‹ L'Algerie ancienne et nouvelleChapitre 3 sur 19 · ST · texte numérisé non relu

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flammes, eL si grande- fut ki consiernatioa des habitante, que le P. Le Vacher vint am nom du Conseil demander la paix, Duquesne exigea, avant d^entamer aucune négociation, que tous les^esclavea chrétieraa lui fussent livré»,. Le Divan céda 2L cette; inÿuECtioD, et renvwya six centsprüsonniers, promettant de livrer sous peu cfe jiours ceu.x qui étaient hors de la; place. Mezzo -Morte, chef de la marine algérienne, et Ali-Reïs, capitaine de vaisseau, furent livrés comnae: ôJages.

Comme dernière conditioui, Duquesne r^lamait une forte indemnité pour couvrir les armateurs fiTaiaçais des pertes qu’ils avaient essuyées ; en- droit, rien n’était plus juste. Les Turcs, cependant, se soulevèrent contre ime pareille exigence et enjoignirent au bey de refuser, dût la ville disparaître sous les décombres. — A cette aouivelle, Mezzo-Morte va trouver le commandant de l’escadre, et le supplie de Lui rendre la liberté, affirraani que sa seule présence apaisera la; révolte. Duquesne cède ; Mezzo-iMorte rentre dans Alpjr, se rend auprès du hey, le poignarde, et se fait proclamer chef de la- Régence.

Duquesne, ignorant ce qui s’était passé, atte-;;doit toujours... Mezzo-Morte prit soin de l’en instruire: il envoya un prisonnier françaiis ra- , conter ce qu’il avait vu, et déclarer que, si les galiote» ne cessaient pas immédiatement leur feu, on raettrai-t lé» chrétien» à la bouche des canons turcs. — Le bombardement recommença, et le bey tint parole. Le P. Le Vacher fut attadié à la bouche d’un canon, et ses membres mutilés vinrent tomber sur nos vaisseaux. — Qua-

rante prisonniers subirent le même sort (1).

Cette hideuse exécution appelait des représailles; malheureusement, les bombes vinrent à manquer, et Duquesne fut obligé de faire retraite. Il n’avait pu, faute de temps et de munitions, forcer les pirates à se rendre ; mais il avait incendié leurs navires, ruiné leur ville, et il ramenait avec lui six cents esclaves : l’honneur de la France était sauf.

Cependant, il fallait en finir : l’année suivante (1684), M. de Tourville revint avec une nombreuse escadre pour appuyer M. Dussault, notre ambassadeur, lequel était chargé de traiter directement avec Mezzo-Morte. Les négociations aboutirent, et la paix fut signée.

La politique cauteleuse de l’Angleterre obligea bientôt Louis XIV à reprendre les hostilités. Il semblait, en elTet, que la France dût exercer dans les Etats barbaiesques une certaine prépondérance. En vertu des traités particuliers avec Tunis et Tripoli, notre commerce jouissait de privilèges exceptionnels, et le roi tenait essentiellement à ces immunités, prix de lourds sacrifices Les Anglais firent si bien, cependant, que notre iiilluence s’éteignit peu h peu, et qu’ils . obtinrent pour leurs établissements les conditions les plus avantageuses: où la France avait semé, ils voulaient récolter. — Louis XIV s’en plaignit, et le maréchal d’Estrées, qui venait

(I) La i)i(>ce à laquelle fut aünelié le P. Le Vacher fut apiieli'e la. Cnnsitlairc : elle fut j»rise eu 1830 et transportée à Brest. On l’y voit encore, dressée debout, et formant une colonne inoiiuinenlale..

d’êire nommé vice-amiral, reçut l’ordre de se présenter devant Tunis, « tant .pour demander raison des contraventions faites à l’ancien traité de paix que pour en faire un nouveau. » Le roi demandait en faiveur de nos nationaux le droit de faire le commerce des blés et la pêche du corail au cap Nègre, à l’exclusion de toutes les autres puissances.

Le maréchal allait s’embarquer lorsque le roi, changeant l’itinéaire de l’expédition, lui enjoignit de se rendre à Tripoli et de bombarder la place. L’escadre mit aussitôt à la voile et vint mouiller devant le port (juin 1685). M. de Tourville dirigeait l’attaque : les galiotes prirent leur poste de combat et commencèrent le feu. Toute résistance était impossible : les Tripolitains le comprirent et demandèrent la paix. — L’amiral posa trois conditions préalables ; 1“ restifution de tous lès esclaves; 2® restitution de tous les effets et marchandises pris sur les sujets du roi,' ou la valeur en argent ; 3® remise de dix otages choisis entre les principaux officiers du divan pour demeurer h Toulon jusqu’à l’entière restitution des esclaves absents. — Les otages et les prisonniers furent livrés; l’indemnité, réduite d’un commun accord à 125,000 écus, fut soldée, partie en numéraire, partie en marchandises de toutes sortes.

Tunis fit également sa soumission : les esclaves furent rendus, et les Tunisiens payèrent les frais de la guerre.

