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nière fois il > demeura en otage, D'ayant pas de quoi satisfaire aux demandes «les infidèles. On le vit encore délivrer un évéque ■)<' Valence, que l'on avait chargé de chaînes.
Rendu à la liberté , il ne l'employa que pour recommence) u charitables travaux. Débarqué dans la ville d'Alger, après une effroyable tempête, il pu! \ rachetai cent soixante chrétiens, qui rentrèrent avec lui dans h- port de Barcelone, aux acclamations de toute la ville.
En 12 58, Louis IX . de sainte mémoire , écrivait à ce religieux pour se recommander à ses prières. Ce religieux prince voulut emmener avec lui dans la Terre-Sainte quelques-uns de ses charitables collaborateurs; et quand le roi de France fut lui-même chargé de liens, parce qu'il n'a\ait pas voulu se racheter honteusement, on vit les frères de la Mercy travailler avec un grand zèle pour obtenir sa liberté ; s'offrant même en otage pour le fils de Blanche de Castille, pour le chef des Croisés.
Saint Sérapion, autrefois militaire, et depuis religieux de Notre-Dame de la Mercy, une des gloires de cet ordre que l'on ne saurait trop louer, ne se contenta pas de donner tous ses soins à la rédemption des malheureux esclaves : pour prix de sa charité, il recueillit encore les palmes du martyre dans la ville d'Alger, et on le vit, étendu sur la croix comme Jésus-Chris son maître , prier pour les pauvres captifs.
Saint Jean de Matha , issu d'une famille noble et pieuse , naquit à Faucon , sur les frontières delà Provence. 11 fit ses études à Aix , et répondit par son application aux soins de ses maîtres. 11 se montra dès sa jeunesse très-zélé pour la pratique des vertus chrétiennes. Sa charité pour les pauvres avait quelque chose d'extraordinaire.
De retour dans sa patrie, il obtint la permission de se retirer dans une espèce d'ermitage quiji'étaient pas éloigné de Faucon. Mais les fréquentes visites de ses amis lui donnant des distractions continuelles, il pria son père de l'envoyer à Paris pour y faire son cours de théologie et y prendre les degrés ordinaires.
Quelque temps après, il fut. ordonné prêtre , et célébra sa première messe dans la chapelle de l'évêché de Paris.
Ce fut le même jour où il dit sa première messe, que notre saint forma la résolution de travailler à racheter les chrétiens infortunés qui gémissaient dans l'esclavage chez les nations infidèles. 11 envisageait deux choses dans cette bonne œuvre , la délivrance des corps et le salut des âmes , qui courent les plus grands risques parmi des peuples barbares. Il ne voulut rien entreprendre avant d'avoir consulté le Seigneur d'une manière spéciale. Il se retira auprès d'un saint ermite, nommé Félix de Valois, qui vivait dans une forêt , près du bourg de Gandelu , au diocèse de Meaux. Il serait impossible d'exprimer jusqu'où nos deux ermites portèrent l'esprit d'oraison, et avec quel zèle ils embrassèrent les plus rigoureuses austérités.
Un jour qu'ils s'entretenaient ensemble, Jean s'ouvrit à Félix sur la pensée qui lui était venue le jour de sa première messe , de se consacrer à la délivrance des chrétiens captifs chez les mahométaus. Félix , ne doutant point qu'un tel projet ne vint de Dieu , en loua l'exécution, et s'offrit même pour y concourir autant qu'il serait en lui. Il n'était plus question que du choix des moyens qu'il faudrait employer pour réussir. Les deux saints se recommandèrent à Dieu , et redoublèrent leurs mortifications et leurs prières , afin d'obtenir de nouvelles lumières sur la conduite qu'ils avaient à tenir. Quelque temps après, ils partirent pour Rome. Le souverain pontife, instruit de leurs vertus et de leur pieux dessein par les recommandations de l'evêque de Paris , leur donna plusieurs audiences particulières. Enfin , ne pouvant douter que les deux ermites français ne fussent conduits par l'Esprit de Dieu, il forma, de l'institut proposé, un nouvel ordre religieux. L'evêque de Paris et l'abbé de Saint- Victor furent chargés d'en dresser la règle , et le pape l'approuva en 1198. Jean de Matha fut déclaré premier ministre général des nouveaux religieux , qui prirent le nom de Frères de l'ordre de la Sainte- Trinité.
