‹ L'AlgérieChapitre 5 sur 11 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

mmwNË*

Mascara. — Passage des Portes de Fer. —Mazagran.

Le général Glauzel fat nommé an mois d'août 1830 commandant en chef de l'armée d'Afrique, après la défection de Bou-Mezrag , gouverneur do beyKk de Titteri , et la dispersion des partisans de ce dernier qni fat lui-même fait prisonnier. Le successeur de M. de Bourmont qui s'en était allé sur un sol étranger, fut lui-même remplacé par le gé-

néral Berthezène. Alors eut lieu l'expédition de Médéah, et la ville d'Or an fut occupée pour la seconde fois.

En novembre 1831 , le duc de Rovigo arriva à Alger.

Le général Drouet d'Erlon prit possession du gouvernement d'Alger, le 26 septembre 1834.

Alors la puissance d'Àbd-el-Kader s'accrut, et dans une démonstration faite pour protéger les alliés des Français , le général Trézel échoua , et ne put opérer sa retraite qu'en éprouvant des pertes sensibles.

Le maréchal Clauzel succéda au comte d'Erlon, en août 1835. La ville de Mascara fut prise par les Françai^après avoir été pelée et Iwàèéepar Abd-el- Kader. Le maréchal Clauzel fit occuper Tlemceu. Dans une marche sur cette ville, le général Bugtaud, attaqaé par Abd-d-Kader, an passage de la Skkcak, le défit et lut toa , ou mit ta» decon»bat éaue enta hommes, et fit cent trente prisonniers parmi les sokftafe régulière.

£»maf» 1836, Joasouffot nommé au bey»k<te Cmstaotiat, et fe3 mai, ta maréchal il occuper Waa «tLa Calb. Le & »*vembfe satant, m

carpe expéditieiroefre fort àë wwrf mfflè mat fenteHKpt bMine*, mvtef frire» du? raarôcfal Ctauel , s» mil eu morcbe fer» Constowtme. Lé 15 il étaità filthna, Ftriwc d'une cfcé mm i ac , poste qm » tottJMts été occapé depois ymr ftitHrf* française. Le 21 efle prit position »*** le» ifctti de Constantine; ma»y épwaée par d^eroy&HeafcH tigoea, par des sodlranees iaouïei et aréca* matériel de guenfeet des approvisiewne»efits insuf» fiaents ; apsè» ^pekpesjoui», pendant fesqoeb ta valeur française lutta» afrec énergie contre les élé- »ente> le maréchal Clauzel , apyaat perd» l'espérance de rédfcire ht ville „ ordonnai h» retraite.

Le 12 fëvri* 4&3tf,le génM D*i*émont fat nommé gouverneur-général.

, Alors eut lien h convecrtion de ta ïafaa , par laqnetie Abd-eWRader reeewiit la aotveraineté de la France.

Une secoade eKpéditioa fat préparée eoofre Constantine ; ramée frayai *e r forte dedk mille hommes , arriva le 6 octobre devant oette platfe f <jprt est perchée sur «a rocher^ et «pif tfa fi'uae porte. Hfalteit varaereou««wtiT. Leg^raftDam* rémtHaf&Mtetotd**^

— 14» — pa*sa aux mains du général Vallée , qui ordoni l'assaut. Toutes les troupes s'y portèrent avec ei thousiasme; elles sont sur la brèche : jama mêlée ne fut plus acharnée ni plus terrible. I Brave colonel Combes tombe mortellement frappi

Le 13, la ville fut prise de vive force, et le dn peau français flotta sur ses murailles.

Un ordre de l'armée avait fait connaître que duc de Nemours devait prendre le commande ment du siège. Ce jeune prince» après que le calnr eût été rétabli , vint loger dans le palais du bey.

En octobre 1839, le moment parut opportu pour franchir le Biban , et reconnaître la grand communication qui doit réunir Alger à Cons tantine.

La colonne expéditionnaire arriva le 21 à Séti séjourna sous les murs de ce fort jusqu'au 21 Après une marche pénible , le 27 on aperçut minaret de la mosquée de la ville de Slissab.

Le duc d'Orléans , après avoir reçu des che kabyles le tribut qu'ils payent au souverain , lors qu'il se rend auprès d'eux , se dirigea vers le Bi ban. Sa tète de colonne précédée par les che connus sous le nom de cheiks des Portes-de-Fei

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y arriva sur le midi. Le passage commença immédiatement , mais ne put pas être terminé avant quatre heures du soir.

Le chaînon de l'Atlas qui porte le nom de Portesde-Fer, est formé par un immense soulèvement qui a relevé verticalement les couches de roche» horizontales à l'origine. L'action des siècles a successivement enlevé les portions de terrain qui réunissaient autrefois les bancs de roches , au point qu'elles présentent aujourd'hui une suite de murailles verticales , qu'il est presque impossible de franchir, et qui se prolongent au loin en se rattachant à des sommets d'un accès plus difficile encore. Au milieu de cette chaîne coule l'Ouad- Biban , ruisseau salé qui s'est ouvert passage à travers un lit de calcaire noir, dont les faces verticales s'élèvent à plus de cent pieds de haut et se rattachent , par des déchirements inaccessibles , aux murailles qui couronnent les montagnes. Le passage , dans des endroits , n'a que quatre pieds de large ; il suit le lit de là rivière torrentueuse qui l'a ouvert , et qui amène constamment des cailloux, roulés, qui rendent très-pénible la marche des hommes et des chevaux.

Dès que k* ploie* «■* augmenté le vaine è eaux ,, le passage: è&vie«t înpratieaUe ; te etum arrêté parles rétrécissement» avsfaebo» a ekare le nom de Porte», élève quelqaêfow le- niveau de ! rivière jusqu'à dix urètres au-dess» du sol; ] rivière s'échappe ensuite avee violence par ui étroite vallée qft'ell* «ouvre entièrement r c'e la seule issue à ce passage difficile.

Telle est la route que le» Turcs avaient tract pour se rendre d'Alger à Constantin*. Des-troi de mine indiquent que ,. pour la mettre dans l'éfa où elle se trouve aujourd'hui , des travaux ont d être exécutés , et qu'avant rétablissement de 1 puissance algérienne elle n'était pas praticable.

Les Romains, du temps de leur grande domini tion, ne paraissent pas avoir suivi cette voie ; au €une trace de ce peuple célèbre ne se fait remai quer aux environs, et l'étude du système de roui qui reliait ensemble les différents points de la Mai litanie, semble prouver que la communicatio entre Sitifis-Colonia et Auréa se faisait, soit pe Salda (Bougie) et la station de Tubusuptus, soi par la route plus longue encore qui tourne par I désert , les montagnes d'Ouennougah*

Apte* mmt franchi le Biban, h colonne eipé- «Ktfensanve se plongea dans la vallée, mais retardée daa» sa marche par un mleat orage, elen* put arriver le soir à Beni-Mausaur ; elle dut biwraaquer à ose lien* et dénie du Biban , sur ta rivière Salée , dans la partie du cours de ee râteau qui porte le nom d'Ouad-MeBelou.

Le 29, le temps devenu meilleur, permit de se mettre est marche debeune heure. L'armée avait hâte d'arriver à rOuadJteni-Mansour ; depuis denx jours le manque d'eau s'était virement fait sentir ; de Dra-eL-Amar à Beni-Mansour on ne trouve que quelques sources d'eau douce ; la ri* vière, qui surgîtau pied du plateau de Dra-el-Àmar, taayerse le Biban et verse ses eaux dans l'Ouad- Beni-Mansour, est salée. Les chevaux n'avaient pu boire depuis cinquante-deux heures , et les soldai» fatigués par de longues marches dans un pays difficile, avaient un pressant besoin de se désaltérer. Les Arabes appellent cette partie de la route le «chemin de la Soif, et jamais nom ne fut plus juste.

À une heure, la eolonne 3e mit en marche par la rive gauche de rOuad-Beni-Mansour , se dirigeant sur Hamza*

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L'armée avgit suivi, depuis Sétif, k grande voie qui conduit de Constantine à Médéah , par les plaines élevées de la Méjapa et de rOuad-Beni-Mansonr ; pour se rapprocher d'Alger et franchir la pre mière chaîne de l'Atlas, elle devait tourner au nord à la hauteur du fort d'Hamza „ pour se porter ensuite de la vallée de l'Ouad-Hamza dans celle d< l'Ouad-Beni-Djaad , cours d'eau qui , réuni i l'Ouad-Zeitoum , forme la rivière des Issers. Dan le cas où le califBen-Salem eût eu des intention hostiles contre la colonne , il eût dû avoir pour bu de s'établir sur le plateau du fort de Hamza, pou barrer la route d'Alger. Afin de prévenir cett manœuvre, le duc d'Orléans réunit les compagnie d'élite de sa division , toute sa cavalerie et deu obusiers de montagne ; il partit de Kef-Rajetta I 30, une heure avant le jour, et se porta rapide ment sur Hamza. Le reste de la colonne fut dirig de manière à se trouver en mesure de soutenir 1 duc d'Orléans , si le combat s'engageait.

