et calcaires et celle des produits qu'ils sont suceptibles de faire rendre à leurs greffons.

La collection ampélographique de Mondovi, près Bône, a été créée il y a cinq ans, par M. Révoil, elle comporte actuellement près de 2.000 variétés de vigne, dont toutes les phases de végétation sont soigneusement notées et tenues à la disposition des viticulteurs qui peuvent déjà y trouver des renseignements précieux, en particulier, des termes de comparaison impossibles à se procurer ailleurs.

La pépinière de Mondovi est, en effet, un établissement unique au monde.

Depuis deux ans déjà, il fait des distributions de

greffons et de boutures qui sont d'autant plus appréciés, que les viticulteurs qui viennent y puiser peuvent se rendre compte, sur place, de Tauthenticité du bois qu'ils reçoivent, de la qualité des raisins qu'ils voient sur pied et déguster les vins qui en proviennent.

Cette organisation comporte encore, à côté de la Station Botanique, un réseau de pépinières gérées par les professeurs départementaux, par les communes, par les comices et syndicats agricoles, dans le but de fournir aux colons des végétaux et en particulier des arbres fruitiers de variétés aptes à donner les meilleurs rendements dans les régiohs où ils sont éduqués.

Joint aux encouragements que le Gouverneur général ne cesse de prodiguer aux arboriculteurs, cette institution a amené sur toute la surface de l'Algérie un essor de plantations fruitières, dont les statistiques sont incapables de représenter l'ampleur.

Grâce aux subventions que le Gouvernement général accorde à ces pépinières, il a la main sur elles. Il peut diriger utilement et obtenir le maximum d'effets utiles d'efforts.

Trop d'exemples ont démontré qu'isolés ou abandonnés à une direction, parfois insuffisamment documentée, leur action reste stérile. Les trois professeurs départementaux algériens qui se partagent un territoire presque aussi grand que celui de la France, n'ont pu jusqu'ici, comme leurs collègues de France, trouver les documents nécessaires pour donner constamment à leur enseignement le caractère d'actualité qu'il comporte aujourd'hui, grâce aux travaux de la Station Botanique, grâce aux pépinières d'étude qu'entretient le service de la reconstitution.

Ils ont acquis des éléments d'étude qui améliorent considérablement leur enseignement.

Dans le département de Constantine, le professeur départemental est secondé par deux professeurs spéciaux d'agriculture qui résident à Sétif et à Bône. Le premier s'occupe particulièrement des questions d'élevage et de la culture de céréales, le second, a plutôt comme spécialité, la viticulture et l'élevage du gros bétail. L'enseignement ambulant est complété, dans le département d'Oran, par une chaire spéciale qui a son siège à Sidi-bel-Abbès, région particulièrement riche en céréales. Le titulaire de la chaire a créé, dans cette souspréfecture, avec l'aide du Comice agricole, un laboratoire de chimie qui a rendu les plus grands services.

Le déparlement d'Alger n'a pas encore créé de chaire d'arrondissement. Le professeur départemental y est du reste secondé par les chefs de travaux de rBk'ole d'Agriculture. La tendance, dans ce département, est du reste favorable à la création de chaires de spécialités, dont l'action s'étendrait sur tout le département, sous la direction du professeur départemental et le contrôle du directeur de la Station Botanique. Les agriculteurs considèrent que ce genre d'organisation offrirait plus de garantie au point de vue de la valeur de l'enseignement ambulant que le système des chaires d'arrondissement, qui ne diminuerait guère l'étendue ou déplacements, mais mettrait les titulaires hors de portée du seul centre d'études que possède la colonie et qui n'est autre qu'Alger.

Ce côté (le l'enseignement s'adresse aux colons. M- Jonnart, dès son retour en Algérie, a été frappé des moyens précaires d'éducation mis à la disposition des

débutants dans la carrière agricole, soit qu'il s'agisse uniquement d'immigrants, soit qu'il s'agisse, de fils de propriétaires algériens qui ne trouvaient dans la colonie que deux Écoles pratiques d'agriculture.

Sous les auspices du ministère de l'agriculture, il y a vingt et un an, que l'une d'elles a été créée à Rouïba sous l'habile direction de M. Décaillet. Elle produisit un grand nombre de jeunes agriculteurs qui, maintenant répandus dans toute l'Algérie, contribuent à lutter contre cette tendance, répandue non seulement chez nous, mais dans bien d'autres états encore, de dédaigner les études théoriques, sans lesquelles la meilleure pratique risque de piétiner sur place, et résoud souvent les plus durs labeurs en bonds successivement progressifs et rétrogrades.