Quelques années plus taixl, la paix que Tourville avait conclue avec les.\lgériens fut rompue

par ces derniers, qui recommencèrent leurs pilleries; les pertes de notre commerce devinrent si considérables que Louis XIV dut prendre des mesures énergiques. Le maréchal d’Estrées reparut devant Alger (juin 1688), et ses galiotes ' jetèrent dans la ville près de dix mille bombes. Mezzo-Morte, fidèle à ses habitudes, fit subir à notre consul, M. Piolle, et à plusieurs prisonniers de distinction le supplice qu’avait enduré le P. Le Vaclier. L’amiral s’en vengea sur les Tur>',s qui étaient à son bord, puis regagna Toulon.

Ces différentes expéditions ne rapportaient à la France aucun profit, et nécessitaient d’énormes dépenses. Louis XIV, qui avait besoin de toutes s s forces pour tenir tête à la coalition des grandes puissances européennes, fit proposer, par l’intermédiaire du dey de Tunis, de nouvelles négociations. Le dey réussit : les traités antérieurs furent modifiés au profit des Algériens, et la paix fut définitivement conclue : elle dura plus d’un siècle. — Ce fut pour obtenir la ratification de ce traité que le divan envoya une ambassade solennelle à Paris (1688).

Bien que son autorité fût souvent méconnue, le Grand-Seigneur n’en était pas moins le chef nominal de la Régence : c’était lui qui nommait le pacha d’Alger et qui sanctionnait l’élection du dey.

Entre ces deux fonctionnaires, dont l’im représentait raulorité royale, Tautre la milice et le peuple, il devait y avoir et il existait effectivement une sourde rivalité : le pacha parlait au nom du maître, et, pour faire respecter son

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pouvoir chaque jour plus compromis, adressait plainte sur plainte à Constantinople, ou intriguait à Alger; le dey, fort de l’appui que lui prêtaient les janissaires, agissait sous leur inspiration et bravait le gouverneur. Cette constante rivalité engendrait l’anarchie et provoquait parfois de sanglantes révolutions. Baba-Ali, qui venaitd’être porté au deylikat (1710), prit, dès les premiers jours deson avènement, un parti décisif.

Son élection n’avait été contestée par personne. Bientôt, cependant, il se forma au sein de la milice et du divan une puissante opposition, dont le pacha-gouverneur était l’ânae et le chef. Une catastrophe pouvait s’ensuivre : Ali fit arrêter les principaux conjurés, puis saisir et jeter sur un navire en partance pour Constantinople le représentant de la Sublime-Porte, lui défendant, sous peine de mort, de reparaître dans la Régence.

Le fait était grave : chasser le pacha, c’était outrager le sultan qui l’avait nommé. Mais Ali était un politique habile : pour atténuer l’accusation dont il allait être l’objet, il accusa luimême. 11 fit partir pour Constantinople un ambassadeur chargé d’exposer la situation et de justifier sa conduite. Depuis longtemps, dit l’envoye, les pachas semaient dans la ville le trouble et le désordre, et déconsidéraient l’autorité souveraine ; la milice et le peuple s’en plaignaient à bon droit, et, pour mettre un terme à ce honteux scandale, tous priaient l’empereur de supprimer l’emploi de ces fonctionnaires inutiles, et de conférer au dey le titre de pacha.

L’ambassadeur d’Aii fut d’aulaut plus persua- ' sif qu’il appuyait ses arguments de cadeaux magnifiques : le visir et les grands-officiers du st^inil furent promptement convaincus de la légitimité de ses réclamations, et le dey gagna sa cause.

Du jour où Tunité de pouvoir et de commandement fut concentrée entre les mains du dey, rOdjeac devint indépendant et se transforma en une république militaire : de nouvelles lois déterminèrent les droits et les devoirs du chef électif, ainsi que sa responsabilité ; on reconstitua l’administration politique; la milice, qui seule avait droit au vote, fut souv*^^*raine et maîtresse; et, sous l’empire d’un système qui avait l’égalité pour base, chaque soldat put atteindre au poste le plus élevé.

De ce jour encore, la marine algérienne prit <me rapide extension. Les reïs empruntèrent aux Génois leurs plus habiles constructeurs; au lieu de 1 migres et de barques, ils eurent, pour faire la course, des bâtiments pontés et se livrèrent avec un redoublement d’ardeur à la piraterie : mais, tout en pillant les navires de la chrétienté, ils cessèrent de commettre sur leurs prisonniers les actes de barbarie que nous avons signalés.

11 semble que le contact des Européens adoucissait leurs mœurs.

La France et l’Angleterre avaient forcé les ) pirates à respecter leurs pavillons; mais les autres peuples de la chrétienté, moins résolus ou moins fprts, osaient à peine envoyer leurs vaisseaux dans la Méditerranée La marine espa-

gi\ole était particulièrement en butte aux attaques des corsaires : le commerce en souffrait ; sous le règne de Charles III, les Algériens commirent de si grandes dévastations sur les côtes d’Espagne et de Naples, que la cour de Madrid résolut d’attaquer et de détruire Alger. — On confia le commandement de l’expédition au général O’Reilly.