Le duc d'Orléans marcha rapidement, le 30 oc tobre sur Hamza . Au moment ou sa tête de colonn débouchait dans la vallée de ce nom , Achmet Ben-Salem, après avoir traversé l'Ouad-Nougak

(nom que porte dans cette partie de son cours l'Ouad-Beni-Mansour), se prolongeait sur la crête opposée à celle que suivait la colonne française. Le pririce royal, après avoir fait occuper fortement pat son infanterie les hauteurs qui dominent l'Ouad-Hàmsa, lança sa cavalerie dans la vallée. Les chasseurs et les spahis , conduits par le colonel Miltgen , gravirent rapidement la berge , sur la crête de laquelle parurent les cavaliers de Ben-Salem. Ceux-ci ne tardèrent pas à se replier sans tirer un coup de fusil , et le calife , dont on apercevait les drapeaux , averti que le prince royal se dirigeait sur Alger, donna Tordre à sa cavalerie de se retirer , et se porta vers l'ouest , se repliant snr Médéah , et renonçant au projet qu'il avait formé de défendre la position de Hamza.

Dès que la cavalerie eut couronné les hauteurs que les Arabes abandonnaient, le prince royal, <pri s'y était portéde sa personne, fit donner Tordre à son infanterie de remonter lai vallée et d'occuper Hamza. L'avant-garde ne tarda pa*s à s'établir autour de ce fort que Ton trouva complètement abandonné.

Le reste de la division arriva à midi.

Le fort de JEîamza est un carré étoile , dont ]m revêtements sont en partie détroits* Ltftkgmeots intérieurs construits par les Turcs n'existent plan ; onze pièces de canon, en partie enctonfes» gi s aient sur le sol ; aucune n'avait d'affût, et L'année a* trouva dans l'enceinte du fort aucun, apprêté* sionnement de bouche ou degperre*

Après une halte de deux heures t 1* colonne d'expédition se mit en marche, se portant fers te nord. La route , quoique en: partie coustauke par les Turcs , ne tarda pas à devenir difficile, et k division ne put arriver que le soir au point m elle devait bivouaquer. Elle s'établit ver* cinq' heures,, sur la rive gauche du ruisseau de Marbre.

Jusqu'à ce moment , la marche de; la colonne n'avait été troublée par aucun incident ftcheuju Sur tous les points , les populations étaient venues faire leur soumission , et l'année n'avait pas en* cure eu l'occasion de tirer un coup de ftisil. Dans la journée du lendemain, elle devait se sapproaheir du territoire de la tribu des Reni-Djaad f qui , è$ tout temps s'est montrée hostile. Désordres fusent donnés pour que la colonne manœuvrât plus serrée encore que les jputs précédents, et des mesures

tarent prises pour qu'en cas de combat la marche du convoi ne fût pas retardée.

Le 31 , vers dix heures du matin , quelques coups de fusil forent tirés de l'intérieur d'une tribu , sur l'extrême arrière-garde. Le duc d'Orléans , qui se porta rapidement vers le point attaqué , reconnut promptanent qu'une faible partie de la population prenait part à cet acte d'hostilité, et, après avoir fait répondre par quelques coups de fusil , 9 prescrivit à la colonne de continuer sa marche. La division vint faire une grande halte sur la rive droite de ItMiad-Beni-Dfaad.

Quelques cavtRers ne tardèrent pas à suivra l'amère-garde formée par le SS* léger ; leur nombre augmenta peu â peu , et ifs commencèrent , vers »e heure , à tirer sur l'infanterie qui couvrait te convoi. Les Arabes se prolongèrent ensuite par leur droite, et vinrent s'établir, au moment ou la colonne se mettait en route , sur un mamelon qui dominait la plaine. Le duc d'Orléans ne voulut pas le» laisser dans une position d'où ils pouvaient inquiéter le flanc droit de la colonne , et ils prescrivit au colonel Miftgen de gravir cette hauteur avec

sa cavalerie , en tournant la gauche des Arabes , pour les rejeter dans le ravin.

Le colonel Changarnier reçut Tordre d'appuyer ce mouvement avec deux compagnies d'élite du 2 e léger, de s'établir sur la hauteur pour permettre à la cavalerie de se retirer, et de protéger ensuite la marche de la colonne, en suivant les crêtes les plus rapprochées. Les mouvements furent exécutés avec une grande rapidité , sous les yeux du prince. Les Arabes furent culbutés, et peu d'instants après la cavalerie reprit sa position dans la plaine, et appuya le mouvement de retraite que le prince royal fit exécuter à la ligne de tirailleurs qui avait couvert le départ du convoi. Le doc d'Orléans fit continuer encore , pendant quelques moments, le feu de l'infanterie ; il ordonna ensuite de tirer deux obus sur un groupe de cavaliers qui se montraient vers la gauche. Les Arabes s'arrête* rent immédiatement, et la colonne, après deux heures de marche, vint s'établir entre l'Ouad- Beni-Djaad et TOuad-Zeitoum, à peu de distance du confluent de ces deux rivières. L'armée apprit par un ordre du jour, que la division du lieutenant

général Bulhière était réunie sur rOuad-Cad-> dara , dans le cas où elle serait appelée à prendre part aux opérations.

Le 1 er novembre , la colonne pénétra dans le massif de l'Atlas qui touche au mont Ammal : une arrière-garde formée par le 17 e léger , resta dans le camp de Benhini, pour donner le temps au convoi de gravir la pente difficile sur laquelle se développé la route des Turcs. Le colonel Corbin ne tarda pas à être attaqué ; il se retira dans un ordre parfait, et ne tirant qu'à de rares intervalles.

Le duc d'Orléans fit successivement couronner par l'infanterie toutes les crêtes qui dominent la route. La cavalerie se tenait en mesure de la soutenir au besoin , et quelques obus tirés , lorsque les Arabes se groupaient , ne tardèrent pas à les décourager. Les coups de fusil cessèrent entièrement lorsque l'arrière-garde eut dépassé Àïn-Suïtan , et la colonne continua sa marche sans accident. A quatre heures elle passa l'Ouad-Kaddara, se mit en communication avec le corps commandé par le général Dampierre , et vint s'établir à six heures du soir sous le canoiï de Fondouck.

Ainsi se termina cette entreprise qui fit éprouve?

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tant de fatigues à nos soldats , et dont le suce a'a point intimidé les Arabe».

Depuis la rupture de la paix , le sol africaii été arrosé du sang français , et les sacrifices f coniaireavont toujours en augmentant.

Loin de moi la pensée de jeter qnelque MA sur les opérations des gouverneurs de PAlgéri mais je ne puis m'empéeher de gémir sur tant pertes successives, sans avoir m le suecè* co penser du moins les vides de notre armée.

Le 31 décembre, trois bataillons de l'infante régulière d'Abd-et&adef sont venns m déplo; eu lignes devant les troupes franpiM» entre camp abandonné de rOuad-ekAJleg et les cai de Slidah. Noa fantassins ont enfcMé ces bat kros quoiqu'ils Cassent soutenus par SMunâteÀra de* tribus. Le maréchal Vallée avait s* les ait en rase campagne. Mais cet régalien , quoi déployés dans la plaine , avaient pria nue pesil avantageuse ; eo avant de leur front a'étendail ravin qui les couvrait contre la cavalerie , et de Ua faisaient on feu de deux rangs très-bien en tenu. Le 2 e régiment d'infanterie légère se pn pi ta an paa de course dans le ravin, franchit «

la mène «péfamiiéla berge opposée, et chargea à la baïonnette l'infanterie de l'émir. L'élan de ce premier choc fut décisif : 300 réguliers jonchèrent aussitôt le champ de bataille. An moment même aà les fantassins du 2 e léger enfonçaient l'ennemi , le maréchal arrivait an galop an milieu d'eux et recevait leurs acclamations.

