‹ L'Algerie ancienne et nouvelleChapitre 16 sur 19 · XV · texte numérisé non relu

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.joars se passent-: .les assiégés n’ont plus ni inu- 'nitions, ni yivres; ils :se précipitent en avant, traversent la ligne de blocus et gagnent un ravin où ils comptent se reposer; mais les Arabes .accourent .comme des bêtes fauves et les entourent ; il faut livrer un nouveau combat. Les chasseurs jettent leurs fusils, .désormais inutiles, et, la baïonnette au poing, s’élancent en .désespérés contre l’ennemi. Sur quarante quiresteat, vingt-sept succombent ; treize seulement échappent au massacre et sont recueillfspar la garnison de Djemma-Gazaouat qui venait à leur secours.

Abd^el-^Kader avait vengé les Ouled-Riah.

Cependant, le maréchal Bugeaud revenait à la bâte prendre le commandement des troupes : il devait faire face à tout, -n'abandonner ni une position, ni un allié, et empêcher que l’insurrection gagnât le. Sahel et la Mitidja. Il fit tout cela.

•L’ennemi se fractionnait, .allumant partout des foyers de révolte ; le maréchal imita ^ses efforts. Quatorze colonnes., toujours actives, toujours convergentes, sillonnèrent le pays. — A dater •de cftîifee époque, les événements se précipitent ; ■les Arabes, reconnaissant leur Impuissance, renoncent à une lutte ouverte : ils tuent et ils pillent. Les lieutenants d’Abd-el-Kader vont donner eux-mêmes le signal de l’assassinat :

La deira était venue camper sur la frontière du Maroc : là se trouvaient, sous la garde des réguliers, cinq cents prisonniers français occupant une vingtaine de gourbis au milieu du

•camp- — Le 27 avril 1846, dans le courant de la journée, des cavaliers viennent , au nom de Ben-Themi, cliercher les ofliciers, invités à. une fête donnée par le kalifa ; à la nuit tombante, les prisonniers restants sont passés en revue, puis séparés par groupes de sept à huit ; chaque groupe est placé dans un gourbi, sous la garde de vingt-quatre hommes. Vers minuit, un grand icri se fait entendre : c’est Je signal du massacre. Une lutte horrible s’engage alors : les prisonniers font arme de tout et cherchent à se frayer un passage; . mais les Arabes les fusillent à hout portant...

Une heure après, tout bruit avait cessé, et les auteurs <ou les -complices de cette odieuse •exécution se dispersaient dans les douars.

Dès qu’il eut connaissaoiice de cette catastnophe, le général Cavaignac »se porta sur la frontière du Maroc pour .recueillir les hommes échappés au massacre;; mais ses recherches furent infructueuses.: deux soldats seulement avaient pu fuir!...

En .France , comme en Afrique, l’indignation fut générale ; le gouverneur annonça qu’il sévirait avec la dernière rigueur contre les tribus qyi recommenceraient la guerre. Les commandants de division reçurent l’ordre de comprimer, avec un redoublement d’énergie, toute tentative de révolte, et ces instructions furent strictement remplies.

Seul, BousMaza tenait encore la campagne. — Après s’être séparé d’Abd-el-Kader, idont il blâimait la prudence et dont il se ‘.déliait, il avait

repris, à la tête d’une troupe de vagabonds, ses courses aventureuses. Mais repoussé par les . Arabes, traqué de tous côtés par nos troupes, il se fit conduire auprès du commandant d’Orléansville :

— « C’est à toi que j’ai voulu me rendre, dit-il au colonel Saint-Arnaud, parce que tu es celui des Français contre lequel j’ai le plus souvent combattu. » Le célèbre agitateur parodiait ainsi, et sans le savoir, le mot de Napoléon au régent d’Angleterre.

Après dix-huit mois d’une lutte acharnée, l’insurrection, qui du Dahra avait gagné toute la Régence, était enfin comprimée.

Le maréchal Bugeaud résolut alors de sévir contre quelques tribus de la grande Kabylie, dont il avait à se plaindre. Deux colonnes partirent, l’une d’Aumale, l’autre de Sétif, et se dirigèrent sur Bougie. — Cinquante-cinq tribus, comprises dans le triangle formé par Hamza, Sétif et Bougie, reconnurent l’autorité de la France : c’était un succès inespéré.

Cette expédition fut la dernière que commanda le maréchal ; bien que son œuvre ne fût point encore achevée, il donna sa démission. — Ce fut le duc d’Aumale qui le remplaça.

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