MILIANAH, TENIET-EL-HAD ET BLIDA1I
avait été adjoint au maire deConstantine, et son avancement rapide avait donné lieu à force commentaires malveillants.
Bien que ses principes fussent diamétralement opposés aux
miens, je dois dire en conscience qu’il fut extrêmement poli, et nous fournit plus tard l’occasion de visiter une portion intéressante de ia province de Constantine, d’une manière très agréable.
ba voie ferrée traversait maintenant la belle et fertile
plaine du Chéliff, rivière au courant rapide, que nous côtoyâmes jusqu’à Milianah. A Lavrande (ainsi nommée en mémoire d’un général de ce nom tué à Sébastopol), nous descendîmes du train pour faire en omnibus les douze kilomètres qui nous séparaient encore de notre destination.
Après avoir traversé Affreville, où se tient un grand marché arabe, la route tourne brusquement pour monter dans une gorge magnifique, mais si escarpée, qu’il nous semblait gravir à pic les murailles d’une maison. Un
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torrent impétueux coule au fond île cel entonnoir. De loin en loin, des moulins et des ponts pittoresques jetés sur le ruisseau égayaient un peu cette scène sauvage. Le chemin en zigzag, qui se déroulait devant nous sur des pentes presque inaccessibles, nous rappelait, sur une plus grande échelle, le paysage des environs de Chaude-Fontaine1 et de Liège...
A mi-chemin nous finies une halte dans un caravansérail, afin de donner aux chevaux le temps de se reposer un peu. Il y avait là une foule d’Arabes accroupis
Une halte.
dans un gourbi, buvant ensemble du café et battant la mesure aux sons monotones d’un tam-tam, spectacle qui nous devint très familier à Tunis, mais qui nous parut alors d’une nouveauté étrange. 11 était bien dix heures du soir lorsque nous arrivâmes à l’excellent petit hôtel d'Islj , à Milianah : car, vu la terrible montée dont j’ai parlé, nous avions mis quatre heures à faire un trajet de
1. Cliaude-Foiitaine, près de Besançon, département du Doubs.
(Note du traducteur.)