L’escadre partit deCartliagène le 23 juin 1774 ; elle portait 23,000 hommes de troupes, tant infanterie que cavalerie, un équipage de plus de 100 bouches à feu de siège ou de campagne et un matériel considérable. — O’Reilly devait commander les troupes de terre ; les forces navales furent confiées à l’amiral Gastejon.

Les Espagnols opérèrent leur débarquement à une lieue de l’Arach, du côté de la ville, et vinrent se ranger en bataille, l’aile droite au bord de la iner, l’aile gauche parallèlement à des monticules couverts de cactus et d’aloès (8 juillet). — Jamais, disent les mémoires du temps, descente ne fut aussi tranquille, aussi prompte, aussi heureuse ; les Algériens ne pensèrent pas même à s’y opi'oser. « Leur inaction fut telle, qu’elle ressemblait à l’indifférence de spectateurs partailement neutres, qui regardent une manœuvre militaire sans autre intérêt que la curiosité. »

Mais bientôt les Turcs et les Kabyles s’ébranlèrent : les Espagnols marchèrent à leur rencontre. La bataille n’était point encore engagée, que la première brigade, sous les ordres du marquis de la Romana, se sépara du corps de

l’armée pour débusquer les Maures qui couvraient les hauteurs. Les Espagnols se trouvèrent subitement engagés au milieu des buissons, dans des sentiers étroits, et livrés presque sans défense au feu meurtrier des Arabes embusqués derrière les broussailles. Leur position n’était pas tenable : ils se replièrent en désordre jusqu’au rivage.

La deuxième brigade, qui venait de former ses lignes, rallia les fuyards et engagea l’action. Tout d'abord, son artillerie jeta le désordre parmi les assaillants ; mais les Maures se mirent à l’abri derrière leurs chameaux- et conlinuèrent leur feu. O’Reilly voulait gagner la montagne et s’y établir : un gros de cavalerie arabe arrêta son mouvement. Le soir même, les troupes du dey, dont le nombre grossissait d’heure en heure, se ruèrent sur les Espagnols et les culbutèrent.

O’Reilly dut commander la retraite. — Ramenés sur la plage, entassés pêle-mêle avec le matériel et les chevaux, sans retranchements, sans vivres, décimés par les batteries qui croisaient leur feu sur toute la longueur du camp, les Espagnols passèrent une nuit horrible. Le lendemain, à l’aube du jour, comme ils voulaient reprendre l’offensive, ils se virent cernés par une nuée d’Arabes : officiers et soldats furent aussitôt frappés d’une telle épouvante, que le général ordonna le rembarquement immédiat dns troupes, laissant à l’ennemi une partie du matériel.

Cinq ans après, la cour de Madrid, libre de toute inquiétude du côté de l’Angleterre avec laquelle la paix était conclue, décida une nou-

velle expédition contre la .Régence, et chargea l’amiral Barcélo de réduire xVlger.

L’amiral doutait de ses troupes et de luimême : il bombarda la ville pendant huit jours, sans y causer de grands dégâts, puis revint prestement à Carthagène. — L’année sukante, il prit le commandement des escadres combinées d’Espagne, du Portugal et de la Sicile, et se représenta devant Alger. Cette fois encore, il brûla beaucoup de poudre, « mais les Algériens prouvèrent aux puissances alliées qu’il fallait, pour les réduire, des forces beaucoup plus imposantes. n — Ces deux expéditions avaient été décidées sur les conseils du premier ministre Florida-BIanca, lequel avait dit bien haut qu’il allait «apprendre à l’Europe comment on devait traiter les pirates. » Mais l’insuccès de Barcélo * le rendit plus modeste et tempéra son humeur guerrière. Persuadé que l’or de l’Espagne serait plus eflicace que ne l’avaient été ses boulets et ses bombes, il chargea M. d’Expilly d’entamer des négociations avec Alger. Peu après, M. Mazaredo reçut pleins pouvoirs pour conclure, et acheta la paix au prix de quatorze millions de réaux.

La Régence s’était engagée à laisser notre marine parcourir librement la Méditerranée, et à protéger nos possessions : elle tint longtemps parole; mais lors de l’expédition d’Egypte (1798), elle fut invitée par le sultan de Constantinople â rompre avec la France, et les corsaires, dont on avait surexcité le fanatisme religieux, firent à nos vaisseaux marchands une guerre acharnée. On

expulsa de leurs comptoirs les négociants qui résidaient à La Galle et à Bône *, puis, au mépris du droit des gens, le consul de la République, Dubois-Thinville, fut arrêté, conduit à Constantinople et incarcéré au château des Sept-Tours. Par représailles, le Directoire lit enfermer au Temple Sidi-Abou-Kaïa , envoyé extraordinaire d’Alger à Paris.

ke dey (Mustapha III), qui avait avec le comme. de Marseille d* s intérêts particuliers, profita des événements de brumaire pour envoyer un nouvel ambassadeur faire des propositions de paix. Le premier consul répondit avec hauteur : le chef de la Régence, qu’effrayait le souvenir de l’expédition d’Egypte, renouvela ses excuses: un armistice fut d’abord conclu (20 juillet 1800). L’année suivante, Dubois-Thinville, rendu libre par le traité d'Amiens, signa avec Mustapha un traité définitif: nos établissements nous furent rendus, la Compagnie d’Afrique jouit de ses anciennes prérogatives, et remise fut faite, comme indemnité, d’un an de droits pour la pêche du corail (27 décembre 1801).

