‹ L'Algérie contemporaine illustréeChapitre 6 sur 45 · MILIANAH, TENIET-EL-HAD ET BLIDAH · texte numérisé non relu

MILIANAH, TENIET-EL-HAD ET BLIDAH

'aube n’avait pas encore paru lorsque nous quittâmes Oran pour prendre le train de six heures au nouveau chemin de fer qui reliera plus tard cette ville à Alger, mais qui actuellement s’arrête à Lavrande. Le paysage n’offre aux regards qu’une

vaste plaine stérile et des palmiers nains jusqu’à Orléansville, où il devient boisé et riant. Cette ville moderne est bâtie sur les ruines d’une antique cité romaine, qui présente un grand intérêt à l’archéologue ecclésiastique. En 1845, on découvrit une belle basilique, dédiéeà saint Réparatus, avec la date de sa mort, l’an 450 de l'ère mauritanienne. Le pavé, en mosaïque (rouge, blanc et noir), fut trouvé intact. Parmi les inscriptions, il y en a une qui constate que la pose de la première pierre de cette église eut lieu le 20 novembre 525, avec ces paroles : MENTE HABEAS SE R WM DE11..., qui se rapportent évidemment au fondateur, dont le nom a été effacé par le temps; et sur une pierre d’autel en marbre on lit : BEATIS APOSTO- LIS PETRO ET PAVLO, tandis que les mots SANCTA ECCLE- SIA et SATVRN1NVS SACERDOS sont répétés en plusieurs endroits, comme s’ils se rapportaient à l’évêque sous l’épiscopat duquel la basilique fut consacrée. Il est extrêmement rare de trouver un aussi grand nombre d’inscriptions chrétiennes dans ce pays : la plus grande partie de celles d’Orléansville ont été transportées au musée d’Alger.

Nous eûmes pour compagnon de voyage le préfet d’Oran, qui venait d’être nommé gouverneur général de l’Algérie, un rouge de la plus belle nuance, qui, croyant que je devais nécessairement être protestante, puisque j’étais Anglaise, ne se gêna nullement pour me faire l’exposé doses opinions sur la religion etl’éducalion. Inutile d’ajouter que je n’avais pas la moindre sympathie pour ses théories. Ce personnage

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