Maintenant je dois remonter aux premières hostilités des Hadjoutes qui occupent la partie occidentale de la plaine de Mitidja , de l'autre cété de la Chifla et du Masaffran. Ils ont pour retraites habituelles la montagne d'Àflroum, les gorges si* nueuses de l'Onad-Ger , lieux impénétrables, ainsi qee le bois deftaressas, où il faudrait les traquer comme dans un repaire inextricable. La tribu des Hadjoutes se compose , en grande partie, de vauriens chassés de leur tribu natale, de vagabonds, de voleurs, de criminels et d'anciens pirates. Ainsi les Hadjontes ne sont antres qu'une bande de brigands qui , redoutés de leurs voisins , étendent te*» pillages et portent la terreur jusqu'aux montagnes de SchercheH et de Miliana . Hais c'est surfont sur Mbe territoire qu'ils exercent leurs sanguinairai déprédations. Akd-el-Kader n'a cesséde

nous faire une guerre très-meurtrière au moyeu de ces brigands que le traité de paix avait malheureusement rangés sous son autorité. Par eu , il empêchait nos établissements agricoles de s'affermir dans la plaine , sa politique étant de nous restreindre au littoral. Ces Hadjoutes ont peutêtre coupé , depuis dix ans, plus de trois cents tètes de Français. Nos camps, nos blockaus, nos lignes de postes, rien n'a pu arrêter leurs brigandages toujours renaissants : tous nos efforts de guerre et de culture se sont brisés contre une seule tribu, presque aux portes d'Alger, à la honte de notre occupation si dispendieuse.

Le camp qui porte le nom d'Ouad-el-AUeg, et qui a été évacué depuis la reprise des hostilités, est situé dans la plaine, surlesbords d'un ravin, où coule le ruisseau d'Ouad-el-AUeg (la rivière des sangsues) , à une demi-lieue du gué de la Ghiffa , Souk-el-Sebt (le marché duSebt), où nous avions, sur la rive des Hadjoutes, le camp de la Chifia, abandonnédepuisl837.Lecampd'Ouad-el-AUeg est à deux heures démarche de Blidah , et à trois du camp de Bouffarick. Sa garnison était de trois cents hommes formant un grand poste avancé du

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côté de l'ouest, dont la mission consistait à contenir les Hadjoutes , à réprimer leurs maraudages perpétuels , et à prêter secours aux tribus arabes de notre territoire.

Dans les premiers jours d'octobre 1839 , les Hadjoutes fondirent sur la tribu amie de Béni- Khalil , lui tuèrent plusieurs hommes , et lui volèrent ses boeufs. Quelques jours après, celle-ci se mit en campagne pour reprendre ses bœufs et venger la mort des guerriers qui avaient succombé sous les coups perfides des Hadjoutes : ceux-ci , de leur côté, volèrent aux armes et passèrent sur la rive droite de la Chiffa.

Le chef de bataillon Raphel , instruit de ces démonstrations armées , monte à cheval et marche à la tête d'un piquet de chasseurs d'Afrique contre lés Hadjoutes , commandés par le féroce El-Bécbir, à qui il reproche d'enfreindre le traité, en violant notre territoire à main armée. Celui-ci répond avec insolence que c'est une querelle entre Arabes, et que les Français n'ont pas le droit de s'en mêler. Le commandant Raphel, retenu par la défense expresse de commencer le feu avec les

Hadjoutes, rentre a& camp et laisse «es demi sur notre territoire.

Depuis cette bravade impunie, les Hadjou exercent de nouveaux brigandages contre nos liés. Le 12 octobre , ils massacrent an homme la tribu de Bernou, à deux cents fias do ean Le commandant Raphel monte à cheval avec qu ques cavaliers ; les Hadjoutes les reçoivent a 001 de fusil ; un brigadier est tué : bientôt les piUar< à la vue d'un nouveau piquet d'infanterie in fttise , prennent honteusement la fuite.

Après ce premier engagement , un mois * tier se passa sans hostilités apparentes. Il pai qu'Abd-el-Kader et ses lieutenants n'étaient encore prêts. Les beys de Médéahet de Mili particulièrement n'avaient pu réunir leurs co m gents , et les troupes régulières de l'émir ne saient que partir de Tagadempt, quiest àsoixi feues d'Alger.

Les Hadjoutes, informés decesgrands préjm tifs, brusquèrent la guerre, dons l'unique bqi piller les premiers les fermes de la plaine etd'4 moins de co-partageauts. La dépouille de oo»

dats surpris pendant une paix trompeuse, et le prix de leurs têtes taxé à cinquante boudjous, ou cent francs, étaient pour ces barbares un trop puissant appât. Le 10 novembre, un mois après les premiers coups de fusil , on aperçoit du camp d'OuadeV-AUeg , un chasseur d'Afrique et un gendarme, tous les deux à cheval 9 qui se jettent à travers le troupeau des Bernous , effraient les bœufs , les excitent et les font courir vers la Chiffa. Ces deux hommes étaient deux Hadjoutes déguisés. Les gens de la tribu des Bernous courent après leurs animaux pour les ramener. Aussitôt une centaine de cavaliers Hadjoutes , embusqués , se montrent pour assurer l'accomplissement du vol. Le commandant Raphel, toujours vigilant, toujours intrépide, monte aussitôt à cheval avec un trentaine de chasseurs d'Afrique , se faisant suivre de deux détachements du 24 e de ligne , de quarante hommes chacun. Un nouveau parti de Hadjoutes se montre alors : ces brigands sont au nombre de|trois cents. Le commandant français laisserait-il enlever le troupeau d'une tribu confiée à sa garde , et restera-t~il spectateur inactif d'une aussi grande violation' des traités ? Non , il ne peut

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fc'y résigner; fl croît Hionneur français compromis

auprès de nos alliés s*fl ne leur porte secours ,

tatéffle avec dès forces plus qu'insuffisantes. fi

^charge dôtoc l'ennemi sans regarder au nombre ;

quatre di&ssenrsttrtribertt à ses côtés ; l'un S'eut

«*est que Blesse : Je brave Raphel qui voit les

Arabes se ruer *ur ce soldat pour lui couper

lu tête, selon leur affreuse babitude , se précipite

Mïhifieu dVux le ssibre a? poing , et parvient aie

««ver : waighn-ménietombe dans lamAée/frappê

<û f \m ccrap mortel : il est aussitôt décapîtë. Àti

^tttêmeîfrttentl^Tarfterîe arrôe au pas de course»

A h vue da cadavre de leur brave commandait,

le* soldats du 84* de figue, emportés par tme

Tttdetote^xaspèriitîéti, A'attgettt tes cavaliers flad-

îfatrtes h % baïonnette, lés 'forcent à repasser

4a CMfla , saivéTft eut-mêmes Veimemî , bien

«^t%5 «tel* ée Feau jusque te téïtitttre , et pour-

suivait iMur'eodt-ie £u^%fHât>àch' m ferme 4e

WÊaàp , * ufi mille 8e la rmfcrè , flans la dtrec-

4km ëu^boîs de l ft»re^*s : ife rentrent erlfiti aa

camp ancafclé^^defirti^ie^ chargés 3u cor^s^te

leor géaéneax HJm wrt fiffn datft et 4e leurs 5 mafhefr»

Mm >ft*num3ets *€&tait la pwwrifre fc» <pm

toous franchissions la rivière depuis la paix.

Telle firt la mort de l'infortuné commandât* TVaphel , mort glorieuse et bien dîgwe 8e figurer dans la trop sanglante histoire de ï 1 Algérie.

Çourra-t-on croire qu'après cestmttvefles monstruosités, l'administration d'Alger, soïis prétexte que les Hadjoutes avaient setfls figwé sur le terrain , traita iTéchatifourée le funeste combat du •ÏO novembre ! Cependant le 1 2 , les Arabes commencent à tirailler contre Te eamptfe BWdaâv; Je "13 , ïls brûlent le taoufîn tte rOuad-^abrr , en vue de la casbab de cette vffle^, le 14 /ils dévastent la propriété d'un cblori ïratiçafe , mm 4e camp supérieur de BlMab;Ies jours snmmfts, tes Hadjoutes attaquent les tribus paTsfoAes 8e fiotrf- "ferick , au centre de la plaine , trt le canon du camp retentit pour ïa pneafière fcis; te 1S, ces forcenés viennent piller la ttfa^'Absira, pcès Su blokaus de TJeni-Meted -, tartre le camp fl'Ouad-el-ABeg, et les deux autres. Lea détachements partent, comme à Tordmaire, pour la correspondance entre les campa .