Cependant le « bon vouloir » dont le dey d’Alger se disait animé pour les négociants français fil bientôt place à une opposition systématique : l’Angleterre, qui venait de détruire notre marine à Trafalgar, fil agir ses consuls sur l’esprit craintif de Mustapha et obtint, moyennant une redevance annuelle de 267,000 francs, l’entière jouissance des concessions qui nous avaient été garanties (1807). Napoléon ressentit vivement cette injure, et il eut un moment l’intention de

porter la guerre dans les Etats barbaresques ; les événements qui occupaient l’Europe l’en empêchèrent; mais il donna l’ordre au capitaine de génie Boutin d’explorer les côtes de la Régenf-e, et de relever avec une scrupuleuse exactitude tous les. points du littoral. — Nous verrons plus tard combien cette exploration nous fut utile.

A l’Empire succéda la Restauration. Le gou-' vernement de Louis XVIII ouvrit de nouvelles négociations avec le chef de l’Odjeac : M. Deval fut envoyé à Alger en qualité de consul général (mars 1816) ; il avait à sa disposition une somme de 478,891 francs pour faire droit aux plus pressantes réclarnatinns des Algériens, réclamations qui portaient sur une vieille créance dont nous expliquerons l’origine [affaire Busnac et Bacri).

M. Deval devait sa nomination à de hautes influences : on croyait pouvoir compter sur lui, parce qu’il avait longtemps vécu à Constantino- •ple, au milieu des Orientaux, dont il connaissait mieux que personne les usages et l’esprit d’intrigue; mais il était sans énergie et n’avait nul souci de sa dignité. Dans ses rapports officiels avec le gouvernement d’Alger, il devait tenir un langage ferme et digne, ainsi qu’il convient au représentant d’une grande nation : il se montra, tout au contraire, humble, souple, presque soumis. C’était le dernier homme qu’on eût dû> choisir.

Son premier soin fut de demander le rétablissement de nos comptoirs, moyennant la redevance annuelle fixée, en 1790, par conventionspéciale, à 80,000 fr. ; mais les Anglais avaient

payé trois fois davantage ces mêmes privilèges : aussi Omar- Pacha, le dey régnant, exigeait-il de nous 270,000 fr., non compris les cadeaux d’usage. On discuta longtemps, puis on fit de mutuelles concessions, et M. Deval signa une convention qui arrêtait à 21-4,000 fr. le chiffre des redevances tant en principal qu’acceSsoires. Le dey exigeait, en outre, un prélèvement annuel de trois quintaux de corail; deux pour la Régence et un pour le bey de Gonstantine (1817). La cour de France ratifia ce traité. — Peut-être Omar se fût-il montré plus tenace s’il eût été plus fort; mais il était encore sous l’impression du châtiment que lui avait infligé lord Exmouth, ensuite de faits dont nous allons parler.

Après la première abdication de Napoléon, les rois s’étaient réunis en congrès pour former, disaient-ils, « une sainte alliance et assurer la paix du monde. » L’Angleterre, toute puissante alors, reçut mission d’employer son influence . auprès des Etals barbaresques pour faire cesser l’esclavage des blancs. — En vertu de cette décision, l’amiral lord Exmouth se présenta devant Alger (avril 1816) et s’offrit comme médiateur entre le dey et les rois de Sardaigne et de Naples, dont plusieurs navires avaient été capturés par les pirates. Le négociateur se montra de si facile composition que la paix fut conclue; mais les principales cours de l’Europe protestèrent avec énergie contre la faiblesse de l’amiral, et le ministère anglais dut désavouer son envoyé.

Lord Exmouth reçut l’ordre de réclamer immédiatement la mise en liberté de tous les esclaves

chrélieiî.s, et la restitution des sommes payées par les rois de Naples et de Sardaigne pour le rachat de leurs sujets esclaves.

L'amiral revint à Alger; il y fut mal accueilli. Le dey s’emporta contre l’Angleterre, qui, à un mois d’intervalle, violait ainsi sans motif le traité qu’elle avait signé ; puis, pressé par lord Exmouth de répondre d’une manière catégorique, il déclara que, vu la gravité de la question, il ne pouvait agir sous sa propre responsabilité et voulait prc'ndre, au préalable, les ordres du Grand Seigneur, chef direct de la Régence. — En réalité, il ne voulait que gagner du temps pour préparer sa défense. Lord Exmouth le savait ; néanmoins, comme les. forces dont il disposait alors étaient insutïisantes pour livrer un combat sérieux, il feignit de se rendre aux observations du dey, déclara qu’il attendrait la réponse de la Porte, et regagna Gibraltar.

