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GOUVERNEMENT DU GÉNÉRAL BUGEAUD

(Décembre IgW. — Septembre 1817.)

Louis-Philippe avait sur l’Algérie des vues particulières : il voulait à la tête de la colonie un homme sur lequel il pût absolument compter, et qui, le cas échéant, osât prendre sous sa propre responsabilité telle mesure que les Chambres pouvaient désapprouver. Il lit choix du général Bugeaud.

Le parti qui demandait l’occupation restreinte comptait comme une victoire le rappel du maréchal Valtée, et il avait à ce point égaré l’opinion qœ le ininistère fut contraint de donner au général Berthoîs la mission d’élever dans la Mitidja un obstacle continu.

Mais tandis qti’on discutait à Paris sur les différents modes d’occupation de la Régence, le

général Bugeautl se préparait à la guerre en homme qui la comprend : frapper l’ennemi dans ses bases d’opération et dans ses points d’appui politiques, atteindre les populations hostiles dans leurs intérêts matériels, c’est-à-dire poursuivre Abd-el-Kader à outrance et opérer dans les tribus de fréquentes razzias, tel fut son système ; — et ce fut en l’appliquant qu’il démolit pièce à pièce l’édifice de l’émir..

Abd-el-Kader avait réuni toutes ses rfssources à Boghar, à Tekedempt et à ïhaza. Le général Bugeaud annonça son intention de ruiner ces forteresses, réputées imprenables.

Il partit de Mostaganem à la tête d’une colonne de 8,000 hommes, arriva sous les murs de Tekedempt, et, après un engagemenf assez vif avec les réguliers, pénétra dans la ville que les Arabes venaient d’abandonner. La citadelle détruite et les remparts abattus l’armée se dirigea sur Mascara dont elle prit possession, puis revint à Mostaganem,

Le général Baraguay-d’Hilliers parcourait, à la même époque , tout le Bas-Chélif et remportait de précieux avantages : partie^de Blidah, sa colonne détruisit Boghar et Thaza, puis , après avoir châtié quelques tribus, rentra dans ses cantonnements.

Ces deux expéditions prouvèrent aux Arabes que nous saurions les atteindre partout où il nous plairait de les poursuivre. Mais le succès fut chèrement acheté : dans cette guerre de partisans, « lutte du lion contre le moucheron, » les indigènes s’étudièrent à fatiguer leurs adversai-

res, et le courage de .nos soldats fut mis à de •terribles épreuves.

La campagne d’automne ne fut pas moins heu • reuse. Saïda, place de guerre située à dix-huit lieues sud de Mascara, fut prise et détruite par la division d’Oran, et plusieurs tribus importantes se séparèrent d’Abd-el Kader.

L’année suivante (1842) s’ouvrit sous d’heureux auspices. Les Arabes, fatigués d’une lutte qui paralysait leur commerce et décimait leurs lamilles , désiraient la paix. Abd-el-Kader était rédLiit à se défendre; — et, pour la première Lois depuis son avènement au trône, Louis-Philippe exprima publiquement son opinion du sujet “de l’Algérie : «J’ai pris, dit-il dans son discours aux Chambres, des mesures pour qu’aucune complication extérieure me vienne altérer la sûreté de nos possessions d’Afrique. Nos braves soldats poursuivent sur une terre désormais et pour toujours française le cours de ces nobles travaux auxquels je suis heureux que mes fils aient l’honneur de s’associer. Notre persévérance achèvera l’œuvre du courage de notre armée, et la France portera dans l’ Algérie sa civilisation à la suite de. sa gloire. »

Bugeaud ne se payait point de mots : — « Qui veut la ûn veut les moyens, » aimait-il à redire, et il réclama des renforts. On mit à sa disposition 80,000 hommes, et les députés votèrent les crédits demandés pour l’Algérie.

Le général Bugeaud reprit les armes et suivit à la lettre le plan qu’il s’état tracé. Des colonnes mobiles rillonnèrent le pays dans tous les seui,

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