Le 20 novembre , les'beys fleMHtelia tft et M4déah avaient traversé la Chiffe, à te tfcte de mille

£ douze cents hommes chacun; guidés dans la plaine , à travers les postes français , par les Hadjoutes. Deux convois étaient partis de Boufiarick; celui qui suivait la route de Blidah ayant été secouru à temps près de Méred par une sortie de la garnison de Boufiarick , fut sauvé. L'autre com r posé de trente hommes du 23 e de ligne, commandé par le sous-lieutenant Golomer , conduisant un convoi à Ouad-el-AUeg, fut exterminé. Un grenadier fat relevé couvert de sei?e coups de feu et de yatagan , dont aucun ne se trouva mortel. Sa figure sillonnée de blessures était si hideuse que les Arabes , ne lui ayant point coupé la tête comme aux autres , le laissèrent pour mort sur le champ de carnage. Ce malheureux fut pluseui s jours sans pouvoir parler. Depuis , il a raconté cette scène tragique ; le sous-lieutenant Golomer n'a manqué ni de présence d'esprit, ni même d'héroïsme. Apercevant une masse de cavalene qui venait fondre sur son faible détachement» i* ut serrer ses six voitures sur deux files , et avant d'être cerné, il dépêcha un chasseur à cheval à Louffarick pour demander du renfort. On ne put Jui en envoyé* ; car la garnison venait de voler au

secours de l'autre convoi. Les trente hommes disposés derrière les voitures firent un feu soutenu et meurtrier. « Mes amis , leur disait l'officier , montrez que vous êtes Français , et que chacun de vous vaut vingt Bédouins. » Mais les Arabes étaient quarante contre un. « Soldats du 23 e , leur cria-t-il encore au dernier moment, s'il faut périr ici , vendons-leur chèrement nos têtes. » Les cartouches furent bientôt épuisées ; alors commença Phorrible boucherie. Une aussi héroïque résignation restait dans l'oubli , sans ce brave grenadier, sorti, on peut le dire , de la tombe , pour proclamer l'héroïsme du sous-lieutenant Colomer et des braves qu'il avait l'honneur de commander. Le grenadier , sauvé comme par miracle , se nomme Galais.

Il me reste une dernière catastrophe à raconter, la plus sanglante de toutes , celle où cent cinquante à deux cents hommes du camp d'Ouadel-AHeg eurent à soutenir en rase campagne l'attaque furieuse de deux mille quatre cents Arabes. Cette affaire est la plus funeste que nous ayons eue en Afrique avec celle de la Maca : cent huit tètes de nos braves tombèrent sous le yatagan.

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C'est? le 21 «ovembce ,.le.leadeaiaia même de la destruction do* Goawi, qu arsiva. ce nouveau roalbei*. Le camp. d'Ouad-el-Àllag était commandé , depuis la mort da l'u^épideRaphel, par M.de Galleroaud,, autre chef debataiIioûdu2A e de ligne. Ou igtcpait r,affjc«ux. désaxe delà veille* D'après L'ordre de service de chaqw jour , ua détachement porté à cinquante hommes au lien de trente r sa dirigea, su* la. route d* Blidah : M» Bardet, sous-lieuteitfirt, devait ,,daes le cas où il apercevrait L'ennemit, rétrograder.; iUui avait été, <fe plus „ enjoint de faire la même manœuvre , s'il m, wjait pas veau 4aw U plaine le piquet. du camp de Hidah»,

. Le détachement d'Quad'-eMJleg avait à peina parcouru un quart dis. lieue** qpe les. Arabes en gr«fid MDabn&fNravent à l'horizon. L'offiaierrétrggrad* sur-le^twmp : cte sw tétév la.garuÎ6QH prit to$; angwa», Le conHWiatfl mk GaJUahaad. sortit aw<j deiiA «ompagwes du 214 e da ligpe et? un pelote* an 1" ebftsatftfs è'Mtopm» dtona k lwt de proléfwla ceuti?ée> dto piquet. Mtfi» l'offlteiar voyant «wt#erJa§arats«a, a koftgim qu elto marchait è L'toaeiHtSi. et sa owaidérart dfc km

comme Favant-garde f il rebroussât, et se.rogifi k marcher en avant. Cette fatale méprise fui hi cause de tout le désastre ; ce malheureux officiel: la paya de sa tête.

Les Arabes arrivaient au galop. Pour ne pa& abandonner ce détachement à ume perte certaine,, le. commandant continua de marcher, espérant que l'officier s'arrêterait enfin % ou qu'on le joindrait. Vain espoir ! Mais les, hommes de la. sorûa regarderaient comme une lâcheté d'abandonné»

leurs camarades. Déjà on est à une demi-Kewjç, 4m camp ; on est coupé par remuerai: bientôt le dém lâchement est écharpé et culbuté sur lç r Qprps^ principal , où il porte le désordre. Dea masses d'Arabes se démasquent de toutes parts ; qoç tir<pj{|eurs s'empressent de rejoindre le carré formé à la tyU&î» la retraite commence wus uoe^rèle de. b^Jl^â ^ c'est une lutte corps-à-oorps, pédant l#pell* les Awbes sènveat la route de moi&s efc4? blfssés. qu'on, abandonne avec désespoir^ La situation* détient de plus en plus critique. Ep marche * un carré n'offre pas une ferme résistance ; cependant on s arrête de temps en temps pçpr efl&çutçc; qo feu plus assuré. Ce. combat* QftplnfAt Çfcttfc

affreuse agonie se prolonge près de deux heures. II ne restait plus d'officiers. Le commandement échut au sergent-major Hauskenek qui fut digne de cette honorable mission , et ramena la colonne sous le parapet du camp , où il ne se trouvait qu'une soixantaine d'hommes et quelques canonnière. Trente coups de canon à boulets et dix à mitraille habilement dirigés par le brigadier Texier- Delaunay protégèrent admirablement la rentrée. Sans le ravage et l'iutimidation ainsi portés au milieu des Arabes, le désastre eût encore été plus grand. Aux approches du camp , une nouvelle charge, plus furieuse que les autres, assaillit nos soldats ; trente tombèrent encore pour ne plus se relever. Ce fut la dernière tentative de l'ennemi : le jour baissait ; les beys se retirèrent avec leur monde. Trois cents Hadjoutes restèrent pour dépouiller les morts , achever les blessés , et couper les têtes. Cette scène horrible avait lieu à quelques pas du camp , sous les regards épouvantés de nos soldats qui , bien que trois fois décimés , s'élancent de nouveau hors de l'enceinte qui protège leurs corps fatigués et couverts de blessures : les Hadjoutes intimidés , fuient devant

cinquante Français sans armes : ces derniers son assez heureux , grâce à la fusillade que leurs camarades ne cessent de faire de dessus le parapet , pour rapporter dans leurs bras huit sous-officiers ou soldats et un capitaine. La garnison voulut ensuite accomplir un devoir religieux, celui de recueillir ses morts et de les ensevelir. On en releva cent huit , dont quatre-vingt-dix-huit sans tête. Le? soldats échelonnés sur la route et formant en quelque sorte la chaîne , recevaient successivement les cadavres nus et décapités de leurs camarades . En ce moment parut une colonne française : elle venait de Blidah , sous les ordres du 24 e de ligne ; mais ce secours était trop tardif : l'yatagan avait terminé son œuvre sanglante.

Telle fut l'affaire d'Ouad-el-AUeg; le soldat français y donna les plus beaux exemples de toutes les vertus militaires. La patrie et l'armée ont droit de s'enorgueillir d'eux : leur constance fut plus grande que leur désastre.

Au moment où les Arabes, redoublantd'eiïorts, barraient les approches du camp aux débris de cette petite colonne, le capitaine de voltigeurs Grandchamps fraya le passage à coups de sabre.

Eo cet instant c'était une Lutte c<Hfl^»carçw,,ei à l'anae blanche. Getktqqpide officier a,r£^<£ii«a& à dix-huit coups de yatagaa* IL a été décapé T 6 a brave peut porter aveaocg nôii le aigpe <pu par* »« poitrine cicatrisée, il l'a nobleroeot gpgpé., comme aua bai** jours de l'Empire,

Je paflfiesw^itfeiM^plu^aurâifaits.peujiaipoftapts, et j'ai vcaimeothâtede retracer leajournée* 4ss&, 4, SetfrftnieriMO.

ta (Wens^d« Mawgraià^ftt gra^oesuf l'airai».

Mostaganem , Mazagraa et ftlatamonesoot taeu» villes située&daAfr le. territoire d'Qratu

MûstaganâBi^à une lieue delà raer v surufte oallim assez étendue, est k plus considérable : eUe est distante du port dAjrzew d'environ deu&tieuQ* et demie, si l'o* £ait ee.trajet paume*;: par terre , ilifNft de pfè&devipgjt lieues.

La popute ko a de M<*staganera f; autrefois soti&tt éérable,, était «maore/d* 15,000 âme* en *880* mais depuis l'occupation française , elle a- été né!-' <Nte à trxris( ottjftt^emtoi iwKwdto,, parmi lesqéefe il feut compter les Tunes ou CoulougHft^. m^ eerporés dans le&brovfres du. beylifc.

Matamore, très-rapproché de Ifastagaoem., es£

bâtie suc uq point culminant et peut étre^reçprdfe comme la citadelle de cette ville. A l'ouest, àu&e lieue et demie environ , on découvre Mwagran :. oa y arrive soit par une plaine , naguère, étalant toutes les richesses d'une culture abondante et va-r riée. 9 soit en suivant la crête du coteau , d'où le» désordres de la guerre , et surtout une mauvaise administration militaire , ont fait disparaître les glus belles plantations.