Aussitôt, le gouvernement anglais arma une puissante escadre, qui rejoignit celle de lord Exmouth. L’amiral eut ainsi sous ses ordres six vaisseaux de ligne, quatre frégates, six corvettes, quatre galiotes, dix chaloupes à bombes et trentesix chaloupes canonnières. Une flotte hollandaise, composée de six frégates, sous les ordres du viceamiral Vander-Gapellen, se réunit h l’escadre anglaise.

La flotte combinée se présenta devant Alger {Tl août 1816); les vaisseaux anglais s’embossèrent à portée de fusil, en face des batteries du môle; les Hollandais, appuyant à gauche, reçurent l’ordre de canonner vigoureusement les bat-

teries et les forts extérieurs. — Les Arabes engagèrent l’action, qui devint bientôt générale et terrible; les bombes pleuvai^-nt sur la ville; l’artillerie anglaise balayait le môle et brisait les murailles. A un moment donné, lord Exmouth envoya quelques chaloupes attacher une chemise ■ soufrée à la frégate algérienne qui fermait l’entrée du port ; le feu gagna rapidement les autres navires, et en peu d’heures toute la marine des corsaires fut détruite.

Ce succès fut chèrement payé. L’escadre anglaise était restée, pendant neuf heures, sous le feu continuel des batteries; elle avait lancé sur le port ou sur la ville 51,000 boulets et 060 bombes; mais presque tous ses vaisseaux étaient désemparés, et le nombre des blessés et des morts était considérable. — Une seconde attaque semblait impossible. Cependant les Algériens, complètement démoralisés par la destruction de leur marine , acceptèrent toutes les conditions que lord Exmouth leur imposa.

Omar- Pacha se consola de sa défaite en pensant que « c’était écrit » ; il fit connaître à la Sublime-Porte, à l’empereur du Maroc et au bey de Tunis, la situation presque désespérée de l’Odjeacet sollicita des secours; tous lui vinrent en aide. En moins d’un an, Alger était rebâtie, la marine reconstruite, les forts étaient réparés : il ne restait aucune trace du bombardement.

Omar allait prendre de nouvelles mesures pour assurer la défense de la ville du côté de la mer, quand il fut renversé du trône et assassiné (1817).

Ali-Kûdja fut élu chef de la Régence. On le .

ilisail inslrnit; mais ce n’était qu’un pédant, qui cachait sous un maintien grave et composé des instincts féroces et des passions brutales. Ses déportements le rendirent odieux; aussi, pour échapper à la vengeance des janissaires, il se retira à la Casbah, après y avoir fait transporter le trésor public. — C’était un véritable coup d’Ëlat, — Les Turcs, furieux de n’avoir plus le dey sous leur main, prirent aussitôt les armes; A'i fit charger les canons de la forteresse et mitrailla f’émeule. Il voulait abolir la milice, et, dit-on même, fonder sa dynastie; mais le temps lui manqua : il fut emporté par la peste (1818).

Dans ses relations avec la France, il fut t'uir à tour hostile et bienveillant; c’est ainsi qu’après avoir refusé de ratifier la convention passée avec son prédécesseur, il l’approuva sans y rien changer (15 septembre 1817). Plus tard, sur les instances de M. Dcval qui demandait une diminution de l’impôt attaché à nos établissements d’Afrique, Ali consentit à reprendre la discussion Le consul excipa du peu d’importance du comptoir, des dépenses qu'on avait dû faire à titre de frais généraux, et de là nullité des produits. Le dey se rendit à ces ob.'^ervations et accepta, dans sa forme et teneur, l’acte de 1790 qui fixait à 80,000 francs le chiffre de la redevance. Ce traité fut signé en présence du Divan (octobre 1817), et les arrérages furent payés sur celte base.

Ce n’était point, cependant, par esprit d’équité qu’Ali consentait à diminuer les charges de la -France. — 11 avait , à plusieurs reprises , mani-

festé le désir de posséder une de nos frégates, armée en guerre , laissant comprendre que pour prix d’un tel présent il favoriserait de tout son pouvoir notre commerce en Afiique. M. üeval, qui commettait volontiers des excès de zèle et ne reculait devant aucune promesse, s’engagea presque à obtenir de son gouvernement le vaisseau tant désiré. Ali le crut naïvement, et comme la frégate n’arrivait point, il réclama : « J’accorde volontiers à la cour de France , écrivait-il au consul, de rétablir les redevances sur le pied de la convention de 1790; mais mandez-lui que je tiens à ce qu'on m’envoie un beau vaisseau, sans quoi je ne vous regarderai de ma vie, et ne voudrai plus entendre parler d’aucune affaire française. » — ïj’ois mois après, il renouvelait sa demande et ses menaces : « Vous savez, écrivaitil à M. Deval , ce que vous m’avez promis. Faites vite arriver un beau vaisseau bien monté et bien muni de tout, et, dans ce cas, disposez de moi comme vous voudrez : le pays est à vous ; en attendant, je vais suspendre tou te {disposition en faveur des Fiançais.. .» — M. Deval ne savait trop que répondre ; la mortd’Ali le tira momentanément d’embarras.

