‹ L'AlgérieChapitre 9 sur 11 · MO · texte numérisé non relu

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âtues des meurtriers de son m&ltiMrettr pâtre en Pautre monde;

Sans perdre de temps , il rétmit tous sas gemet 1 quelques-uns de ses proches , leur confia et soit injure et le plan qu'il avait conçu. Sur-le-champ Hs prirent leurs longs fusils et se mirent en route arec lui. Le démon de la vengeance les gniéaritet bâtait leur marche.

Par Tordre de Boursali , ses» serviteurs parcothrureut tous les sentiers voisins, et vinrent série soir annoncer qu'ils avaient trouvé les traces du troupeau volé. Le maître alla au lieu désigné, et reconnut parfaitement l'empreintedo pied de sou diarocau qu'il eût distingué entre raille. La piste était nettement marquée jusqu'à l'entrée du terril taire des Cbellatah; mais- arrivés là t lasHBént*- Jdjer ae surent plus . quette route saivrey ftr fa chemin » perdait'dans lesroebeftf, et il était, 'm* possible de deviner/si les ravisseurs- avaient contra ué de marcher' eu ligue droite;

lies* ge» q«e Boursali interrogea - ééehsèf eut deèmsefeiique, depuis plosèewrsjpure, il n?étltt venaooeun étranger dans la tribu. Et danstefa*v

KaïeUÀhmed avait pris soin de n'aborder le territoire des Chellatah que la nuit, et d'en repartir avant l'aube. Les mêmes gens ajoutèrent que, sans doute, le» voleurs avaient pris le ravin de gauche qui conduit à la rivière. Cette indication était fautive; mais, chose singulière, ce fut cette erreur même qui déjoua les calculs de Kaïd- Ahmed, et contribua à mettre Boursali sur la trace des ravisseurs ; car, si ce dernier eût suivi la véritable direction qu'avait prise son ennemi , il serait arrivé au milieu du territoire d'Àmalou , et là se serait infailliblement fovrvoyé à l'inspection des pas de son bétail que' Kaïd* Ahmeâ;, or se le rappelle,, avait fort marcher à reculons.

Pénétrant donc dans le ravin, il arriva chez les' Tagabath, au lieu même où le9 voleurs de troupeaux étaient' entrés dans.- la rivière. Parmi lès marques de sabots qui se dessinaient sur le marécage du bois , l'œil perçant de Boursali reconnut sans peine celles de son chamea* favori. Les méfoes trace» ne se retrouvent pas sur l'antre rive;. le chef 1 kabyle en conclu* avec raison que lesvoletrrsr avaient suivi ta cours/du. fleuve, et il marcha dans la même direction.

Sa troupe se partagea : la moitié côtoya la rive droite du fleuve, et l'autre prit à gauche. Des difficultés sans nombre l'arrêtaient presque à chaque pas : tantôt les bords de l'Oued se trouvaient tellement hérissés de rochers à pic , qu'il fallait ou marcher dans l'eau , ou s'éloigner de la rivière en décrivant de longs circuits pour aller gagner souvent , à une ou deux lieues de distance» une plage moins accidentée; tantôt ils distinguaient dans le sable de la grève, sur lequel ils avaient sans cesse l'œil fixé , quelque faible indice du passage de ceux qu'ils poursuivaient. Mais bientôt apparaissaient de nouveau les rochers dont le dur silex n'offrait aucun vestige des fuyards. On s'arrêtait dans toutes les dacherahs, on accablait de questions chaque voyageur; et Kaïd- Àhmed avait si bien pris ses mesures que nul , dans le pays , ne savait seulement ce dont BoursaH voulait parler.

Il vint un moment ou celui-ci , épuisé de fatigue et ne sachant où poursuivre son ennemi insaisissable , fut sur le point de se laisser aller au découragement. Ses compagnons étaient encore plus accablés.

« Tu vois notre embarras, lui dirent-ils; mieux que nous tu peux savoir qui t'a volé. Dis-nous le fond de ta pensée , et tâche de nous fournir quelque renseignement propre à nous remettre sur la voie.

