CHAP1TRI (I
lans le i aluni de !.i messe . ,-aiiit Augustin a dit qu'il était
recommandable autant par son esprit et son éloquence que pai sa douceur et sa modération envers ceui qui combattaient sea
opinion?.
Enfin, dans l'année 591, il lut ordonné . dan;- le concile qui termine la série de ces grandes réunions 9'évêques1 , qu'ils veilleraient à la recherche des donatistes sous peine de perdre leurs biens et leurs titres.
Quel beau jour que celui où la Croix sera replantée partout
où elle a reçu, pendant cinq siècles, les hommages des fidèles !
Quand les temples chrétiens remplaceront-ils les mosquées ?
quand, la douce voix de la religion et de ses ministres, plus
puissante que la force, pénètrera-t-elle dans les cœurs fermés
depuis longtemps à la raison, à la piété, à la lumière '
1 La religion de Mahomet , mort eu 632, avait déjà gagné cette partie du monde, et bientôt l'islamisme, envahissant toute l'Afrique, ue laissa plus a la religion catholique que de rares autels et un culte caché.
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(IMI'ITRi: III
Archéologie chrétienne.
De même que les savants entreprennent de longs voyages pour explorer avec la plus curieuse attention les ruines des anciennes villes, des monuments célèbres et de tous les chefs-d'œuvre de l'antiquité, avec de grandes fatigues d'esprit et de corps, et quelquefois même en courant le danger de perdre la vie, pour y retrouver les traces des peuples qui nous ont précédés, leurs mœurs, leurs usages, leur langue, leur littérature , et qu'ils trouvent un bonheur immense lorsqu'ils peuvent faire la plus petite découverte dans l'intérêt de la science et de l'histoire , quelle jouissance l'archéologue chrétien ne doit-il pas éprouver en relisant une inscription pieuse sous les ronces et les débris de quatorze siècles ; en suivant sous les couches de terre amoncelées par le temps, les traces incertaines d'une chapelle , d'une église , d'un tombeau !... Quels sont ses cris de joie , quand il peut saluer la Croix, la Croix qui sauva le monde, encore intacte dans quelque coin demeuré ignoré aux peuples idolâtres S Comme il s'agenouille pieusement devant le lieu consacré par le sang des martyrs , et qu'il lit , sur un marbre brisé , deux mots, deux mots seulement , qui attestent que là périrent pour la foi un évêque, une pauvre femme, un fidèle serviteur de la religion du Christ ! Ces saints débris , ces lignes à demi effacées , ces colonnes mutilées , ces arceaux prêts à s'écouler, ce sont là les
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archives 1rs [tins précieuses , les titrée de gloire les plus honorables ; c'est un livre incomplet qu'il peut parcourir » reconstruisant ainsi , avec !<• secours des annales de la religion , l'histoire qui pour lui est mille fois plus belle , plus instructive que celle des Grecs et «Ns Romains.
Ainsi, nous avons voulu réunir avec soin , et placer dans un même chapitre , ce que l'Algérie, autrefois si dévouée au Rédempteur des hommes, conserve encore sur le marbre et sur l'airain , des souvenirs religieux remarquables et allégoriques.
Il y a dans Alger une mosquée, dite de la Pêcherie, qui serait admirablement appropriée au culte catholique. Elle est bâtie en forme de croix et tout à fait comme un temple chrétien. Cette disposition étrange vient, dit-on , de ce qu'elle fût construite par des captifs européens qui en cimentèrent les pierres de leurs larmes et de leur sang : l'architecte, généreux confesseur de la foi , en paya le plan de sa tète; elle devait, selon eux, servir l'Eglise chrétienne quand reviendrait sur ce rivage la religion de Jésus-Christ. » Souhait chrétien que les temps modernes ont vu s'accomplir.
Le tombeau de la Chrétienne , dont l'origine remonte aux temps dont parle Tertullieu , où les chrétiens remplissaient l'empire romain tout entier ; ce monument antique, quoi qu'en disent quelques historiens mal informés, et malgré les légendes insignifiantes, fabuleuses, j'ajouterai même scandaleuses , des modernes voyageurs en Algérie , s'élève au bord de la mer sur une petite colline , qui est la continuation de celte partie de terre accidentée , nommée Sahel , et qui s'étend depuis la maison carrée, près d'Alger, jusqu'à la montagne de Scheruouan. il est construit , mais sur une plus grande échelle , dans les mêmes formes que les nombreux tombeaux de Scherchell , à six lieues de là, lesquels ont été reconnus , par tous les archéologues qui les ont visités , pour des tombeaux chrétiens. Sa forme est pyramidale : sa base est en partie enfoncée dans la terre ; sur les côtés on remarque la place des incrustations ou revête-
ménts de marbre qui ont été enlevés , et soi lesquels étaient
sans doute quelques bas-reliefs ou inscriptions. On le voit de très-loin en mer , ainsi que de tous les points de la Mitidja , des sommets et du versant-nord de la grande chaîne de l'Atlas.
Les Arabes hadjoutes ' , qui habitent cette contrée depuis plusieurs siècles , et chez qui la tradition arabe se conserve si bien , affirment tous que c'est le tombeau de la chrétienne Gbrftovmio , monument très-célèbre dans le pays par son antiquité et par les prodiges surprenants qui s'y sont opérés. Ils racontent de fabuleuses et terribles punitions arrivés à ceux qui ont voulu , de tous temps , violer ou détruire ce tombeau. Ils ont un grand respect pour ce monument, et assurent que c'est le tombeau d'une chrétienne puissante et regardée comme sainte par les ebrétiens qui ont habité ou sont venus visiter ce pays.
En traversant les mines de cuivre, près le col de la Mouzaya, on voit, à deux toises environ du sol , une grotte dont l'entrée est surmontée par une croix latine profondément gravée dans le roc. Là, sans doute, aux siècles chrétiens de l'Algérie, vécut et pria quelque pieux anachorète; les humbles et divines paroles qu'il adressait à ses sauvages voisins , avancèrent la civilisation maintenant éteinte dans ces contrées , mieux que ne pourrait le faire le bruit de cette artillerie que nous roulons avec un grand fracas au pied de sa demeure de paix.
« La belle mosaïque d'El-Esslam (ville aux statues) est bien le pavé d'une des plus anciennes basiliques de la chrétienté ; si l'on en juge par son inscription , écrite en grands caractères, elle daterait des premières années du troisième siècle: elle n'a pas moins de quarante pas de longueur , sur vingt-un de largeur, sans y comprendre les bas côtés qui étaient séparés de la nef par deux grandes colonnes.
A l'extrémité est de cet admirable pavé , et au milieu d'un hémicycle , se trouvait l'autel : au-devant de l'autel est un agneau percé d'une flèche : et un peu au-dessous des deux côtés , des
1 Tribu indomptable très hostile aux Français.