Hussein fut le dernier pacha d’Alger. Né à Vourla, dans l’Asie-Mineure, il fit ses études à Constantinople , dans l’école spéciale fondée par le baron de Toit. Habile et rusé , tenace autant qu’ambitieux, il servit quelque temps dans l’artillerie turque, puis déserta son poste et vint s’enrôler dans la milice de FOdjeac, où ses manières affables et son instruction le firent promp-»

lementremarquer. Omar-Pacha, qui régnait alors, le reçut kodjah, puis iinan (professeur de la vraie foi) ; plus tard, il le nomma secrétaire de la Régence et membre du Conseil. Ali confirma ces nominations et conçut pour Hussein une estime telle, qu’il le désigna dans son testament comme le seul homme qui pût gouverner l’Odjeac.

A la mort de ce dernier, Hussein fut institué — ou s’institua — chef de la Régence et revêtit le caftan d’honneur. Les janissaires , gagnés à sa cause, vinrent le complimenter, et le cadi ordonna des prières publiques pour la prospérité du nouveau règne.

A dater de celle époque, les relations du gouvernement français avec la Régence vont avoir un caractère entièrement hostile.

L’expédition de lord Exmouth n’avait point produit les résultats qu’on en pouvait attendre ; les corsaires continuaient, comme par le passé, à ravager les côtes d’Espagne et d’Italie. L’Europe s’en émut, et au congrès d’Aix-la-Chapelle (20 novembre 4818), on discuta les moyens à employer pour mettre définitivement un terme à la piraterie. Les plénipotentiaires de France et d’Angleterre, le duc de Richelieu et lord Castlercagh, furent invités à prier leurs gouvernements de faire adresser aux chefs des Etats barbaresques « des paroles sérieuses, les avertissant que )) l’effet infaillible de leur persévérance dans un )) système hostile au commerce pacifique, serait » une ligue générale des puissances de l’Europe, » sur les résultats de laquelle les Etats barbares- » ques feraient bien de réfléchir à temps, et qui

’)) pourrait bien les atteindre jusque dans leur )) existence. »

Le contre amiral Jurieu de la Gravière et le ‘Commodore anglais Freemantle notifièrent ensemble cette décision au dey d’Alger, ainsi qu’aux beys de Tunis eide Tripoli (septembre 1819). La réponse d’Hussein fut évasive : il déclara ne pouvoir se soumettre, quelles que fussent ses intentions particulières, aux avis des puissances européennes; que s’il osait abolir la course, il serait infailliblement massacré par le peuple, et que la Régence faisait la guerre à qui ben lui semblait.

Celte réponse devait provoquer, ce semble, des mesures énergiques; les cours signataires du protocole n’appuyèrent cependant d’aucune démonstration le m-^ssage de leurs envoyés :

raudacc des ïîarbaresques s’en accrut , et la piraterie reprit son essor.

Hussein-Dey, mettant à profit cet excès de mansuétude, fit prévenir les consuls que tout Etat qui ne solderait point régulièrement le tribut et les présents d’usage serait considéré comme ennemi. La Suède, la Hollande, l’Espagne, la Sicile, etc., toutes les nations tributaires, en un mot, renouvelèrent aussitôt leurs traités.

La France subit le contre-coup de ces menaces. Hussein n’avait point oublié les désirs et les espérances de son prédécesseur. Il fit signifier à M. Deval que le gouvernement français ayant refusé à la Régence le don gratuit d’un vaisseau, le traité de 1790 devait être considéré comme •nul et non avenu, et son renouvellement établi sur les bases qu’avait stipulées Omar-Pacha ; en

d’autres termes, il exigeait que le prix des redevances fût porté à 214,000 Ir. La France céda, et son consul reçut l’ordre de déférer aux réclamations du dey (13 mars 1820).

Tant de faiblesse augmenta l’insolence du dey qui, de jour en jour, se montra plus exigeant C’est ainsi qu’après avoir réclamé et obtenu la remise de deux quintaux de corail choisi, — impôt auquel il n’avait plus aucun droit, — il fit défense au gérant de notre comptoir de réparer !es fortifications de La Galle; c’est ainsi que, sans respect pour le droit d’asile, il somma notre consul de lui livrer les Kabyles attachés à sa personne, sous le prétexte que leur tribu était en guerre avec la Régence, si bien que, pour échapper à mie nouvelle vexation, M. De val dut faire évadez' ses serviteurs !...

Un dernier et sanglant outrage allait amener la guerre.