— Qui voulez-vous que je soupçonne , répondit Kaïd-Boursali , si ce n'est l'ennemi mortel de notre famille , Kaïd-Àhmed-ben-Mobammed , chef des Ouled-abd-el-Djebbar ?

— Ce n'est cependant pas la route de sa tribu que nous suivons, Repartirent les parents de Raid; mais n'importe. Ce chef rusé peut avoir mis notre sagacité en erreur par quelque tour de sa façon. Il faut vérifier le fait. Restons ici , et, pendant ce temps , deux de tes serviteurs , choisis parmi les plus intelligents et les plus dévoués , iront, déguisés en marchands de l'intérieur , s'informer de ce qui s'est passé dans l'arche même de Kaïd- Ahmed. »

Ce conseil fut suivi , et deux des serviteurs de Boursali furent aussitôt envoyés en reconnaissance, tandis que les autres se reposaient sur les bords de l'Oued-el-Kebir. Quand revinrent les deux émissaires, du plus loin qu'on les vit paraître,

m ttNrot à km seMoatve,, et *va nt qu'ils»

jeu8se#*t ouvert la bouche, .on put voir, àregpro*- «ion triomphante de leurs visages, qu'ik rappor*twbent une àonae nouvelle, Eu. effet 9l ils,iwftQn~ cèrent qu'ils avaient vu le chameau et tousse* bestiaux volés iras la dacberah de KewUAluned; ils «joutèrent qu'on préparait un grand festin pour célébrer le bridant coup de main du chef , et que la fête devait avoir lieu le -soir du sàdèœe jour jfl^oès Jour départ de la dacberah.

« $i*os -y aérons ! fr écria .Boursali radieux . ,Eii fttrtaaU rheum«»éme , nous y arriverons à teatps pour figurer au festin d'u&e façon digne de son*,»

Us levèreit lecamp aussitôt, et atteignirent en effet le but de leur voyage dans la matinée du jwr peur lequel la fête avait été annoncée.

JLadaefaerah de Kaïd-Àhmed occupait le^o»- Jûfcetd'uae petite collineàpeutedouce^plantéd'une multitude d'arbres, au milieu desquels poussaient îles Jtasbes haUtes>et touffues. U ne lut donc* pas diffieiie à «Stoursali jet 4se& compagnons deae iatur cachas jusqu'à l'heure propiee pour l'exécution iiu $>lan qu'avait conçu te chef kabyle. Lta finie avait i&ssé depuis plusieurs jours et fait ftae à

aae imp/mbàm frsètwte qui a#ait desséché, tes kfirbeseA griWé les ifeuiUes des arbres. Cette <*ue«£t s^rineBowsaliqiiL, Atato«euterae&t, iûi« 4MÛsit *es tfompsgnousde «son psetjât. Après fe teuravoir oo©aM*fii^»é à voixl>âft6e, iUjouta :

« Qnaad la zaroa etile tambourin jtanaerARt $œ aeir le signal de la Jête, ce sera le momegt d'Agir. »

En atteedant l'heure indkjftée, les fcabylesj&e .^sèrentsiteucieBfiemetttdflu&lôs pr^ftndeumdn massif, de Jaçonà envir>wœerJa d^terabderteutes parts ; pais tirant kprsyatagaro, ils fcr*>èitt*t téwaat « eux àm amas de braneheg .flèches , 4e tàartlens à«èâ4lte4ige et d'arbrisseaux à demi-terxéfiés.par Je soleil.

La nuit était déjà épaisse, quaad4es premiers aoiië du taralx>miu. et dftlâautWieié^ fireo tente»dre. Aussitôt la flamme brilla dans, tau tes slesdi- ^MetMiis sur le*eraa»tde laco)li«e. Encpen de tmiautes, ladackeroh fut entattfée d!uu serpért «(dei<raqiii«lbîtf£éttéctsaftât«ftD otfae et gagnait île sewawtdu «^t avec Awerdïpajwttte vitane.

