CHAPITRE IV
UNE LEÇON D’HISTOIRE
Îi9a réponse du capitaine Josselin ne se fit pas attendre. — Cette fois, se dit en la recevant notre jeune ami, mon père adoptif ne me traite plus en enfant, et si je savais l’arabe, j’étonnerais bien les savants indigènes de ce pays, en leur racontant les annales de leurs ancêtres et les révolutions de leur race; car je crois que les Marabouts et les Talebs les plus fameux, bornés à faire entre eux assaut de mémoire pour réciter le Koran, ne Seraient pas de force
à lutter contre mon érudition.
Par le conseil du capitaine, il se procura une carte de l’Algérie, afin de suivre, de point en point, la trace des lieux et des faits sur lesquels son intelligence allait s’exercer; puis il résolut de consacrer à l’étude ses loisirsdujour et les veillées du soir. Pour mieux fixer dans ses souvenirs l’enseignement contenu dans le volumineux envoi de M. Josselin, il adopta une méthode aussi simple que fructueuse; aprèsavoirlu attentivement et à plusieurs reprises quelques pages du précieux manuscrit, il laissait reposer son esprit jusqu’au lendemain ; et avant de continuer sa lecture, il s’appliquait à reproduire, par une analyse écrite, les faits qui l’avaient le plus frappé. Si nos aimables lecteurs veulent imiter Jean-Ferdinand, ils recueilleront comme lui les doux fruits d’un savoir acquis sans fatigue, et qu’ils compléteront plus tard, au moyen des bons livres et des entretiens de famille.