Cette fatale habitude de sacrifier au besoin du moment , et de gaspiller partout les ressources du lendemain , a produit des résultais bien fâcheux.. Les Maures , les Crabes entretenant avec tant de soin leurs ombrages , leurs jardins , leur? plantations d'orangers , de figuiers , d'oliWers et de grenadiers , nous accusaient de changer leurs précieuses possessions $n un vaste désert.

Les masures de Mazagran sont dominées par un réduit composé de deux marabouts que. le général Desmichels a fait fermer et qui se joignent par quelques ouvrages en. tenre : des fossés peu profonds et des murs en pierres sèches complé*tpnt le système de défense, qui n'arrêterait pas Une compagnie de grenadiers ou de voltigeur»

français. Le capitaine Lelièvre y commandait cent vingt-trois hommes de la 10 e compagnie du bataillon d'Afrique.

Le 2 février, rien n'annonçait encore l'approche de l'ennemi : puis quelques Bédouins parurent et disparurent dans le lointain : on pouvait ' distinguer tous leurs mouvements avec une longue-vue. Enfin , les vedettes signalèrent les Arabes. Déjà le réduit est enveloppé par une multitude qui pousse des cris sauvages , en agitant ses drapeaux et ses armes. Le coteau , la plaine sont couverts d'Arabes qui s'attendent à pénétrer dans les deux marabouts, sans coup férir.

L'alerte avait été si imprévue et si rapide , que le lieutenant Mugnan , qui était hors des murs , n'eut pas le temps de rentrer avant là fermeture des portes : on fut forcé de le hisser à l'aide d'une corde.

Les beys de Tlemcen et de Mascara commandaient les assiégeants. Bientôt un bataillon d'infanterie discipliné à l'Européenne et de l'artillerie, sous les ordres de Mustapha-Ben-Tamy , s'établirent dans les maisons voisines : en moins de rien f celles-ci furent percées de créneaux , et

deux batteries placées à une demi-portée de fiisil , sur un plateau qui dominait légèrement la position française. La faible garnison , approvisionnée de grenades et de quarante mille cartouches , n'avait pour riposter à l'artillerie de Mustapha-Bten-Tamy, qu'une pièce de campagne de petit calibre.

Bientôt commença la vraie fusillade : alors la cavalerie se rapprocha et tira des milliers de coups de fusil : l'artillerie battit avec vigueur les murailles dont les éclats incommodaient beaucoup les 123 défenseurs delà bicoque, métamorphosée ce jour-là en une véritable citadelle.

Les quatre cents fantassins réguliers d'Abd-el- Kader, soutenus par d'autres troupes d'élite et par plusieurs milliers de cavaliers , se forment en colonnes qui s'avancent de tous côtés. La pièce unique des assiégés , est pointée avec tant de justesse qu'elle porte le ravage dans les rangs pressés des Arabes : ceux qui reviennent à l'assaut sont obligés de passer sur un monceau d'hommes et de chevaux. De part et d'autre l'acharnement est le même : à la fin une espèce de rage s'empare des assiégeants ; leur artillerie a fait une brèche que

-«4k$ Fsaojcfti* parviennent à bowbet A*w dfl* saç* de terre. Les Arabes .s'y précipitent eu furieux et cherchent à les arracher : les assiégée Qnt re- CQtffs à la baïonnette et lancent à propos de* graoad^s an milieu des groupes ennemis, la nuit ne met pas fin au combat ; le* pertes des Atabea ne font qu'exalter leur fanatisme ; ils se glissent dans l'ombre pour épier le moment d'uoasurprise : le* Français , sur leurs gardes.* rivalisent d'activité et d'adresse peu* ferme* jqa ouvertures faites par les boulets. Les Arahea f ne trouvant pas leur nombre suffisant, .envoient chercher de* renforts : une réserve cou#dérable v accourt* des cavaliers se ruent pac milliers contre Majafcaa : quatre-vingt-deux tribus „ dont plusieui* touchent au désert , ont foucqitlepr cpjntyrçepU Mustapba-Ben-Tamj leur a proxpis la victoire ;, les marabouts les enflamment par des» paroles, mensongères ; un registre est ouvert pour l'assaut ;, deux mille Arabes s'y font inscrire sur-lei-champ fc A chaque instant les lignes des assaillante s'épaisgipseni en. rétrécissant, le cercle dans^lequel les Enan&aij}, sont renfermés- ;, ces frrcanés semblant' vouloir les étouffer, à force de les ^trçipdre. 'La

fa maaaiUeft, tk l*e deu* wiil* Arabes» d'élite jugeant tabr&ie praticable , a'y pfiéd(àiteut avo; impétuosité ^ ils eoub *ig<Mwett&aa*ettt repoussé». M» Us feigMBfe un. mome&t d'éU^dëcour a#§&« ma» le capitaine Ldièufe n'est pafcduye de cette nsae»,, et feint IniHtténm que la faible ganusea* manquant) de muaition»» est séduite au* aboi».; i recommande- un gaaud aitaoae, un. sileua&.d* madfc* assignant à «hacuni aon> peste s iea.b&fti de MaaapwiL » couchent à plat vestale ,. l& lisil armé* ; dhÈ à peina, srtl» eseilL uespirer. Las Arabes tombant: cfaa& le 'panneau. Ait memeaT au , pleimde sâcnrifeé, ils envahissent la place, lai Français se. fêtèrent et font fête toue à la lai»; chaque eoupreatenexià Bédouin : ta baifeiwatt* et le sabre u&fjeBtaiit^Hifr oisifs; le réduit est jstf* ehè de v ead aavee* lar:baèdb» e* e$t oamUée ,. «lîé* tendard du prophète est renversé ,, maillé, de sang et de boue. L'ennemi,, déeoneerté, épctfdu, l'enfufii. Cependant lbs Arabes ae rallient : il* m* viennent à la charge. Des peu très et des madmm sont placés «outre ta* ngirailie», lf ennemi **'a* sert en guise d'éotaHei/ptiur monter à L'assaut,;

mais à mesure qu'il arrive , on le reçoit à coupa de baïonnette. Cette résistance étonne les Arabes (fut ne se croient plus, les soldats de l'armée sainte : l'émir ne les a-t-il pas envoyés pour vaincre ou mourir ? Pleins de foreur ils s'avancent pour un troisième assaut ; affrontant le feu des assiégés , ils plantent à une portée de pistolet trois drapeau qu'environne aussitôt une troupe intrépide qui tombe et se renouvelle sans cesse : les cadavres s'amoncellent autour de ces enseignes de mort*

Le 6 , le signal d'un nouvel assaut est donné ; mais l'impétuosité des Arabes s'est refroidie ; on remarque une certaine hésitation dans leurs rangs. Bientôt ils répètent que le destin leur est contraire et que Dieu combat pour les Français. Quelques cou]» de fusil ajoutent à leur triste conviction. Enfin plongés dans la consternation > ils enlèvent leurs drapeaux , replient leurs tentes , emportent leurs morts.

Après leur départ on a découvert de vastes silos encore remplis de cadavres : ils étaient au nombre de six à sept cents, aussi les Arabes poussaient-ils des cris déchirants qui arrivaient jusqu'aux décombres de Mazagran.

Du côté des Français la perte fat minime : trois hommes tués et seize blessés.

Àbd-el-Kader eut à déplorer la perte de presque tout le bataillon d'infanterie , instruit à la française , et sur lequel il comptait beaucoup. Si Mazagran eût été pris , ce chef audacieux marchait sur Oran , et toutes les tribus levées en masse eussent alors porté le fer et la flamme dans toute la Régence.

Heureusement que les Arabes n'étant soumis à aucune discipline , rejetèrent l'avis de leurs chefs, qui voulaient former un cordon autour de Mazagran pour prendrela faible garnison parla famine. Cette dernière n'avait plus qu'une ration de biscuit.

