‹ L'Algérie en 1844Chapitre 16 sur 108 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

Les généraux Yermoloff, Paskewitch, Rosen, s’élaient succédé comme gouverneurs sans plus de succès. En 1837 l'empereur Nicolas, voulant juger des choses par lui-même, était venu dans le Caucase; le général Rosen avait été remplacé par le général Golawine , qui ne réussit pas mieux.

Le système d’expéditions continua, toujours aussi funeste, jusqu’en 1842. Le ministre de la guerre Tchernicheff vint alors a 1 illis, et condamnant un système qui ruinait les finances et les armées de la Russie , il adopta le système défensif. Les troupes devaient se retirer dans les forts et les camps. Au général Golawine succéda le général Neidhardt, gouverneur général actuel.

Le système défensif ne fut pas plus heureux que le système d’expédition. Les Russes sont attaqués dans leurs retranchements. En 1843, Charnyl s’empare de quatre forts du Koïsoubou; les garnisons sont massacrées. 11 entre dans l’Avarie, prend deux forts et bloque Kounzak, la capitale. Tout le Daghestan se soulève. Le général Gourko est bloqué dans son quartier général. Le gouverneur quitte Titlis pour diriger les opérations. De nouveaux secours avaient été demandés à Saint- Pétersbourg ; 27,000 hommes arrivent à la fin de

Aujourd'hui le gouvernement russe revient au système d’expéditions. Des préparatifs considéra-

OCCUPATION

blés ont été faits en Russie pour, dit-on, en finir avec les Caucasiens. Aujourd’hui le sang coule de nouveau dans le Caucase.

Il est difficile de connaître le chiffre de l’armée

russe dans les provinces caucasiennes. L’honorable M. Denis, député, qui a fait sur ces provinces un travail très-important 1 2 , le porte à 160,000 hommes. Dans ce chiffre sont alors comprises les colonies militaires et les milices indigènes. L’armée russe proprement dite doit être d’environ 110,000 hommes, sur lesquels 15 à 20,000 périssent chaque année.

M. le duc de Raguse écrivait en 1 834 qu’il ne comprenait pas que l’on ne fût pas encore parvenu à réduire ces peuples, et pensait qu’il y aurait un système à adopter pour arriver à les soumettre en quelques mois ou au plus en une année a. Il y a dix ans que M. le duc de Raguse s’exprimait ainsi. Les Russes ont essayé de plusieurs systèmes. Leurs meilleurs généraux ont dirigé les opérations; ce ne sont ni les systèmes ni les hommes capables qui ont manqué. La nature ne pouvait changer suivant les caprices des hommes.

Dans le Caucase et en Afrique les mêmes éléments sont en présence. Une force organisée, eu-

Comparaison

de

l’occupation russe avec l’occupation française.

* il

1 Revue de l’Orient, juillet 1843.

2 Mémoires du duc de Raguse, t. I, p, 341.

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