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De retour en France, lei deui saints -<• présentèrent A le roi Philippe-Auguste , qu'ils informerait de ce «pu bj passé. Ce prince agréa rétablissement de leur orire dm royaume, et le favorisa même par ses libéralités. Gaucher lit, seigneur de Châtillon, leur donna dans nue de ses trucs un Ik'u pour \ bâtir un couvent, il leur donna depuis celui dit. Cerfroid, gui était précisément l'endroit où avait été concerté le premier plan du nouvel institut: le monastère qui y fut bâti a toujours passé pour le chef-lieu de l'ordre des Trinitaires. Jean «•t Félix fondèrent encore plusieurs autres maisons en France tant on avait d'ardeur pour étendre un ordre fondé sur la plus pure charité.
Notre saint ayant envoyé deux de ses disciples au roi de Haro* . en 1201, il rachetèrent quatre-vingt-six esclaves chrétiens. L'année suivante, il alla lui-même à Tunis, où il en délivra plus de cent. Il se rendit ensuite en Provence , et y ramassa des sommes considérables , qui lui servirent à procurer la liberté à un grand nombre de malheureux qui gémissaient dans les fers des Maures d'Espagne.
En 1210 , Jean de Matha fit un second voyage à Tunis. Il eut beaucoup à souffrir de la part des mahométans, irrités de l'ardeur avec laquelle il exhortait les captifs à supporter leurs maux a\ec patience et à mourir plutôt que de renoncer à leur foi. Le trait suivant donnera une idée de la barbarie de ces infidèles. Lorsqu'ils virent le saint s'embarquer avec les cent vingt esclaves qu'il avait rachetés, ils ôtèrent le gouvernail du vaisseau et en déchirèrent les voiles, afin qu'il périt au milieu des flots. Jean, plein de confiance en Dieu , ne perdit point courage. Il pria le Ciel de prendre la conduite du vaisseau : puis , ayant étendu les manteaux de ses compagnons en forme de voiles, il se mit à genoux sur le tillac , le crucifix à la main , chantaut des psaumes durant le trajet. L'événement prouva qu'une foi vive n'est jamais sans récompense. Le vaisseau aborda en fort peu de jours au port d'Ostie en Italie. Comme la santé du saint dépérissait
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sensiblement, il fut obligé de passer à Rome le peu de temps qu'il lui restait à vivre.
Quant au bienheureux Kélix de Valois, il travaillait en France, avec un merveilleux succès à la propagation de son ordre. Ce fut vers ce temps-là qu'il lui procura un établissement à Paris. Le monastère fut bâti sous l'invocation de saint Mathurin , et c'est de là qu'est venu le nom ne Mathurins aux Trinitaires de France : c'était de cette église que partait tous les ans la procession des captifs rechetés.
Jean de Matha vécut encore deux ans à Rome , uniquement occupé à exercer les oeuvres de miséricorde et à prêcher la nécessité de la pénitence. Il mourut le 21 décembre 1213 , à l'âge de soixante et un ans. Le pape Innocent XI a fixé sa fête au 8 de lévrier.
Il s'est trouvé jusqu'à desimpies et faibles femmes, qui se sont associées aux religieux rédempteurs, et qui s'engageaient par des vœux à faire tout ce qui serait en elles pour le rachat des captifs , et même à donner leur vie pour eux , s'il était nécessaire. Elles recueillaient des aumônes, préparaient des vêtements, et surtout vaquaient incessamment à la prière , pour attirer les miséricordes divines sur les malheureux prisonniers.
En 1272, le bienheureux Guillaume de Sagiano, italien de naissance , envoyé vers les esclaves d'Alger, les reprit de leurs vices énormes , leur prêcha publiquement l'Evangile, leur démontrant la fausseté , l'absurdité de l'Alcoran ; il fut brûlé hors la ville par ordre du vice-roi , furieux du mépris que ce saint religieux osait faire de Mahomet.
D'autres prêtres ont marché sur les traces de leurs prédécesseurs , et jusqu'à nos jours le zèle et la charité n'ont pas manqué aux victimes de la cruauté mahométane.
11 faut lire les relations touchantes du père Dan , supérieur des Mathurins de Fontainebleau au dix-septième siècle, et auteur du premier ouvrage publié sur la piraterie, et Ta description qu'il a laissée d'un hôpital fondé dans la ville d'Alger, par ses