En 1900 une autre École pratique avait été créée à Philippeville, son distingué directeur, M. Godard a su lui donner un renom qui la fait aujourd'hui trop étroite. Placée au milieu du vignoble reconstitué à Philippeville, dans les alluvions fertiles du Saf-Saf. elle est admirablement située pour initier les jeunes agriculteurs algériens de la vigne et à celle des primeurs.

Mais en 1905 cette école était destinée à rester seule par suite de la cessation du contrat qui unissait M. Décaillet à l'Etat, et ce dernier faisant connaître son désir de jouir d'un repos bien gagné par 25 années d'un travail opiniâtre. Le Gouvernement général, sentant la nécessité de remplacer l'école de Rouïba, a tenu de lui donner une organisation plus appropriée aux besoins du pays et conforme aux instructions ministérielles, étudia la création d'un établissement d'enseignement do l'agriculture, susceptible de devenir à la fois, station

de recherches agricoles, établissement d'enseignement supérieur de Tagriculture algérienne et école de spécialistes agricoles. Telle fut Torigine de TEcole d'Agriculture Algérienne de Maison-Carrée.

Cette création s'imposait d'autant plus que d'hier seulement on commence à entrevoir les ressources considérables que l'Algérie offre à l'agriculture. Il n'en pouvait être autrement dans ce pays très divers, dépourvu de traditions agricoles et où l'influence de l'altitude et la proximité du Sahara et de la Méditerranée provoquent des variations climatériques intenses.

Les essais se sont multipliés avec Taudace et le manque de suite qui caractérisent les pays neufs ; leur multiplicité a déroulé les nouveaux arrivants ; leur insuccès trop fréquent a découragé des bonnes volontés, tandis qu'à côté de ruines déplorables ou d'efforts insuffisamment rétribués, il suffisait d'une bonne méthode de travail pour augmenter dans les conditions les plus heureuses la production et pour ouvrir à des cultures rémunératrices, des régions nouvelles jusque là improductives.

Beaucoup de progrès ont été faits depuis vingt ans, et les méthodes propres au pays commencent sur plusieurs points à se dégager nettement ; mais les résultats obtenus ne marquent que plus nettement tout ce qui reste à faire et la nécessité de les coordonner.

Le Gouvernement de l'Algérie a pensé, à l'exemple de beaucoup de pays dont la transformation agricole est un des faits notables de l'histoire économique et moderne, qu'il fallait essayer de réduire pour les initiatives individuelles l'incertitude des recherches et le coût de l'inexpérience en remettant à un élablissement spécial le soin

de doter la colonie à la fois d'agriculteurs pratiquement préparés à cette tâche, et de procédés de culture, de fabrication ou de défense en rapport avec les besoins spéciaux du pays et leâ progrès modernes.

Il a pensé aussi qu'il était bon d'offrir aux jeunes gens de la Métropole, tentés par la vie agricole en Algérie, une institution où ils pussent faire, dans de bonnes conditions d'installation et d'instruction, leur acclimatement local et leur expérience professionnelle.

Tel est le plan qui a présidé à la création de l'École d'Agriculture Algérienne.

Orgmmalion, — La nouvelle Ecole ne vise en aucune manière au recrutement des carrières administratives.

Elle a groupé des professeurs et des chefs de travaux dotés d'une valeur scientifique incontestée qu'elle a recrutés parmi les praticiens instruits, les élèves diplômés des Écoles nationales d'agriculture, de l'Institution agronomique, les professeurs de la Faculté et des Lycées et les ingénieurs. Elle a acquis un outillage considérable de nature à leur permettre de résoudre pour tous les agriculteurs de la colonie et enseigner à leurs élèves les questions que soulève l'agriculture algérienne. Elle a reçu pour mission de rendre les jeunes gens capables de gérer intelligemment ou lucrativement leurs propriétés ou celles qui leurs seront confiées.

On espère y arriver en développant chez eux à la fois l'esprit d'initiative et l'esprit d'observation, en leur donnant des notions suffisantes de chacune des sciences qui touchent à l'agriculture, pour leur permettre, sinon d'accomplir eux-mêmes tous les travaux relatifs à la création et à la conduite d'une exploitation agricole, du

moins d'en surveiller Texécution et d'en contrôler la valeur en attirant leur attention, non seulement sur la production, mais sur la vente des produits, facteur essentiel de réussite, en les mettant en contact permanent avec la pratique agricole, soit sur le domaine de

Laboratoire (Salle de manipulations des élèves)

Técole, soit sur les domaines voisins, en les habituant enfin au maniement de la main-d'œuvre agricole.

L'École d'Agriculture est établie sur les coteaux de Maison-Carrée, à 12 kilomètres d'Alger. Elle est reliée à la capitale par un chemin de fer à forte circulation et un tramway électrique parlant trois fois par heure; située à deux kilomètres de la mer, elle en reçoit la brise; elle est voisine de plusieurs grands établissements industriels de la plaine, ainsi que de vastes et riches domaines.