Déjà toute voie de salut était fermée à AhmâAet à ses compagnons qui , plongés dans les délices

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du festin ,ne soupçonnaient pas encore l'existence de l'incendie , lorsque enfin avertis du péril par les cris de quelques esclaves , ils quittèrent la table en désordre, et virent -, du haut de la colline , des burnous blancs se détacher à la lueur rouge des flammes sur les teintes sombres de la nuit. Ahmed, d'uu rapide coup d'œil 9 jugeant l'étendue du péril et se voyant perdu sans ressource, résolut de ne pas descendre au tombeau sans vengeance. Au sinistre jour projeté par le fléau dévastateur, il avait reconnu son ennemi mortel qui, aidé de ses serviteurs et mu d'une haine infernale, attisait lui-même la flamme , en adressant de loin au malheureux kaïd des signes dt la plus insultante et de la plus cruelle ironie. D'un bondée dernier s'élança vers l'incendiaire qui , le voyant tout près de lui et l'apostrophant avec un rire de démon , lui dit :

« Ah ! voleur de chameau , assassin , maraudeur, Kaïd-Boursali te salue 1 II a craint potor toi l'air des nuits glaciales de la montagne , et il est venu, comme tu vois, t'allumer lui-même du féu. »

Pais , faisant allusion à un «sage arabe, il ajouta en ricanant :

— « Le scorpion est venimeux , m*& il va pé-« rir dans les flammes (1). »

— « Soit ! mais auparavant le soerpion te fera sentir sa piqûre ! s'écria Ahmed farietsu »

* En disant ces mots, il ajusta Boorsali de son long fusil , fit feu et retendit rasde mort.

Au même moment surgit use violente rafale ; la flamme mugit, s'élança vers te s ommet 4e la colline , rapide comme un cheval de course , tour* billonna et réduisît toute la dacherahe* cendres. Il ne resta pas on vestige des gourbis qui la corn* posaient, non plus que de ses habitants.

Les parents et les serviteurs de Kaïd-BoursaK recueillirent son cadavre et le rapportèrent en grand deuil à son haoneh , où il fut pleuré de ses femmes et de tons ses amis , comme un guerrier

(4) Quand un Arabe saisit un scorpion , il s'amuse quelquefois à l'entourer d'un cercle de charbons ardents , qu'il rétrécit jusqu'à ce que l'insecte soit «ridé vif. La ehfwrfyae populaire ajoute que le scofpttfi , après awir pareoMu le oerefe an tous sens et cherché vainement une issue, prend le parti de se frapper lui-même de son dard , et meurt de son propre venin.

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courageux et entreprenant. « Boursali n'ayant point laissé de fils , ajoute le chroniqueur arabe f > et Raid-Ahmed ayant péri dans les flammes avec ses femmes , ses enfants et tous ses parents où alliés, la querelle se trouva ainsi vidée, et l'affaire n'eut pas d'autres suites. »

C'est avec une douleur profonde que j'ai visité les trois cimetières destinés aux chrétiens dans la ville d'Alger. Des troupeaux de chèvres y paissent chaque jour ; des animaux plus immondes y cherchent même leur nourriture. Cependant, je dois dire à la louange de l'administration, et surtout grâce aux pressantes démarches de monseigneur l'Évêque, que le cimetière, si heureusement situé au pied de la colline du fioudjariah, loin du bruit de la ville et à quelques pas de la mer , va recevoir les agrandissements , les clôtures , les bénédictions religieuses , et tout ce qui doit concourir à en faire un lieu sacré pour tous, un cimetière vraiment chrétien.

Cependant partout et toujours, chez les peuples civilisés ou barbares , on retrouve vive et puissante la religion des tombeaux , un pieux respect pour la cendre des morts.

Avant de quitter l'Algérie , avant de revoiries doux rivages de ma patrie , je veux esquisser rapidement la vie de l'homme qui lutte si héroïquement pour l'indépendance de son pays. On le reconnaît sans que je le nomme.

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