Vers la fin du siècle dernier , le mauvais état de nos récoltes força le gouvernement de la République à demander au dey d’Alger l’autorisation d’acheter des blés dans la Régence. Le dey s’y prêta de bonne grâce, et les juifs Rusnach et Bacri expédièrent à Marseille, de 1793 h 1798,' dos fournitures de céréales dont le prix peut être évalué à quinze millions de francs.

Les premières livraisons furent soldées en monnaie métal li.quc ; mais lorsque les assignats devinrent la monnaie légale de la France, les créanciers protestèrent contre ce mode de payement, et réclamèrent une indemnité considérable. Endroit, ils avaient raison; mais ils sur-

chargèrent leurs mémoires en y ajoutant des intérêts usuraires„el les négociateurs français, chargés de liquider leur compte , exigèrent une diminution notable, « attendu que les dernières fournitures se composaient entièrement de blés avariés. » — On ne put s’accorder , et l’affaire resta pendante.

Cependant , sur l'es réclamations réitérées du dey d’A’ger, personnellement intéressé dans les fournitures, on signa, en 1801, une convention dont l’un des articles était ainsi conçu :

(( Son Excellence le dey d’Alger s’engage à - faire rembourser toutes les sommes qui pourraient être dues à des Français par ses sujets, comme le citoyen DuboisrThinville prend l’engagement, au nom de son gouvernement, de faire acquitter toutes celles qui seraient légitimement réclamées. »

Il fallait procéder à une liquidation dîflicile ; mais le gouvernement français, ^dont l’attention était ailleurs, se borna à donner, de temps à autre, de faibles à-comptes. Vint la Restauration : Louis XVIII chargea M. Nicolas Pléville d’apurer le compte des Algériens et de s’entendre à ce sujet avec leur fbqdé de pouvoirs. — On arrêta à sept millions de francs la dette de la France (28 octobre 1819), et il fut stipulé que cette somme serait payée par douzièmes, à dater du mars 1820; Mais il fut expressément convenu (art. 4) « que les sujets français qui auraient eux-mêmes des réclamations à. faire valoir contre les sieurs Busnach et Bacri pourraient mettre opposition au payement, et qu’une somme égale au montant

de leurs réclSimations serait tenue en réserve jusqu’à ce que les tribunaux français eussent prononcé sur le mérite de leurs litres de créance. »

Or, en vertn de cet article, des négociants de Marseille, qui avaient fait à Busnach et B^cri de fortes avances, produisirent leurs réclamations et demandèrent la retenue du montant de leurs créances, dont le chiffre s’élevait à 2,500,000fr. ~ Le trésor paya donc aux juifs algériens une somme de 4,500,000 fr. , et , suivant l’usage , versa le complément à la caisse des dépôts et consignations. — Le dey, instruit de cette mesure, dépêcha immédiatement à Paris un envoyé extraordinaire présenter ses doléances : il était, disait-il, créancier du sieur Bacri et réclamait, comme lui appartenant en propre, la somme consignée par le trésor; en outre, il exigeait le remboursement d’une autre somme de deux millions, perçue , affirmait-iT , par notre consul général « pour prix de bonsoflices que çe dernier avait rendus à Bacri , actuellement en prison. » On répondit à l’ambassadeur que les tribunaux étant saisis de Taffaire, le gouvernement ne pouvait intervenir sans dépasser ses pouvoirs.

Cette réponse n’était point de nature à satisfaire Hussein-Dey : il s’emporta contre la cour de France, se prétendrMésé dans ses intérè s, et demanda à plusieurs reprises qu’on lui envoyât les créanciers privilégiés , pour qu’ils eussent à lui justifier la validité de leurs créances ; à ce sujet même, il écrivit au ministre des affaires étrangères, an président du conseil et au- roi une lettre tellement hautaine, queM. le baron de Damas

ne crut point devoir y répondre officiellement ; il donna l’ordre au consul de s’expliquer verbalement avec le chef de la Régence.

Toutes ces lenteurs irritaient Hussein-Dey ; il se plaignait avec amertume et se déchaînait contre M.‘ De val en termes les plus injurieux : un jour vint où, dans le paroxysme de sa fureur, il perdit toute mesure.

C’était à l’époque 'des fêtes du Beyram : les consuls de toutes les nations s’étaient rendus au palais pour complimenter le dey. M. Deval était à peine introduit, qu’Hussein l’interpella :

—Avez-vous à me remettre, lui demanda-t-il, une lettre de votre Souverain ?

— Voire Altesse sait bien , répondit M. Deval, que le roi de France ne peut correspondre avec le dey d’A'ger.

Hussein se leva furieux, l’injure à la bouche ; il invectiva le consul et s’oublia jusqu’à le frapper au visage avec un chasse-mouches.