Pendant cette résistance héroïque , la garnison de Mostaganem n'était pas restée oisive. Dès le premier jour elle s'était mise en marche pour secourir le capitaine Lelièvïe et ses braveô compagnons ; mais te lieutenant-colonel Dubarreui! était dans un grand embarras : s'il partait avec tout' son monde, l'ennemi filant sur ses derrières pouvait lui couper tout moyen de retraite et s'emparer de Mostaganem ; s'il divisait ses forces, il conservait encore tes mêmes craintes , et il n'avait

pas. l'espoir de foire une trouée jusqu'à Maïa0r»n: il ne pouvait donc que tenter une faible diversion* sans trop s'éloigper ^ c'est ce qu'il fit. Gçtte précaution eut les plus heureux résultat* ; lf s baJbî~* t*nts, persuadés que cette petite colonne ne paur*çaiteffectuersa retraite, se préparaient à la fui** lorsque le Iteutenaot^oloneL reparut avec $#s braves protégés par une ligne de tirailleurs» Le lendemain et les jours suivants on manœuvra de même. La colonne était composée de trois oopts hopimes précédés, de deux. pièces de cajw>u f sous les ordres du capitaine Palais : dix autres p^ge* avaient été disposées pour protéger U reteaiie. I4 dernière sortie eut lieu le. 6. A. peine les troisceut* braves étaient-ils hors des umrs. qu'ils ûvmt wement attaqués par huit mille Axahes,; cette l*ty* opiniâtre se prolongea jusqu'à* la,«*iit»

Le lendemain ,Ja plaine ét*ni,ldw» un* parti* 4e la gawisou de Mostagpnem s'achemina vws Hoza^an^ Cet furent de ^pnd&cnja de joie de part et d'autre ; ongprta en triomphe les lambeau* 4<* di^aucpilottaitin^estn^ mines du réduit. Daoa u^oçdradujomv, Wg/&fa Mi (méhéneuja a dit que; ce Jkpjbéft &&&>*< »*

quitterait plu? le premier bataillon d'Afrique^ Maintenant, laissant de côté 4e nombreuse!

mais insignifiantes razzias ^ je dais, donner une de&adptàôtt plus conjJète de Constantin^

Le» féeries» orientales ne pourraient imaginée une ville de guerre plus escarpée et plus iua^ces-» siUe : aaaiae, amwae i« l'aï déjà dit» sur un roches* dent La* fa** taittte à fk ot d'un* immense haii^ tew»â*mMe<>t défier toutes les attaqjaes des b$w« mes» «etle ptece a la former d'un quadrilatère igrégatoy disposé m amphithéâtre. Baux de se* a4té*u dirigés, à l'est et au nord, sont domina pac te Maaâ«w«ai H et ep spRt séparée dao& toute leu* ét*Mu&pac uaraviaétrait* de; plusieurs çentang* de pieds de profondeur, dans lequel coule le ilttaiïpei t .ta»t4t)àdécQu,\e£tw tantôt squs des coûtât mmfommm&eaàéto pap les» eau*. Uto pont* dttraé feft fMcadfi* éUtoeétift et légères » pacai&QiA «gics dfl TabîtoÊ par quelque effort sufhwuw», esîeté èfe anglede MM?DBète de e»èttiir boas + et 4laHi0mt iarçe efc faeiie^Qnitttnieaèiea woùlê Ihnflo rirr ; ée»)h«tteKS BwMf lié»», A* baguai gatmèa d» picnrwdfc tiullev a&:fM»t VfchritaB.Ift délmr jfa&tyimpaarÉ* leseaaf éètife m» agr«Ag# <pi

tous protègent le pont et l'intervalle qui le sépare de la dernière porte de la ville, rendent cet abord presque inexpugnable.

Le côté opposé de Gonstantine , tourné vers le sud , est dominé à son tour, dans une partie de sa largeur, par le Coudiat-Àti , dont il est séparé par *un espace assez profond , disposé en courbe presque régulière. La route de Tunis y est tracée , et reçoit plusieurs embranchements conduisant au* trois portes Bab-el-Djebia , Bab-el-Oued , Bab-ei- Djedid , qui sont cachées dans les angle» rentrants des remparts , et protégées par des bastions eti saillie et casemates. C'est là le seul point où te focher sur lequel la ville est bâtie ne soit pas* à pic.

Le quatrième et dernier côté de Gonstantine a le plus de hauteur, et est dirigé vers le sud-oaest , au-dessus d'une plaine assez étendue, parseméede €Mrs d'eau et brillante de végétation vigoureuse. Les angles formés par les quatre angles.de Go&gtantine en complètent l'enceinte; Pun,aiguetmoins élevé, se termine presque en pointe entre le Mansoura et le Coudiat-Àti : il est tourné vers l'Orient et côtoyé, d'un côté, parle Ruraipel, et de l'autre,

par le ravin que j'ai indiqué. Le second est au prat d'El-Cantara. Des deux autres angles, le premier, sud-ouest, répond à l'extrémité du Coudiat- Àti; l'autre, nord-ouest, aux derniers escarpementsduMansoura; tous deux situés à des hauteurs inaccessibles, ont vue sur la plaine, où vient mourir le soleil couchant.

La ville, d'un aspect triste et sombre, recouverte de tuiles et bâtie en boue grisâtre sur des fondations de pierres de taille , appartenant à une époque plus ancienne , oflre une teinte uniforme bien éloignée de l'éclat des blanches murailles d'Alger. Les maisons petites et serrées les unes contre les autres, comme dans tous les lieux forcément limités on la population ne peut s'étendre, laissent apercevoir çà et là quelques édifices plus considérables, et une douzaine de mosquées élèvent dans les aup leurs maigres minarets ; mais nul signe de vie n'apparaît d*ns la place, aucune fumée ne nous rappelle l'activité incessante et partout infatigable de nos villes d'Europe ; la nuit, on nyjistingue aucune lumière, et la ville semble déserte.

Mes jeunes lecteurs ont sans doute remarqué, eu tète de ce chapitre, le nom de Mascara , et le peu

fle mots consacras -à tette bataille. O tï*est pofrfc Se tira part une omission. Craigttirttdetfop ni'ift. Tendre sur l'Algérie , je votflais , pawr aSwsi dire, analyser les farts principaux ; mais tes Ironies prea- Hrites à cet ouvrage me permettant êfcTevemr wr Ttm de nos plus glorieux feitetTarmes «n Afrique, je reprends mon récit.

Les préparatifs de l'expédition ëtarit achevés > les troupes *de hrates armes se mirent en tnmiw- Ttttnt te 26 novembre 1835.

iJVraée&dit divisée enipatre'brigaifes : temai&jhal de campOudinot commandait laprewftre, fe marëchal de camp Perregatix la dentième , -h marédwfl de camp d'ÂTlanges la troistême, le co- ^àttél Combes la quatrième : la réserve ëtaBt stras les wdres du colond de Beaufort.

Pendant que tes troupes s'êlaHissaîerit ailtoér flu camp duYîguier, le marédhal Clauzel poussa lui-même une reconnaissance jusqu'au Sebkha fterre salée) sans avoir d'autres nouvelles fleTén- "nemi que llpparïtion d'une vingtaine de feux allumés sûr quelques mamelons de FAflas et surle territoire des Béni-Amer.

Le lendemain , le général Oudinot reçut Tordre

àeyirtiiir$<tàtie*pitftér en ayant, et se rendre I l'ancien camp de Tlêlat , flôrït les retranchements tfavaieiUfës^ détruits parles Arabes.

*e*dâtfr*e temps , 1e marëdial Clauzel levait tfeBhftiVèlheilt'te eatijp du Figuier, emmenant la brigade (TArlafnges , la réserve, le parc d'aitfflerie «t Tes eoffvôis de farinée.

Il poussa unelieue au-défà fleTlétet. Le £9, à *Sept heures fluttiafin , les troupes étaient sous les witaes.XegénëiraïChiflinot, commandant î*avantgarile, dêfcotrcira par fo foute qiri , traversant la IWèt de Wfuîey-ïsrtiael , tonfluït dansia plaine 9a ôîg. Le parc fl'&rifllerié et tous lesbagages'dèîarniée suivaient fa même route ; le cofloriel Côitibefc tSMnttiandaHTàrrière-gaircte^t Tescortë du convoi. lies brigades des généraux tf'Arlanges et Perrepcux ïtfarchaîetït Terrées en masse parallèlement % lu brigatte ©udttïtft , tjui se trouvait înriga#e de

'On franchît , datte im^tàrep&iïtfit , le dëfflê 8è deèx fîewes fenrfé -partes fdrôts de fttoley-ïsmael , tA'Ie ^néralTrfeel combattît Âbd-ei-Kader ou trrofeifte juto derriier. tfae ^centaine JT Arabes setiletneutflauquaîefltla droïlê fleïarmêe, se bornant

à tirer quelques coups de fusil hors de portée, auxquels on dédaigna de répondre.

A une heure après midi , toutes les colonnes étaient réunies dans une plaine immense , à deux lieues et demie de la rivière du Sig. Le soleil brillait d'un si vif éclat, que cette rivière ressemblait à une lave ardente. Les Turcs et les Arabes du bey Ibrahim précédaient l'armée.

A moitié chemin de l'espace qui sépare la forêt de Muley-Ismael du Sig , un parti ennemi d'une centaine de chevaux , se présenta en avant de la colonne du bey Ibrahim , qui la fit charger et disperser par ses cavaliers. A cirçq heures du. soir» les Zouaves et les troupes d'Ibrahim étaient établi? de l'autre côté du Sig, et toute l'armée formait, comme au camp de Tlélat , un immense carré renfermant les parcs et les équipages. Une halte sur le Sig était indispensable ; c'était à partir de» cette position que les obstacles sérieux devaient se rencontrer devant l'armée. Le maréchal Clapzel ordonna en conséquence , au colonel du génie Lemercier, de tracer sur la rive droite de h rivière un camp retranché, pou^njt contenir tous les équipages , et dans lequel une garnison de mille

hommes pût résister à toute entreprise de l'ennemi. Le 30 au soir, les travaux touchaient à leur terme. Pendant cette journée, les Arabes ne commirent contre nous aucune hostilité ; mais ils vinrent établir leur camp au pied de l'Atlas , sur la rive droite du Sig, et par conséquent sur la droite de notre camp. Leurs troupes se réunirent successivement sur ce point , où l'on voyait dans la soirée une masse d'environ quatre mille hommes , tant cavalerie qu'infanterie.

