CHAPITRE II
OCCUPATION
Moyens de résistance d'un peuple. — Afrique. — Occupation romaine. — États barbaresques. — Syrie. — Les Russes dans le Caucase. — Comparaison de l’occupation russe avec l'occupation française. — Gouvernement militaire et gouvernement civil. — Égypte. — État actuel de notre occupation. — Ligne militaire sur le désert. — Biskara. — Monts Aurèl. — Tuggurt. — El- Aghouat. — Tombouctou. — Le Djerdjera. — Bougie. — Les Arabes que nous avons combattus sont-ils soumis? — Ils sont comprimés. — Leur extermination. — Opinion du maréchal Bugeaud. — D’un soldat de Tlemecen. — Les Arabes que nous payons sont-ils soumis? — Les Arabes que nous payons sont à craindre.
On a vu comment nous avons été entraînés à l’occupation générale de P Algérie.
Certes, si on avait réfléchi aux difficultés naissant de la constitution du sol et de la différence des religions, si on avait étudié l’histoire du pays, on n'aurait pas tenté une semblable enlreprise.
Dans tous les temps et dans tous les pays, le moyen le plus puissant que la nature ait mis aux mains des populations pour se défendre contre des populations étrangères a été la constitution montagneuse de leur territoire. La résistance est toujours en raison des moyens de défense ; quel moyen de défense plus puissant un peuple peut-il trouver qu’un sol dont les accidents et 1 âpreté
OCCUPATION
offrent incessamment à un petit nombre l’avantage de pouvoir lutter contre des masses?
C’est dans la constitution montagneuse du sol que les habitants des provinces basques, du pays de Galles, de la Suisse, du Monténégro, du Liban, du pays des Kurdes et du Caucase, ont trouvé les moyens de résister avec succès à l’étranger.
La plupart ont conservé leur indépendance jusqu’à nos jours. Ceux qui ont succombé ont conservé leur liberté longtemps après que les habitants des plaines voisines avaient subi le joug des conquérants.
La région de l’Atlas, surtout le territoire oc- t'AUriq»*. , cupé par les Kabyles , offrent aux habitants ces moyens de défense naturelle.
Aussi dans cette région de l’Afrique le même fait se reproduit constamment. Un conquérant paraît, il s’établit sur le littoral, pénètre plus ou moins dans l’intérieur des terres, et par là inquiète plus ou moins la population indigène. Mais le jour où un nouveau conquérant se présente, la population indigène fait cause commune avec lui pour repousser l’ancien. Ainsi elle s’unit aux Romains contre les Carthaginois, aux Vandales contre les Romains, à Bélisaire contre les Vandales. Puis de nouvelles luttes contre les Romains, pendant lesquelles et à la suite desquelles la nationalité indigène reprend son indépendance.
Plus tard les Arabes apportent une religion qui