‹ L'Algerie ancienne et nouvelleChapitre 13 sur 19 · HO · texte numérisé non relu

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nos colons massacrés : la révolte éclatait sur tous les points.

'Cependant le gouverneur général, surpris par cette attaque imprévue, faisait replier toutes ses troupes sur les postes principaux et pressait le ministre de lui envoyer des renforts; bientôt après, il reprenait l’olTensive et attaquait, entre Blidah et la Chiiïa, les forces réunies des beys de Médéah et de Milianah,* soutenus par Tinfanterie régulière de l’émir. Le combat fut des .plus vifs : les Arabes, abordés à la baïonnette, ne purent soutenir le choc et se débandèrent, laissant en notre pouvoir trois drapeaux, une pièce de canon, quatre cents fusils et près de cinq cents cadavres.

Les Kabyles ne furent pas plus heureux : cédant aux injonctions d’Abd-el-Kader, ils attaquèrent le poste du Boudouaoii ; mais leurs efforts vinrent se briser contre la résistance de la garnison : après une lutte qui avait duré douze heures, ils abandonnèrent le champ de bataille sans consentir même à revoir le Sultan. — A la nouvelle de cette désertion, l’émir proféra un terrible anathème : « Voilà donc ces fiers montagnards !... » dit-il à Ben Salem. Puis, regardant le ciel : a Que leurs vœux, s’écria-t-il, ne soient jamais exaucés ! que jamais leur prière ne soit accueillie ! qu’ils vivent dans l’opprobre et la misère! qu’ils tombent assez bas pour qu’un misérable juif puisse les soumettre à son pouvoir!... » — Les Kabyles pourtant sont braves!

L’insurrection gagna jusqu’aux tribus qui nous étaient soumises et remettait en péril l’existence

de la colonie. Le ministère, répudiant le système des demi-mesures , expédia en toute hâte les troupes et le matériel nécessaires pour soutenir avantageusement la lutte , et enjoignit au gouverneur de prendre l’offensive.

Dès le mois de janvier, les hostilités commencèrent sur tous les points ; à l’est, les Kabyles assiégeaient nos garnisons de Bougie et de Djigelli ; à l’ouest, Oran et Mostaganem étaient chaque jour attaquées.

Le gouverneur, fatigué de cette guerre d’escarmouches, résolut de s’emparer de Médéah, et laissa au duc d’Orléans la conduite de l’expédition.

Les troupes partirent de Bouffarick le 24 avril , et arrivèrent peu de jours après au col de Mouzaïa.

C’était là que nous attendait Ahd-el Kader.

Des retranchements armés de batteries couronnaient la montagne, et sur le point le plus élevé une redoute formidable avait été construite.

Six mille Arabes des plus aguerris défendaient le passage.

Le duc d’Orléans distribua ses forces en trois colonnes : la preniière devait se diriger sur le piton de gauche et s’emparer des relranchemenls^la deuxième , gravir par la droite jusqu’au col, et prendre les Arabes à revers; la troisième, aborder le col de front. — ■ A trois heures du matin (42 mai), le canon donne le signal de l’attaque: la première colonne s’ébranle et gravit la montagne au pas de charge ; mais les réguliers tiennent bon et disputent le

terrain pied à pied ; on se presse , on se poursuit, on se bat corps à corp& : rart-illeFie de la redoute tire à toute volée et creuse nos rangs ; les vides se comblent, et après d’héroïques efforts la colonne reste maîtresse d’un mamelon.. Les deux autres colonnes se mettent aussitôt en mouvement, escaladent les hauteurs et trouvent sur tous les points une résistance désespérée : Schramm, Lamoricière, Changarnier, rivalisent d’audace et enlèvent leurs troupes; la redoute seule tient encore ; on l’assaille avec un redoublement d’énergie, et les Arabes sont contraints de l’abandonner. Le col est occupé; le passage est franchi ! — Cinq jours après, on arrivait à Médéab.

Le duc d’Orléans laissa dans la ville une garnison de 2,400 hommes aux ordres de Gavaignac et reprit le chemin d’Alger.

Peu de temps après, une nouvelle colonne, commandée par le- général Gliangarnier, prit possession de Mrlianah qu’Abd-el-Kader avait eu soin de détruire en partie.

Ges deux affaires, quoique très honorables pour nos armes, ne changèrent rien à la situation. Les tribus alliées désertaient' notre cause, ou, tout en gardant une stricte neutralité, faisaient des vœuTÈ ardents pour le triomphe de Pislamisme. Nos troupes étaient sans cesse harcelées- et les colons soumis à de perpétuelles inquiétudes. Et puis, il faut bien l’avouer, la gœrre était mal conduite : nous combattions ea marchaut d’un point à im autre , dans un pays "’ridenté, que nous connaissions mal; les Araf-

) by Cioogle

bes, au contraire, embusqués dans une position toujours difficile à enlever, attendaient, à l’abri, le passage d’une colonne ou suivaient, de buissons en biussons, une arrière-garde toujours contrainte de parcourir, dans sa retraite, des terrains découverts: ces luttes répétées nous coulaient beaucoup de monde. Il fallait, de toute nécessité, changer de tactique et saisir enfin un adversaire jusqu’alors insaisissable. Or, le maréchal Vallée n’étfwt plus d’âge à tenter pareille entreprise: il demanda et obtint son rappel (décembre 1840).

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