Le 1 er décembre, à une heure après-midi, le maréchal Clauzel sortit du camp, emmenant avec loi le bataillon d'Afrique , un bataillon du 17 e léger, un du 2 e de la même arme, les zouaves, les Arabes d'Ibrahim , le 2 e régiment de chasseurs à cheval et la batterie de campagne. Nos troupes auxiliaires se portèrent en avant avec beaucoup d'ardeur, soutenues par le 2 e de chasseurs, parles zouaves du commandant Lamoricière, et par deux pièces de canon ; elles chargèrent avec intrépidité les Arabes réunis au nombre de quinze à dixhuit mille hommes auprès d'un marabout , en avant de leur position. Ce poste fut enlevé avec la rapidité de l'éclair; et nos troupes, s'abandonnant

à leur ardeur habituelle, pénétrèrent assez prompt tement dans le camp ennemi. pour s'emparer d'une partie des tentes , que les Arabes essayèrent vainement d'enlever et de transporter sur la montagne.

Bientôt, les cavaliers et l'infanterie qu 'Ab-el- Kader tenait renfermés dans une gorge profonde accoururent au secours des fuyards, et vinrent prendre successivement part au combat qui se prolongea longtemps au pied de l'Atlas, entre nos tirailleurs, soutenus par l'artillerie et six mille cavaliers arabes environ , au milieu desquels combattaient des fantassins dont il était difficile d'apprécier le nombre.

Dans cette rencontre qu'on^peut appeler eombat, les Arabes montrèrent du courage et ne reculèrent pas même devant le canon. Leurs perte? forent plus grandes que celles des Français*. Enfin , les troupes de l'émir , écrasées par la mîr traille* furent obligées de battre en retraite.

4/effet moral de ce premier succès Iat4mniensç sur l'esprit des Arabes : ils purent comprendre Ijoe la valeur française suppléait au nombre*

Le 3 décembre, après un jour de repos, le *aa-

tèchal Ctaozèl quitta la position qu'il avait fortifiée.

Entre le Sig et l'ïïabrah , on rencontre d*e -plaine de sept lieues d'étendue : *cétte kmgae marche devait nécessairement se ifoire an milieu d'une nombreuse armée de cavaliers non moins actifs que dangereux.

À peine les troupes *d« cotaael Combes avaientelles quitté la dve 'droite d»*Sig* «pelles tarent assaillies par un parti d en vironteoko^edievatrx, qui, pendant tonte ia journée, eestya vainement d'entamer la coktime. MJHe<à<do&ie cents Àrabea, quittant la position qu'ils ©coupaient sur les mamelons inférieurs 4e la montagne » s'éteadirent ««•la droite du maréchal Clauaëi, l'attaquaiïtsvec assez peu de viguear, et pararesfmtuésGreer leurs eflbrts pour je morn* «ù cekii-oi m ùt&ùversk <aw prises a\e(>l«n»irdont4e^tFeope«,éeh©lcoftéeB ■près de la Toutes «e 'disposaient 7 * im fenmer le passage; enfin,, càïq à nàzmïïle mmiàm *sséîni* nés en faee , surla gauche, «ccapaï«nt aos Émit» tours „ sans setamifir \m mol iiotiiutBa nuanete^de ia colonne.

Ue m&véâïà CiamebarrifB «dm* tat<8«bede

bataille jusqu'à la hauteur de Sidi-Guarouf, où se trouvait le camp d'Abd-el-Kader. Celui-ci, toujours persuadé que le maréchal allait prendre la route de Mascara , mit en mouvement sa nombreuse cavalerie et son infanterie régulière, au milieu de laquelle il marchait en personne , entouré de ses principaux chefs et de ses étendards. Profitant de ce moment» où l'ennemi lui présentait ainsi des masses , le maréchal Glauzel fit avancer «ntre les tirailleurs et le flanc droit de la brigade Perregaux plusieurs pièces de canon , dont le feu lut si bien dirigé, que le premier coup pointé sur le groupe qui entourait Abd-el-Kader blessa son secrétaire qui marchait près de lui, et tua le portedrapeau du bataillon régulier. Environ cinquante boulets et autant d'obus lancés contre les Arabes, les obligèrent à s'appuyer tout à fait à la montagne et à regagner en désordre les positions qu'ils se proposaient de défendre contre nous. Mais lorsqu'ils virent le maréchal Clauzel continuer sa route en plaine, et qu'il devint évident pour eux qu'il ne prenait pas la route directe de Mascara , nous eûmes en un clin d'oeil , sur les bras, des milliers de cavaliers , l'infanterie régulière et les fantassins

irréguliers combattant au milieu des chevaux de la cavalerie.

Nos tirailleurs et l'artillerie protégèrent la marche des colonnes qui se dirigeaient par une route plus courte que celle des Arabes, sur l'Habrah, dont le maréchal Glauzel connaissait le défilé dangereux ; aussi donna-t-il Tordre de serrer les rangs et de prendre un peu de repos.

Abd-el-Kader avait bien jugé des avantagesque lui donnait , pour livrer un nouveau combat , le bois de l'Habrah. Il avait habilement disposé sur ' ce point une forte embuscade , qu'il s'était empressé de rejoindre après la déroute de Sidi-Garouf . Trois pièces de canon étaient pointées à l'entrée d'un profond ravin, un peu en avant du vaste cimetière de Sidi-Embarek, boisé et caché du côté de la plaine par un rideau qu'il fallait aborder pour découvrir le revers opposé. À une lieue environ du bois de l'Habrah, nos colonnes avaient cessé d'être attaquées , en tête et sur notre droite.

Le maréchal Glauzel marche en avant de la colonne, précédé de quelques tirailleurs que suit un peloton de chasseurs d'escorte de quarante à cinquante chevaux. Tout à couples Français décou-

yrent le revers du rideau > et se trouvent à deux cents pas. d'une masse énorme de cavaliers, au milieu desquels vont donner dii ou douze éclairera*. Le capitaine Bernard s'écrie : En avant ! charge l'ennemi , le fait reculer eu désordre à plus de cinq cents mètres. Heureusement que tes Arabes, malgré leur nombre, restent pour la plupart immobiles , et comme frappés de vertige à l'aspect d'une telle intrépidité : une partie seulement songe à tirer sur notre avant-garde* que le maréchal Clauzeifaitprompterftent dégager par mie compagnie d'infanterie; et, grâce à quelques obus qui éclatent au milieu des Arabes , ces derniers sont repoussés de nouveau et totalement dispersés.

Un coup de canon part en ce moment d'un mamelon de l'Atlas. Le maréchal Ctauziel fait aussitôt avancer la brigade Perregaux à sa ganebe, pen*» dant que le général Oudinot continue son mou»»» ment commencé sur la droite : alors , l'avant garde composée des zouave» et des voltigeurs du- 2 e léger est arrêtée par le ravin, de Fautre càté duquel est embusquée rin^terierégulière d'Abdel-Kader. L'artillerie de l'émir commence un fatk très-lent mabassotbien dirigé^ taniiaqM toute

la lisière du bois de l'Habrah , qui croise le cimetière de Sidi-Embarek, se couvre d'un feu tellement vif, qu'il eût été difficile de te supporter longtemps.

- Les zouaves et les voltigeurs franchissent le ravin , abordent si vivement l'infanterie arabe qu'elle se débande bientôt et s'enfuit en désordre : le général Oudinot conduit lui-même ses troupes et reçoit une balle à la cuisse ; il ne veut pas quitter son poste , mais on le décide à faire visiter sa blessure.

Pendant ce temps , le général Perregaux fait attaquer le bois de l'Habrah par les voltigeurs du 17 e léger. Plusieurs officiers s'élancent à la tête des troupes, nos jeunes soldats se rendent en un instant maîtres de la position sur laquelle s'appuyait la ligne des Arabes : l'artillerie dont le maréchal lui-même dirigeait le feu , achève d'ébranler l'ennemi , qui dès-lors , poussé de toutes parts , abandonne le champ de bataille sur lequel , malgré tous ses efforts , il est contraint de laisser ses morts et même une partie de ses blessés.

