CHAPITRE II
ropéenne , cl 1 ré tien ne , voulant comprimer une nationalité musulmane, défendue par son fanatisme, ses mœurs, et la constitution de son territoire.
"Les Russes ont mis la main à l’œuvre en 1 777, ils ne sont pas plus avancés qu’au premier jour; s'ils ont pour eux quelques forts, ils ont contre eux la haine du pays. Ils ont souvent proclamé la soumission des tribus, et aujourd’hui même ils préparent en Europe les plus formidables moyens d’attaque qu’ils aient encore employés.
Nous avons mis la main à l'œuvre en 1830. Souvent nous avons proclamé la soumission des tribus. Dès 1836, le maréchal Clauzel disait à la commission du budget que l'influence personnelle qu’il avait acquise sur les indigènes était au moins égale à celle dont avait pu jouir Abd-el-Kader ; il était parvenu, disait-il, à leur inspirer une telle confiance qu’il pouvait aussi facilement les mener au combat que s’en servir pour les travaux de l’agriculture l.
A cette époque, M. le maréchal Clauzel se contentait d’une armée de 22,920 hommes, et aujourd’hui cette armée s’élève à 90,000 hommes, ainsi que nous le verrons avec détail au chapitre IX.
Si le nombre des soldats que nous entretenons
1 Procès-verbal de la séance du 8 mars 1836.
OCCUPATION
on Afrique est. inférieur à celui des soldats que les Russes entretiennent dans le Caucase, ils ont une bien autre valeur. Ils sont l’élite de notre armée, tandis que l’armée du Caucase est composée en partie de Cosaques.
Ainsi que les Russes dans le Caucase, nous avons eu en Afrique alternativement le système d’expédition et le système de calme.
Les Russes avaient conçu la pensée de cerner les Caucasiens dans leurs montagnes. Nous avons eu l’idée de nous renfermer dans des enceintes fortifiées.
Nous n’en avons pas fait une heureuse épreuve autour de la Mitidja.
Un vaste canal de ceinture avait d’abord été proposé. — L’eau manquant, on parut vouloir se contenter d’un fossé bordé d’un parapet; — puis on a réfléchi que les escarpements et le fossé seraient trop souvent dégradés, etqu il fallait mieux bâtir un mur continu de 3” 50 cent., flanqué de petites tours. — Les matériaux étaient chers et d’un transport difficile, le travail mortel dans ces marais pestilentiels; on proposa de remplacer le mur par une grille en fer de 25 lieues de long sur 3m 50 cent, de haut. Cette grille faite en France, et transportée en Afrique par longueurs d’un mètre, aurait été assemblée surplace; ces précautions auraient permis d’achever le travail avec rapidité, et les ouvriers devaient ainsi échap-