MILIA N AH, TENIET-EL-I1AD ET HL1DA1I
et avec l’agrément d’avoir une cinquième personne avec nous, la femme du garde-forêt; mais cette fois il faisait jour, nous avions goûté une nuit de repos, de sorte que
Un caravansérail
nous étions mieux disposées à lutter contre la fatigue et les ennuis de ce second voyage. Nous déjeunâmes dans un caravansérail fortifié par une haute muraille percée de meurtrières, et dont l’emplacement était charmant ; le thuya, le chêne vert et le pin ombrageaient les coteaux
environnants, tandis qu’une profusion de cistes, de lentisques, de buissons de genièvre, de seilles et de férules aux panaches jaunes, formait un fourré varié, autour des rameaux duquel la clématite algérienne, avec ses clochettes gracieuses, s’enroulait en capricieuses guirlandes. 11 était cinq heures quand nous entrâmes à Milianah : le soleil couchant inondait la plaine de ses feux, et jetait une lueur rose pâle sur les sommets neigeux des montagnes de l’Atlas, tandis que le Waransenis (le géant de la chaîne) se dessinait fièrement sur le ciel empourpré.
C’était un jour de marché : les Arabes se pressaient dans la plaine, criant à tue-tête et gesticulant comme s’ils
Kabyles marchands de poterie.
allaient se prendre à la gorge, ce cpii est leur mode ordinaire de traiter les affaires. Cette fois-ci nous traversâmes le Chéliff sans accident, toujours dans notre charrette et bien que nos chevaux eussent de l’eau par-dessus le poitrail. Cette rivière est la plus considérable de toutes celles de l’Algérie; et, de même que tous les autres cours d’eau, ses rives sont bordées de magnifiques lauriers-roses.