L’injure était grave... M. de Damas enjoignit à M. Deval de cesser tout rapport officiel avec la Régence; une division de six bâtiments de guerre, sous les ordres du capitaine Collet se présenta bientôt après devant Alger (juin i8:27) : le capitaine devait exiger une éclatante réparation de l’outrage fait à la France en la personne de son consul : il notifi i sa mission en termes énergiques et pressants; mais Hussein se riait ' de nos menaces, et il repoussa toute ouverture d’accommodement. M. Deval et les Français résidant à Alger s’embarquèrent le lendemain. — Aussiiôt après leur départ, injonction fut faite

au bey de Constanline de détruire de fond en comble le comptoir de La Galle et nos autres établissements : ce fut la réponse d’Hussein à la signification du chef de notre escadre.

A dater de ce moment, un blocus rigoureux fut établi devant Alger. On comptait appauvrir ainsi la ville et provoquer une révolution ; mais Alger tirait ses subsistances de rinléricur et la milice était toute dévouée au chef de l’Odjcac. Aussi le blocus, qui coûtait à la France sept millions par an, fut-il absolument illusoire. On le comprit; et comme il fallait sortir d’un statu quo ruineux, n’osant faire la guerre, on ne trouva rien de mieux que de s’adresser à Méhémet-Ali.

Des négociations furent donc ouvertes entre le gouvernement français et le' Pacha d’Egypte (1829) : Méhémet s’engageait à prendre possession des trois Régences , à détruire la piraterie et à abolir l’esclavage des chrétiens. Il gouvernerait au nom du sultan et lui payerait tribut. La France devait fournir les subsides nécessaires à l’expédition. Mais on ne pouvait conclure sans l’assentiment des puissances européennes. La Porte, prévenue par notre ambassadeur , ne témoigna ni mécontentement ni inquiétude , bien qu’elle fût particulièrement intéressée dans la question ; la Prusse et la Russie donnèrent à ce projet leur entier assentiment; l’Autriche se borna à présenter quelques objections; l’Espagne applaudit des deux mains ; la ccur de Londres seule protesta, et il fut impossible de vaincre sa résistance : la France dut renoncer à cette combinaison et agir par elle-même.

Le blocus fut maiolenii : M. le comte de la Bretonnière, capitaine de vaisseau , remplaça dans le commandement de l’escadre le viceamiral Collet, qui venait de mourir, et serra de près la ville. Bientôt , cependant, de faux avis donnèrent à penser que le chef de l’Odjeac désirait la paix. M. de la Bretonnière reçut mission de se rendre auprès du Dey et d’entamer, s’il était possible, de nouvelles négociations. Le capitaine montait la Provence : il était accompagné de M. Bianchi, secrétaire-interprète, et de M. de Nerciat, commandant du brick. V Alerte. A leur arrivée (30 juillet 1829) , ils furent conduits par Is consul de Sardaigne, comte d’Attili, chez le ministre des affaires étrangères et de la marine. — Le len'demain, MM. de la Bretonnière et d’Attili furent reçus par Hussein-Dey.

, L’entrevue dura troi^ heures : le représentant de la France exposa l’objet de sa démarche , énuméra les griefs dont il exigeait le redressement, et déploya dans cette circonstance difllicile autant d'habileté que d’énergie. — Le dey l’écouta patiemment , puis demanda vingt-quatre heures pour réfléchir.

Une seconde conférence fut fixée au 2 août.

Là, M. de la Bretonnière renouvela ses arguments : conseils et menaces, tout fut inutile; le dey ne voulut point céder : il déclarn que, se trouvant lui-même offensé, il entendait, non faire des excuses , mais en recevoir; que si la France désirait la paix , il était prêt à la signer, mais à la condition formelle qu’on lui rendrait, sans retard, la somme par lui réclamée et^qu’on l’in-

ileninisorait, en outre , des pertes occasiomiéc:i à la llégence par la longueur du blocus.

M. de la Bretonnière regagna son vaisseau et attendit jusqu’au lendemain pour mettre à la voile. Le 3 août , V Alerte appareilla et sortit de la baie; la Provence leva ses ancres ..

Alors eut lieu un acte incroyable de sauvagerie :

Tandis que la louvoyait pourgagner

le large, un coup de canon chargé à poudre partit delà batterie du Fanal. A ce signal, donné, s’il faut en croire les Arabes, par le ministre même de la marine , les batteries de la ville et du môle répondirent par une décharge générale. Le vaisseau français, ,nîen que portant au grand mât le pavillon parlementaire , devint le point de mire des canonniers algériens , et plusieurs boulets l’atteignirent, qui , heureusement, ne blessèrent personne, mais causèrent de nombreuses avaries à la voilure et au grément.

A cette attaque imprévue, véritable guet-apens que le fanatisme le plus exalté ne saurait faire

f tardonner, les équipages de la Provence et de 'Alerte s’élancèrent à leurs pièces : officiers et soldats, tous demandaient à combattre. M. de la Bretonnière sut néanmoins les contenir. 'Décidé à ne point compromettre son caractère de parlementaire, il commanda à sa propre indignatioii et continua sa route. — De retour, en France , il exposa brièvement au roi l’attaque dont il avait été -l’objet. Charles X, dont la patience était à bout, renonça à toute idée de conciliation. — La ;guerre fut décidée.

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