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La facilité des communications permet aux parents qui ne veulent pas se séparer de leurs enfants, de les envoyer comme externes à TÉcole.

Le voisinage des domaines agricoles et des établissements industriels complète d'une manière heureuse les enseignements pratiques que les élèves trouvent sur la Ferme de l'École ; celle-ci a une superficie de 50 hectares ; 12 hectares sont spécialement affectés aux essais et aux études botaniques, placés sous la direction du professeur de botanique de l'École ; 44 hectares sont exclusivement réservés aux cultures qui ont déjà fait leurs preuves dans le pays et forment un vaste champ de démonstration qui est géré aussi pratiquement que le comporte une école où toutes les cultures doivent être représentées.

Cette organisation agricole est complétée par un groupe d'établissements de recherches et d'application en voie de formation comportant :

Une Station d'étude botaniqueet de pathologie végétale.

— d'essais de semences ;

— d'entomologie agricole ;

— de chimie agricole ;

— de microbiologie ;

— de viticulture et d'œnologie avec cave

expérimentale ;

— de technologie ;

— de météorologie ;

Une vacherie, une laiterie avec fromagerie, un rucher, une petite jumenterie spécialement affectée à l'élevage du cheval de trait, un atelier de menuiserie et mécanique complètent l'exploitation.

L'eau nécessaire aux cultures irriguées est amenée sur le point culminant par un puissant appareil élevatoire qui peut élever journellement 750 mètres cubes ; il est alimenté par une double nappe inépuisable.

L'École d'agriculture algérienne reçoit des internes, des externes, des auditeurs libres, des auditeurs spéciaux temporaires et des stagiaires.

Le nombre maximum des internes est fixé chaque année par le Gouverneur général. Il n'y a pas de limite pour les externes.

Les heures d'entrée et de sortie sont combinées de telle sorte que les élèves puissent habiter Alger et se rendre à l'Ecole par les trains ordinaires.

Des auditeurs libres sont autorisés à suivre les cours, ils peuvent morne prendre part aux diverses manipulations de laboratoires ou exercices pratiques dans des conditions fixées par le Directeur de l'Ecole et ne sont soumis à aucune condition d'âge.

L'Ecole a institué un enseignement pratique de spécialités pour les colons. A cet effet, elle admet des auditeurs temporaires qui peuvent suivre, pendant quelques jours, des cours spéciaux où sont traités d'une façon essentiellement pratique les questions d'actualité : vinifications ordinaire et spéciale, greffage et taille de la vigne et des arbres fruitiers, laiterie, préparation des conserves et des confitures, cultures spéciales, etc.

La durée normale des études est de deux années. Les anciens élèves de TEcole qui s'en sont montrés dignes, les élèves diplômés de l'Institut national agronomique, des Ecoles nationales d'agriculture de France sont admis comme stagiaires, pendant une année, dans les laboratoires et peuvent y compléter leur instruction technique.

Malgré un examen d'entrée assez difficile, près des deux tiers des places ont été occupées dans Técole naissante et le soin que Ton a eu d'y adapter les cours à l'agriculture du Nord de l'Afrique a attiré sur elle l'attention dès le début Ce ne sont point en effet des colons pour les pays tropicaux, ni pour les pays froids que le personnel enseignant se préoccupe de préparer, mais uniquement de futurs colons rompus aux difficultés du climat et du sol à la connaissance des populations de TAIgérie et du Maroc, et c'est là ce qui a assuré le succès du nouvel établissement.

Greffée à l'Ecole supérieure, recevant ses cours des mêmes professeurs, une Ferme-école forme les chefs de culture et les ouvriers spéciaux toujours si rares dans les pays vieux, même ceux où comme en Algérie la main d'oeuvre est abondante.

On sait qu'il est très difficile de s'y procurer de bons premiers garçons, de bons charretiers, des bouviers, des vachers, des aviculteurs, des magnans, des vignerons, des cavistes, des arboriculteurs, des maraîchers expérimentés. Dans la nouvelle Ferme-école, on ne s'attache plus, comme dans les écoles pratiques, à donner aux jeunes gens une instruction générale. On n'y poursuit qu'un but, celui de faire d'excellents spécialistes qui gagneront largement leur vie en rendant service à la colonie. C'est surtout en cela que l'École pratique de Maison -Carrée diffère des écoles pratiques qui l'ont devancée (1).

(1) Le Gouvernement général de l'Algérie et la Direction de rÉcole tiennent à la disposition du public le programme de l'École et tous renseignements secondaires qui leur sont demandés.

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