L'armée atteignit à sept heures du soir ta rive gauche de Ï'Habrah, sur lequel on jeta un pont dans

la nuit. Le maréchal ordonna au colonel du génie , de faire traverser à l'infanterie le gué qui n'offrait aucun obstacle à la cavalerie et aux bagages.

Le 5 décembre , à la pointe du jour, malgré le feu de quelques centaines de cavaliers arabes , que deux pièces de campagne contenaient à distance de l'arrière-garde, toutes les colonnes s'étant formées , le maréchal Glauzel se dirigea du côté de Mostaganem. Les Arabes ne pouvaient se rendre compte de cette détermination.

Il était une heure après midi , lorsque l'armée parvint à la hauteur de la route de Mascara. Le maréchal Glauzel résolut de franchir la première chaîne de l'Atlas, tandis que son arrière-garde commandée par le colonel Combes , soutenait un combat assez vif avec les Arabes qui nous suivaient depuis l'Habrah. Les généraux Marbot et Perregaux changèrent de direction par le flanc droit , pour faire face à la montagne : ils disposèrent en même temps les zouaves et les compagnies de voltigeurs chargés d'aborder l'ennemi en tirailleurs. Cette manœuvre parut déconcerter le* Arabes , dont nous nous trouvions très-rapprochés.

Le maréchal Clauzel ordonna l'attaque, et l'artillerie fit aussitôt pleuvoir sur les deux rives et dan» la gorge même, une grêle de boulets et d'obus qui jetèrent le désordre dans les rangs ennemis. Les tirailleurs au pas de course , s'élancèrent sur les Arabes; les zouaves qui les poursuivaient avec leur ardeur habituelle , apostrophaient les Arabes suivant la coutume des gens de cette nation , et leur demandaient s'ils croyaient encore que nous eussions renoncé à prendre Mascara. En moins d'une demi-heure nous étions maîtres de la route et des positions qui la dominent. Dans la plaine comme sur la montagne, l'ennemi évidemment découragé et reconnaissant notre supériorité, cessa de combattre , nous laissant librement franchir la pente escarpée du haut de laquelle on descend dans une petite vallée où sont bâtis les marabouts de Sidi-Ibrahim. Le maréchal y plaça son quartier-général.

L'armée avait encore à parcourir environ six lieues de terrain accidenté. Le lendemain , le ma» réchal Clauzel ordonna au colonel Gombes qui protégeait le convoi de prendre la route qui serpente dans la montagne, en suivant les gorges et les

— 15* — revers les moki* naftfea* Le. général cUAtfkogeg faisait rarrièrogarde, le général Perregaax flaa^ quait la colonne sur la gauche en suivant le*c#>ète§ qui dominent la route de ce côté,, et le maréchal Clauiel se porta de sa personne avec le giclerai Marbot , t*«W**fatt à droite et toujours eau avant des bagage»; en sorte que Penneari ne peur* vait pas prendre positionau-desaus de la colonne qui parcourait la route tracée, saas que celle-ci le vil à do* et fàt eu mesure de le prendre à revers.

Ces mesures assuraient le passage de toute la montagne , sang aurai engagement sérieux. On avait hâte d'atteindre Ain-Kebir a r où est une fontaine que Ton disait assez abondante pour fournir aux besoin» de l'armée. Le général Perregaux y arriva le premier.

Pendant toute cette journée, les Arabes, désespérant de combattre désormais avec avantage, avaient en grand nombre abandonné les drapeaux d'Atbd~el-Kader. Ils essayèrent cependant de noua disputer le passage. Les zouaves du commandant. Lamoricière, et les voltigeurs du 2 e régiment d'infanterie légère, débusquèrent au pas de course,

€e fbtie dernier combat que nous eétaeft à B- Vferoex Arabes, qui, datantes port^ abandonné* reat l'émir. On assure même q»un des chefs de son année lui arrachant le parasol (sy mbefc deto siutavtineté) , lui dît avee msefeiiee : Quand &r serwwêdewtm sultm ,mug te le mm tirons.

Chu» était plusqix'à ci wç heure* Je marehe de la ville d'Abd-eHfcader;;et, bien que ta journée fût avancée, le maréchal Ctouzel ftlavaneer f romptestent 1» brigade Perregaui et 99 mit en mater pour Mascara. Un escadron do 2? de chasseurs' et le» spahis réguliers s'emparèrent des portes.

A cinq heure* du soir, l'armée entra dans Mascara.

Due partie de l'armée d'Ab&el-Eadsr avait commis la veiHe toutes sertes de désordres; s» foroifle n'avait pas même été épargnée. La ville où iLœ restait pies que sept à huit mille Juifs consternés et tremblants , offrait un spectacle dédbirwfc, et te féu consumait u* asses grand nombre die maisons.

Sans ke* premiers mois- de l'année 4844 , monseigneur 1'évêqueé' Alger, d'accord avec h gouveneur-général , conçut te pieux projet d'échanger

les prisonniers français contre des prisonniers arabes. Abd-el-Kader, ayant accepté cette proposition, chargea son kalifat (lieutenant), Sidi-Mohammed -ben-Allah 9 ex-bey de Miliana , de fixer le lieu et le jour de l'échange. Ce dernier écrivit à monseigneur Dupuch, qu'il voulût bien se rendre le 18 mai à la ferme de Mouzaia , où de part et d'autre on réunirait les prisonniers.

Les prisonniers arabes étaient au nombre de cent trente, savoir : quarante-trois hommes, quarante-huit femmes et trente-neuf enfants.

Un incident imprévu faillit rompre l'échange au moment où tout le monde le croyait sur le point de s'accomplir. La colonne commandée par le général Baraguay d'Hilliers h'était emparée ce jour même de la ferme de Mouzaia : le kalifat se croyant trahi fit rétrograder tous les prisonniers français» Monseigneur l'évéque, à cette fâcheuse nouvelle, envoya auprès du kalifat M. l'abbé Suchet, accompagné de MM. Berbragger , de Franclieu et Toustain. Ce ne fut pas sans difficulté qu'on put renouer les négociations. Enfin , il fut arrêté que l'échange se ferait près de Bouffarick, Entre autres conditions, M. l'abbé Suchet et ses trois corapa-

gnons devaient rester comme otages jusqu'au lendemain 19. Cette fois, les choses se passèrent comme elles avaient été réglées.

Après cette heureuse issue , les Français s'écrient avec enthousiasme : Nous ne sommes plus prisonniers 1 Toute la population civile de Bouffarick , tous les militaires du camp, officiers et soldats franchissent pêle-mêle les fossés et se précipitent aux barrières, ou se jettent dans les bras les uns des autres en pleurant.

Le lendemain, jour de l'Ascension, monseigneur célébra la messe d'action de grâces. Ensuite on se mit en route pour Alger.

Quelques jours après , le 30 mai , jour de la Pentec6te,deuxHadjoutesramenèrentencoreneuf prisonniers , qui n'avaient pu être rendus avec les autres à cause de leur éloignement.

Plusieurs de nos compatriotes étaient encore captifs à Tlemcen , capitale des Etats d'Abd-el- Kader, mais on ignorait le nombre de ces infortunés. Le gouverneur-général en annonçant le 6 juin, la prise de Mascara, fit connaître les noms de cinquante-six Français qu'on avait trouvés inscrits sur les murs d'un fort de cette ville. En tête de cette

iftBt@ ulPeSSSe ttflflr IBS DfnMiVRMlVvffH^nFBBlB^y eHWr

i«tt croie, etanniessttscefffltotlrft JVb«* m savons où nous allons... à le? garée de 9Smf »

Aussitôt Monseigneur Févéqne réMuf tf enve^er Af> 1 8JW5C rHicuei auprer ci* ajdw— ei* fluvBep y pewr récteraer la liberté de ces prisenmem Ce* Tojage n'était pa* sans péril ; il' felHrit firarerser des populationsd 'autant plus hostiles, q«elfa guerre était poussée vigoureusement par te» Français. Pour comble d'embarras, comment abonder Ab#*eMEader qui ne faisait que paraître et disparaître? Le kalifat avait promis de tenèts toiïfr les prisonniers français à condition qu'on lui' remettrait quelques-uns des siens alors détenus dans 1* prison d'Alger. Monseigneur Tévèque qui avait sollicité auprès du gouverneur la délivrance de huit Arabes réetemés, attendait incessamment une réponse. Le même jour on reçut de France des présents pour l'émir et une réponse favorable : dès-lors le voyage de M. Suchet fut décidé. Ce serviteur du Christ partit donc avec jeie et aifah accomplir sa mission avec tout le sueoès désira We. Honneur au pieui évéque d'Alger ! ce prélat est digne de son ministère. Il lui appartenait; a»fmKe*

d'une guerre sanglante , de faire entendre la toîx de l'humanité. Il a mérité le surnom de Saint* Vincent-de-Paul qui fut lui-même autrefois surnommé le père 9 le bienfaiteur des malheureux*

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