‹ L'Algérie dans l'AntiquitéChapitre 3 sur 13 · SI · texte numérisé non relu

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des noms puniques : entre autres, Cirta, (( la ville )), aujourd'hui Constantine ; Macomadrfi, a la ville neuve », près d'Aïn-Beïda.

Pour l'agriculture, les Africains furent les élèves des Phéniciens ; à leur exemple, ils se mirent à fabriquer du vin et de Thuile. Ils apprirent aussi d'eux à exploiter des mines : avant la conquête romaine, on tirait déjà du cuivre de l'Algérie (peut-être de la région de Ténès). Ils leur empruntèrent une partie de leurs usages. Ils taillèrent comme eux des tombeaux dans le roc. Comme eux, ils surmontèrent leurs sépultures de cippes en forme de caissons arrondis ou de stèles pointues; comme eux, ils construisirent des mausolées à faîte pyramidal.

Sous l'influence de Garthage, ils modifièrent leur religion. Le dieu Ammon avait été adopté par les Phéniciens, qui en avaient l'ait un dieu sémitique, unBaal, Baal Hammon. Ils l'avaient adoré selon leurs rites; pour le représenter, ils avaient substitué des symboles à l'image du bélier ou du bouc. Ces formes nouvelles d'un vieux culte s'im-

posèrent aux Africains eux-mêmes. A Cirta, à Guelma, à Mila, ils dressèrent des stèles puniques en riionneur de Baal Hammon. Ils adorèrent aussi l'Aslarté phénicienne, la déesse Céleste, Sous l'Empire romain, un dieu dont le nom même était resté carthaginois, Baliddir, « le Maître puissant)), recevait des hommages à Sigus (au sud de Constantine) et dans le voisinage deGuelma. D'autres divinités sémitiques se cachaient mal derrière des noms latins.

Influences grecques. — La civilisation hellénique s'était introduite dans la ville de Garthage dès le septième siècle ; pendant les siècles suivants, elle l'avait envahie à un tel point qu'à la veille de sa disparition la Tyr de l'Occident était à moitié grecque.

Ce fut d'abord par cette porte qu'elle entra dans les pays indigènes ; plus tard, elle y pénétra directement. Aussi constate-t~on, dans certains monuments de l'Algérie, antérieurs aux Romains, un mélange d'éléments grecs et carthaginois. Deux grands tombeaux élevés par des rois ou des prin-

ces numides, le Médracen, près de Batna, et le mausolée du Khroub, près de Constantine, offrent cette architecture mixte : des chapiteaux doriques s'y allient à des corniches égypto-phéniciennes. Le culte de Déméter et de Perséphoné, apporté de Sicile à Carthage en Tannée 395 avant notre ère, se répandit à travers l'Afrique du Nord. Il en fut de même des cultes de Dionysos et d'Hadès. A l'époque romaine, on adorait ces divinités sous les noms de Cererca, de Liber Pater et de Pluto.

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