‹ L'Algérie en 1844Chapitre 14 sur 108 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

les Lesglii ; au centre, les Tcheichentses cl les Ossetes; au couchant jusqu'à la mer Noire , les Tcherkesses ou Circassiens '.

Le premier travail commencé par les Russes , en 1777, fut la ligne militaire du Don à Tillis, passant par W lady-Caucase et Dariel. Cette ligne est garnie de stanitzas ou postes fortifiés occupés par des cosaques chargés à la fois de faire le service de la poste et de veiller à la sûreté des environs. Entre ces stanitzas sont des postes-vedettes dont les gardiens se replient sur les stanitzas en cas d’attaque4.

Depuis lors les lignes du Kouhan et du Tereck furent occupées d’une manière anologue; un certain nombre de forts furent construits dans l'intérieur, et sur le hord de la mer Caspienne et de la mer Noire.

L’armée russe, comme l’armée française en Afrique , devant être continuellement renouvelée en hommes et ravitaillée avec les ressources d'Europe1 2 3 , il fallut établir sur la côte de la mer Noire des ports fortifiés pour protéger les débarquements; Anapa est le principal. Une route militaire relie Anapa à Echaterinodar et à la route militaire centrale.

1 Klaproth, Tableau du Caucase, p. 53. Voir aussi la carte du Caucase de Berlin. 1838.

2 Voyage de ÎII. Belanger, t. I.

3 Tableau du Caucaee, pur Kloprolh, p. 184.

OCCUPATION

Tous ces travaux, qui inquiétaient les populations, devaient naturellement les soulever. Les Russes ne purent les exécuter qu’en présence d’armées considérables; dans la montagne la lutte fut constante.

Dès 1825 on avait pu apprécier les difficultés de l’entreprise. M. le comte de Langeron , ancien gouverneur d’Odessa , disait qu’ayant été chargé par l’empereur de lui présenter un projet pour réduire ces peuplades à l’obéissance, il avait été obligé d’abandonner le seul dont le succès lui parût certain. Ce projet eut exigé le sacrifice d’environ 100,000 hommes, qui auraient succombé plutôt par suite des maladies que dans les combats; leur rôle se bornant à former autour des montagnes, habitées par ces tribus guerrières, un cordon de troupes qui, en les y renfermant, devait les amener à se soumettre ou à s’exterminer entre elles '.

En 1826 M. Klaproth constate les difficultés qu'éprouve la Russie. Suivant lui, la possession de cette contrée doit être fort onéreuse ; les Russes ne trouvent aucune ressource dans le pays, et la guerre continuelle qu’ils ont avec les Caucasiens retient les armées dont ils pourraient avoir besoin 1 2.

1 Voyage de M. Belanger , t. I, p. 113.

2 Tableau du Caucase, p. 184, 183.

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